Archives de Tag: fairydesfolies

Un Happy End pour moi aussi (Mélanie Lacroix)

Mélanie Lacroix, non, le nom ne me dit rien. Désolée.

Mlle Farfalle ? Haaaaaaaaaaa mais oui, mais carrément ! C’est cette Twitosienne bien sympathique avec qui tu peux échanger sur tout les sujets, qui LT TopChef, TheVoice et qui vous un culte aux barbus au point de partager la photo des mâles en question !

Bref, Mesdames, s’il vous plait, un peu de tenue ! On demandera à Mélanie les coordonnées téléphoniques de ces Shoot de testostérones mais pour l’instant, on va se concentrer sur son roman : Un happy end pour moi aussi !

Alors, pour faire simple, sans dévoiler l’intrigue, sans spoilers, c’est un bout de la vie d’Alice. Alice c’est la trentenaire à laquelle je pouvais encore m’identifier il y a quelques années, ce moment dans la vie où y a tout qui merde EN MÊME TEMPS. Le taf délocalise (la parisienne doit s’exiler à Lille) le mec la plaque (et même si c’est pas le grand amour, ça pique l’égo) et son appart’ chéri est vendu (BIM, SDF en devenir). Les copains ont déserté, et vient s’ajouter un deuil sur la cathédrale des malheurs d’Alice.

Alors, elle va quitter Paris, elle va découvrir une autre vi(ll)e et de nouveaux liens vont se tisser.

J’adore :

  • le rythme de la lecture, deux petites soirées ont fait mon bonheur
  • la coloc’ qu’on voudrait avoir comme (M)amie
  • la lecture qui glisse toute seule comme une gorgée de thé rouge réconfortante

J’aime :

  • Le coup de pied dans la fourmilière des pères déserteurs
  • L’homosexualité abordée le plus naturellement
  • Le regard sur le passé, tendre et conciliant

J’ai aimé les personnages masculins, ce qui est plutôt rare me concernant (j’ai une tendance à les trouver fades et pâles tant j’aime les personnages féminins forts et brillants) et je ne veux pas trop en dire mais moi, j’aurais choisi « le bon » tout de suite.

Alice est criante de vérité, c’est moi, c’est ma copine Delphine, c’est Mélanie (Ho ça va on t’a reconnu avec ton Barbu hein) et en même temps c’est ce qui fait que ce roman est attachant et frais. Il me rappelle Cause Celeb’ (Helen Fielding) que j’avais beaucoup aimé (bordel ce livre a plus de 15 ans!) mais dépoussiéré, comme un lifting ! J’adore !

Mélanie, bravo, quel challenge, quel défi ! J’espère que tu nous réserves d’autres romans aussi bons et doux.

Le livre de Mélanie Lacroix Un Happy End Pour Moi Aussi est dispo PARTOUT, en ligne ou en librairie, même les espaces culturels en ont, alors aucune excuse, le prix est tout aussi doux que le roman ! Foncez !

La naissance de Jon Snow, Premier chapitre d’une vie. 30 jours dans la vie d’un #levain

Si tu n’as jamais fait de levain, alors je te conseille cette activité ludique, attachante et très chronophage (et farinophage aussi d’ailleurs).

Le confinement a donc permis de tester la technique du levain de Owi avec une grande assiduité vu que j’avais du temps (et une pénurie de levure, j’avoue)

Par quoi on commence ?

Par lire ces 4 billets

Prendre un joli cahier pour le suivi de son levain. Moi j’ai fait des fiches Bristol pendant 2 jours et finalement je suis passée au cahier parce que les fiches c’est pas du tout pratique pour la conservation de la « recette » et son utilisation. Moi j’aime bien parce que je sais où j’en suis, quel âge à mon levain, et ce par quoi il est passé.

Il te faut de la farine, il te faut de l’eau, une spatule d’un seul tenant (non démontable et en silicone c’est bien) et il te faut un contenant (si possible en double ou triple exemplaire). Il te faut une bonne vue pour suivre la technique de Owi et appliquer les consignes et les conseils qu’elle distille à sa communauté. J’ai mis son billet en favoris, je l’ai ouvert à chaque fois que je m’occupais de la préparation pendant les 10 premiers jours.

En bonus, la Reine Owi est sur les réseaux :

J’ai commencé avec un mélange de farine 50% T65 et 50% de farine semi complète aux céréales (passée au tamis pour virer les graines) J’ai utilisé cette répartition jusqu’à la naissance de JonSnow (le 8ème jour), ensuite j’ai complètement abandonné la semi complète, j’ai passé quelque jours à adapter entre T65 et T80, et actuellement je ne fais que de la T80.

Allez, je vous montre (vous verrez, si vous vous jetez à l’eau, c’est vraiment une fierté d’avoir réussi à créer son levain, à le nommer et à en prendre soin)

J1 – 100g farine + 150g d’eau

Bob, Fred, Jules, Ernest…
Nous sommes le 15 avril 2020 et je me lance dans l’aventure du levain !

J2 – 75g de J1 + 100g de farine + 125g d’eau

C’est aussi le jour de l’accident. Mon fils ayant renversé le pot avant même qu’il atteigne un quelconque niveau honorable. Il parait que des fois, la mixture bulle. Moi j’ai nettoyé le carrelage et sauvé ce que j’ai pu. Et je l’ai aussi changé de place. Il sera moins en danger sur le plan de travail.

J3 – 75g de J2 + 100g de farine + 125g d’eau

Albus, Igor, Elvis…

J4 6h – 75g de J3 + 100g de farine + 125g d’eau

Emett, Jasper, Edouard…
Ha et non, le pot de crème fraîche c’est mon pot de farine en fait.

J4 18h – 75g de J4 matin + 100g de farine + 125g d’eau

[ha tiens, j’ai pas pris la photo. Bon, de toutes façons, je vais pas vous dire, ça faisait 4 jours que je jouais à l’apprentie chimiste sans aucun résultat alors bon, je sautais pas vraiment de joie hein]

J5 6h – 75g de J4 au soir + 100g de farine + 125g d’eau

J5 18h – 75g de J5 matin + 100g de farine + 125g d’eau

Bob l’éponge ?

J6 6h30 – 75g de J5 au soir + 100g de farine + 125g d’eau

J6 18h30 – 75g de J6 matin + 100g de farine + 125g d’eau

Mathias, Roméo, Godefroy…

J7 6h30 – 100g de J6 au soir + 60g de farine + 40g d’eau

J8 6h30 – 62g de J7 + 62g de farine + 62g d’eau

(à partir de maintenant je teste le 1.1.1, c’est à dire le même poids de levain, farine et eau)

J’ai utilisé le surplus pour faire des pancakes (j’ai adapté cette recette selon le poids que j’avais de levain)

Ici je prends conseils auprès de Owi sur Tiwtter car j’ai du mal à voir la retombée de mon levain. Elle m’explique que l’acidité et les bulles (comme une mousse) vont m’aider à trouver le repère. Elle me conseille de passer à une farine blanche. Il ne me reste que de la T45. Allez, vendu !

J8 19h – 30g de J8 matin + 30g de farine + 30g d’eau

J9 7h30 – 88g de J8 + 88 g de farine + 88g d’eau

A 11h40, le levain est mur. Il stagne en hauteur depuis plus de 30min. La surface fait usine à gaz. Allez, je tente un prélèvement direct pour une brioche. Cette recette de Youmelise. J’ai juste tout pile assez en quantité et il me reste de quoi garder Jon Snow.

J9 11h40, 30g de J9 matin + 30g de farine + 30g d’eau

Petites vidéos des bulles du jour (c’est presque orgasmique à ce moment là)

https://www.dailymotion.com/video/x7tsrqm

J9 18h15 50g de J9 midi + 50g de farine + 50g d’eau

Bon, ok, il ne fait que manger. JonSnow est un morfalou. Il faut réduire le rythme. Demain, j’abandonne l’eau tiède pour l’eau froide et je passe, sous les conseils de Owi en 1.2.2.

Photo prise à 20h. Moins de 2h après le raffraichit.

J10 8h – 35g de J9 + 70g de farine + 70g d’eau

Le rythme est quand même largement mieux. Il aura mis 7h à monter, c’est quand même respirable et ça va me permettre de mieux calculer les moments où je vais m’en occuper. Du coup, j’en profite pour récupérer le levain mur à souhait pour tenter une nouvelle recette de pancakes (avec 12h de repos) et de la brioche qui demande plus de 20h de pousse (bordel !)

J10 – 15h30 – 30g de J10 matin + 60g farine + 60g eau

Des bubulles !!!!!!!!!!!!!

https://www.dailymotion.com/video/x7tsrqn

J’ai vu qu’il allait passer mature vers 22/23h, sauf que moi à 21h je suis couchée …

J11 – raffrachit en 1.2.2 à 2h/8h/17h

40g levain / 80g de farine / 80g d’eau

Ce jour là, je prélève de quoi faire un pain cocotte (et non, ça ne sera pas une réussite)

J12 à 8h

je prévois la quantité et l’horaire pour une brioche

100g/100g/100g

14h30 il est mur, je bascule en 1.2.2, pareil à 19h

70g/140g/140g

Que dit le pain cocotte ? HAHAHAHAHAHAHA

J13 6h30 j’anticipe ma brioche

105g/105g/105g

à 12h j’ai 225g de levain mur que j’utilise pour ma brioche

Je relance 90/90/90

à 19h, je m’aperçois que j’arrive en fin de T45, j’ai reçu ma T80, il faut habituer JonSnow.

100g levain, 100g T80, 100g d’eau

J14 – 4h du mat (vous avez vu mes magnifiques nuits hein…)

150g de levain, 150g de T45 et 150 d’eau

8h30 je fais des pancakes

150g de levain, 150g de T80 et 150g d’eau

à 14h30 j’ai 225g de levain mur pour une brioche

60g levain, 60g de T80 et 60g d’eau

21h30 on repart en 1.2.2

45g de levain, 90g de T45 et 90g d’eau

J15 8h30

100g de levain, 150g de T45 et 150g d’eau

A 19h je récupère 225g pour la brioche

80g de levain, 40g de T45 + 40g T80, 80g d’eau

J16 7h

Je décide un coup de poker car Jon ne bulle plus vraiment et semble pas super en forme

200g de levain, 200g de farine (mélange t45 et T80) et 200g d’eau

14h je prélève et je relance

200g de levain, 200g de T80 et 200g d’eau

J17 – 9h du mat’, un levain acide qui pique

50g de levain, 100g de farine T80 et 100g d’eau

19h Jon semble mal en point, je repars avec la T45

50g de levain, 100g de T45 et 100g d’eau tiède

J18 – 8h30/15h30/22h30

100g de levain, 100g de t45 et 100g d’eau tiède

J19, nous sommes le 3 mai

Entre nous j’ai l’impression de passer ma vie autour du levain et dans la cuisine. Guettez les bulles, utiliser le levain mûr, raffraichir, et rebelotte 4 à 6h après.

10/16h 100g de levain/100g de T45/100g d’eau froide

J20 7h30 levain acide qui pique

60g de levain, 60g de T80, 60g d’eau tiède

Va falloir t’y faire Jon, je n’ai plus de T45

12h, il bulle !!!!

60g de levain, 60g de T80 et 60g d’eau tiède

19h, il bulle !!!

60g de levain, 120g de t80, 120g d’eau froide

J21 5h et 9h en 1.1.1

100/100/100

13h30/19h en 1.2.2

100/200/200

Et des bubulles : https://www.dailymotion.com/video/x7tsrql

J22 3h30 (oui je sais) et 7h45 puis 12h15 et 19h en 1/1/1

Je décide de tester la recette de baguettes au levain

J23 5h30/10h30/14h30/19h

Il mange vraiment beaucoup.

Mais bon, il est coutumier de la T80 et il donne de bons résultats

J24 6h en 1.2.2

100g/200g/200g

Puis 12h/16h40/21h

Et oui, oui, oui le pain cocotte MESDAMES ET MESSIEURS sous vos yeux ébahis

J25 5h du mat en 1.1.1

100/100/100

puis 9h et 15h en 1.2.2 puis 21h en 1.1.1

Du coup, j’ai remis ça

J26

Il est 9h du mat’, je garde 100, le reste part dans les pancakes.

1.2.2 et à 14h, zou je lance un pain.

1.1.1 avec le 100g de surplus mais je rate le à point, je nourris à 19h en 1.1.1

J27

Il est 5h, Jon est raplapla.

50/50/50, et à 10h 130/130/130

14h30 l’heure de lancer une brioche avec 225g de levain

Il me reste 100. Je nourris en 1.1.1 et à 19h30 je fais des pancakes.

J28

Une routine s’installe. Les surplus hors pain, brioche, pâte à pizza font une pâte à pancakes qui reposent 12h avant d’utiliser.

Je teste même des croissants et baguettes viennoises (un echec par 3x)

7h-12h30-19h15 1.1.1

J29

7h-13h-20h 1.1.1

J30

6h-11h-15h30-21h

Je décide le soir de le même au frigo, ayant vraiment du mal à suivre le rythme levain, pâte, TA, frigo, TA, façonnage, cuisson au quotidien avec l’école à la maison + mon activité pro…

ÉPILOGUE

J31

Jon est au frigo, il ne bulle même plus.

J32

Jon n’est même pas monté, c’est le calme plat

J33

Je sors Jon du frigo. J’ai peur. Je raffraichis, je garde 80g. Je nourris en 1.1.1. A l’eau tiède (au cas où). Il ne se passe RIEN pendant 6h. Je raffraichis encore. Je garde 50. Je renourris à l’eau tiède 1.1.1. Je lui fous la paix, je crois qu’il fait la gueule.

J34

Punaise je regrette bien la mise au frigo, moi qui voulait du pain frais aujourd’hui… Donc 7h 1.1.1 eau tiède / puis sans raffraichir 11h30 1.1.1 eau tiède / et 17h ENFIN j’ai ma dose mur à souhait pour du pain. Mais il est trop tard (5h avant de mettre au frigo selon ma recette… je dormirai depuis longtemps) donc je fais une pate à pancake et je raffraichis.

J35

8h30 1.1.1 en partant de 100g de levain.

à 13h j’ai de quoi ENFIN faire des baguettes. Qui seront donc cuites demain…

à 21h 1.1.1 et je promets à Jon qu’il ne retournera pas au frigo !

J36

6h30 150/150/150

11h30 70/70/70 (surplus au pancake)

19h 60/60/60 (surplus au pancake)

J37

7h30 115/115/115

11h je prélève 225 pour mes baguettes, 50 vont au pancakes et 50 en 1.1.1

La vie va suivre son cours maintenant, en esperant de beaux résultats, encore et encore. J’ai maintenant rejoint un groupe facebook sur le levain et la boulangerie (merci Marie)

Je fais mon pain au levain

Et j’ai toujours mes onglets Owi à portée de clic

Ma vie est rythmée par les alarmes « pain à mettre au frais » « pain à sortir du frigo » « brioche à façonner » et par la recherche des bulles sur JonSnow.

Astuce perso, pour les baguettes, je sale avec ce sel qu’on m’a offert. Un vrai bonus gustatif je trouve !

Ciao Bella

Disponible partout, ce petit bijou français est un roman féminin, écrit par une femme pour les femmes. Y a pas de mystère : Serena Giuliano sait écrire !

Le roman nous parle, me parle, il interpelle sur la psychologie féminine, maternelle et conjugale. Il fait réfléchir à cette place qu’on donne à la peur, qu’on donne au regarde des autres, qu’on donne à l’autre, au passé, au futur, aux rêves aussi et au pardon.

Je me suis reconnue dans beaucoup de descriptions, je me suis vue dans des moments de colères. Je me suis sentie troublée dans certaines envies, dans certaines idées.

J’ai aimé ce livre d’une façon particulière, et pour la première fois, je n’ai pas réussi à m’en séparer. Je l’ai prêté (et non offert) à ma maman. Je pense que ce livre doit rester près de moi, il se relira facilement. Je l’ai lu en une journée.

Merci Serena.

Rien n’est peut-être plus égoïste que le pardon

“Rien n’est peut-être plus égoïste que le pardon.” C’est vrai ça, il avait plutôt raison André Chamson dans On ne voit pas les coeurs : c’est celui qui pardonne qui en tire le bénéfice, pas vraiment celui qui est à pardonner. Qui tire avantage du pardon si ce n’est celui qui le détient comme un symbole de la toute puissance divine ?

Pourtant qu’est ce que le pardon si ce n’est cet acte de bienveillance qui doit faire oublier la douleur commise par l’Autre pour lui permettre de ne plus en avoir à porter le fardeau ?

Qu’est ce que le pardon ?

Il s’agit avant tout d’un acte de miséricorde accordé à l’autre, l’auteur de la faute. Il faut distinguer le pardon accordé par réflexe de celui qui demande une véritable absolution.

Si je bouscule quelqu’un au marché, je m’excuse, et je suis aussitôt excusée. D’ailleurs je n’attends pas réellement une approbation de l’autre. Ce que j’ai fait n’est pas grave, du moins, c’est ce que (moi) j’estime à ce moment là.

Si je bouscule quelqu’un au marché, une vieille femme qui en tombe à la renverse et semble se faire très mal. Je m’excuse toujours, je vais même l’aider à la relever. Je vais attendre de savoir qu’elle va bien pour m’éloigner. Je vais attendre un accord sur sa santé qui fera office de pardon. Si elle va bien, alors je n’ai pas à porter le fardeau de sa douleur. C’est encore une fois ce que (moi) j’estime à ce moment là.

Si je bouscule quelqu’un au marché, une vieille femme qui en tombe sur la route et sur laquelle une voiture passe. Je n’aurai plus personne auprès de qui m’excuser. Est ce que la faute m’incombera ou est ce que pour paraître moins coupable je pourrais la faire porter à cette voiture qui roulait peut être trop vite et n’a pas freiné à temps ? Est ce que le fardeau d’avoir causé la mort d’une femme va peser pendant des années sans que je puisse passer outre ? Est-ce que le fait de ne pas pouvoir demander pardon à la personne fera que je ne serai jamais pardonnée ?

L’erreur est humaine, le pardon divin.

Techniquement, seul Dieu pardonne. Rappelez-vous Alexander Pope . C’est le propre de la religion que de donner l’absolution. Chaque acte est pardonnable, il n’existe rien que Dieu ne pardonne pas. Voyez les prêtres pédophiles. Je ne dois pas demander à l’humain de me pardonner, je dois demander à Dieu. Mais alors me direz vous, les athées sont impardonnables par nature ?

L’humain est malin. Comment pardonner sur terre et permettre au monde de continuer de tourner sans pour autant faire la queue devant les confessionnaux ? Dès les prémices du monde (code d’Ur-Nammu rédigé vers 2 100 avant JC) l’être humain a déployé un arsenal visant à juger, punir et par la suite pardonner : la Justice.

Revenons au marché, la police arrive, je suis arrêtée. Le chauffeur de la voiture aussi. Nous serons auditionnés et jugés. La voiture a tué la vieille femme, je n’ai fait que la bousculer. Je suis à l’origine de l’action mais je ne suis pas la cause de la mort. L’autopsie dira qu’elle était en vie au moment d’arriver sur la route et que c’est la collision avec la voiture qui l’a tuée. Le chauffeur sera puni. Je serai blanchie. Pas besoin de pardon si pas de faute. Est ce que pour autant je ne me sentirai pas coupable ?

Version 2, même système de causalité mais avec une nuance de taille. Je suis dans la voiture. Je renverse une femme qui a été poussé par autrui. Je ne suis pas l’instigatrice de l’action, et pourtant je suis déclarée responsable de sa mort. La justice me déclare coupable. Je purgerai ma peine à l’issue de laquelle je reprendrai le cours de ma vie. Est ce que pour autant je ne me sentirai plus coupable ?

Version 3, Elisa joue au ballon au marché, le ballon roule sur la route, Elisa suit le ballon, Elisa se fait renverser par la voiture. Elisa a 3 ans. Sa mère lui a donné le ballon, elle est là à quelques pas, elle achetait des pommes sur le marché. L’étal est dos à la route. Sa mère se sentira surement coupable toute sa vie sans pour autant porter la responsabilité de la mort de sa fille.

Il n’y a personne d’autre que celle ou celui qui souffre qui détient le pardon. On ne pardonne pas l’excusable, on pardonne ce qui ne l’est pas et c’est ce qui fait le pardon difficile, rare et précieux.

Il faut se demander si le fardeau de celui qui n’est pas pardonné peut être comparable au fardeau de celui qui ne pardonne pas. Vivre avec l’idée que l’autre souffre est un poison et une forme de vengeance aussi qui peut créer de l’amertume et de la rancœur. Pour autant nul ne devrait se sentir obligé de pardonner. Pardonner n’est pas réparer. Demander pardon n’est pas effacer le passé.

Rien n’est peut-être plus égoïste que le pardon.

La personne qui demande pardon a fait l’effort de solliciter une absolution et cet effort mérite qu’on s’y attarde et qu’on le récompense. Bien cruel est celui qui ne peut pas l’accorder n’est ce pas ? Imaginez un instant, la personne est là, en face de vous, elle a fait quelque chose de grave, mais elle l’a avoué, elle a reconnu sa faute, cela lui a coûté, elle vous a demandé pardon. Que vous pardonniez ou non, cela ne changera pas l’histoire, cela n’effacera pas le passé, ne ramènera pas la vieille dame à la vie, ni Elisa. Cela ne coûte rien de pardonner.

Celui qui l’accorde, qui soulage t-il à par lui même ? Puisque pardonner n’est pas réparer et puisque accorder le pardon n’est pas effacer, à part soulager sa propre conscience et s’élever au rang de Dieu en accordant la miséricorde, le pardon n’apporte rien.

La culpabilité est un fardeau que les âmes portent jusqu’à leur mort. Le pardon n’est qu’un mot.

Renouvellement des vœux, cérémonie laïque (acte I)

Le Dragon et moi sommes mariés depuis le 30.10.2010.

Nous souhaitions un renouvellement de vœux pour nos 10 ans de mariage, et nous souhaitions célébrer ça à Quimper, dans la ville de nos premières échanges salivaires (bah quoi ?)

Le cheminement a été assez simple. Je voulais quelque chose d’organisé car je n’avais pas envie de réfléchir à tout. Je voulais quelque chose de simple. Je voulais quelque chose qui nous ressemble. Je voulais impliquer nos enfants et notre Ami Hervé dans une cérémonie émouvant et très symbolique.

Au départ je m’étais renseignée vers une cérémonie druidique, et puis j’ai vite vu que c’était trop compliqué, trop organisé, trop millimétré et donc pas du tout pour nous. Sans compter que la religion druidique, même si ça parle à mon Dragon Chéri, à moi pas vraiment…

Alors j’ai cherché un officiant en Bretagne, à Quimper. Sur internet j’ai vu plusieurs professionnels, des hommes et des femmes. Et puis il y en a une qui m’a tout de suite faire tilt ! Delphine de Fine-Events. Elle avait organisé des mariages simples mais efficaces (celui de Yorelle et Arty, wahouuu) et même si nous ne seront pas aussi nombreux, je sais que je veux voir mes yeux pétiller autant que celui des mariés.

Premier contact

C’est moi, toujours, qui fait le premier pas. Haha. J’ai envoyé un (très long) mail à Delphine, pour lui raconter qui nous étions, ce que nous voulions, ce qui était important et pourquoi nous avions besoin d’elle. Et nous avons, dans les jours qui ont suivi, fixé un RDV sur skype, avec mon homme, elle, et moi. Ce rdv était important, il a duré 1h, il a permis de se rendre très vite compte qu’on avait hate de commencer à préparer cette cérémonie laïque, même si on n’avait rien décidé

Delphine nous a posé les bonnes questions, comme le nombre d’invités (2 ou 3 couples, une dizaine d’enfants), le lieu (une cours intérieure de restaurant, idéalement une crêperie quimperoise), le décors (pas d’arche mais un arbre par exemple). Nous avons formulé l’implication nécessaire de nos enfants, et d’Hervé. Delphine a compris que ce serait très symbolique pour nous, et très fort. Nous avions organisé notre mariage civil en 3 mois, à petit budget, avec une robe achetée sur ebay et pas d’échanges d’alliance. Cette fois il y aura un échange d’alliance, il y aura l’écriture des voeux et l’échange des consentements.

A l’issu de cette échange, Delphine nous a présenté sa façon de travailler, et nous a proposé de lui confier certaines tâches (comme la recherche du lieu) sachant que nous sommes loin et elle, sur place, ça nous a bien soulagé. Nous avons évoqué la date, le jour, l’heure… mais rien n’est décidé, nous allons y réfléchir, sachant que nous n’aurons que 2 contraintes : que ce jour soit dispo pour Hervé et pour la crêperie. Delphine travaille tout les jours au besoin, donc on pourra se remarier un mercredi à 18h si on veut. Haha. Je déconne même pas 😉

L’engagement

En comptant la sono et l’écriture de la cérémonie de 45min, en comptant la recherche du lieu et le coaching pour nos vœux, en comptant l’implication de notre Hervé et les rituels choisis, le devis avoisine les 1000 €

Le lendemain, nous avons reçu par mail le devis, le contrat et les conditions générales de Fine-Events. Nous avons pris plusieurs jours pour … rien LOL, en toute honnêteté, j’ai imprimé les documents et les ai oublié sur le living. OUPS. Bref, on s’est réveillé à Noël, on a signé les papiers, envoyé le tout par courrier, fait le virement (30% d’acompte) pour qu’il parvienne à Delphine rapidement et fait un mail de confirmation.

Une grande inspiration, on y est, on est prêt, on y va :

On va se remarier.