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I feel pretty : la (presque) pépite #netflix !

C’était mon dernier RTT avant le déménagement, le dernier jour pour mes commandes, le dernier jour pour les cartons…

La bande annonce m’avait fait de l’œil et le thème me semblait vraiment pas mal (la grosse rejetée qui ne s’aime pas qui prend confiance en elle le jour où elle se croit belle)

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L’actrice avait une tête bien sympa et j’aimais bien la bande son.

Bon. Techniquement ça vaut quoi ?

C’est presque drôle, le décalage entre Renée et le monde qui l’entoure. L’entretien d’embauche est absolument déglingo tellement le fossé entre les paroles, le ressenti et l’image est énorme !

J’ai aimé l’aplomb et la confiance dégagée par Renée mais j’ai trouvé qu’il y avait un malaise. Est ce que c’est parce que la confiance ne fait pas tout et qu’elle semble presque rendue ridicule par les réactions disproportionnées de son environnement ? Est ce que c’est par ce que le personnage de Avery semble sorti de l’imagination du scénariste de Saw ? Est ce que c’est parce que quelque chose sonne faux ?

Je suis quelqu’un de très cynique, qui fait parfois plusieurs heures de conversation en disant le contraire de ce que je pense. Et ce film m’a donné l’impression d’être coincé dans un monde parallèle bizarre. On est vraiment sur un fil étroit entre le drôle et le ridicule, comme quand Renée fait le show à l’élection du bikini.

On entend le double discours, on entend la douleur, la souffrance, on entend le mal-être de la fille banale et différente derrière Renée, ça résonne sans être plombant.

C’est un film léger qui se laisse regarder, ce n’est pas transcendant. Je m’attendais à une petite pépite dynamique et drôle dans la lignée de Bridget Jones ou de l’amour extra large, un truc soit sérieux, soit décallé, mais qui assume franchement la frontière entre le beau idéalisé et la normalité banale voire la laideur.

Renée n’est pas moche. Elle a un petit bidon, mais pas de bourrelet. Elle a un visage rond (tendance ovale) mais pas gros. Elle n’est pas grosse, elle est potentiellement ronde (un 40 ? peut être 42 ?). Elle porte des mini jupes extra courtes. Elle se tient debout nue et rien ne tombe ni ne tremble. Le film aurait été fondamentalement différent si ça avait été sa copine obèse par exemple.

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Renée a confiance en elle, et heureusement, car elle n’a pas de quoi être complexée. C’est une fille normale, banale, qui a des défauts physiques qui n’ont rien de rédhibitoires et qui peuvent même paraître sympathiques. Son coup à la tête la rend fière de son corps. Le malaise se fait dans l’excès de confiance.

Bien sur qu’on peut porter une mini jupe quand on est gaulé comme Rénée, bien sur qu’on peut faire un concours de tee shirt mouillé et draguer ouvertement. Mais balancer qu’on a « un potentiel mannequin » ou « une ligne de rêve » avec un beaucoup de foi, c’est décalé. C’est décalé parce qu’on n’y croit pas. C’est ridicule parce que les gens en face n’y croient pas. Au mieux elle passe pour une folle, ou une humoriste, au pire elle passe pour une folle ou une humoriste.

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La confiance qu’elle arbore lui permet d’exister, de se faire une place dans le monde professionnel de la beauté, dans les soirées privées, dans le lit des mecs.

Par contre la phrase « je suis mouillée, j’ai la diarrhée » en pleine drague, franchement comme échappatoire y a bien mieux, même pour quelqu’un qui a un excès de confiance.

Bon, la Rénée sûr d’elle gâche un peu la fête en se montrant un peu hautaine, prétentieuse et fait de l’ombre à ses amies. Elle est moins attachante, elle est beaucoup plus drôle et elle irradie de quelque chose de magique mais elle me plait moins.

Evidemment, elle se recogne la tête, elle redevient elle même, la fille banale qui a conscience de sa banalité. Celle qui a des complexes, qui se trouve grosse, qui se trouve moche, qui ne veut pas sortir de chez elle, qui ne veut pas qu’on la regarde.

Cette Renée là, avec ses failles est attachante, et émouvante. Quand elle vient supplier ses amies pour un escape game, elle me fait de la peine. Quand elle pense que son mec ne la reconnaîtra pas au bar, c’est complètement hors du temps, cette scène où elle ne pense pas qu’il parle d’elle, c’est magique. Et ça fait tellement mal au cœur quand elle est au téléphone. Quand elle ne se rend pas compte de qui est elle, de comment elle est, de ce que les autres voient d’elle.

Le cours de vélo donne PRESQUE envie de s’y mettre.

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Le dialogue dans les vestiaires entre la bonasse qui s’est fait plaquer et Renée est complètement hors du temps. Renée prend conscience du décalage entre le ressenti et la réalité, entre la tête et le corps, entre la confiance et les complexes.

Le film pourrait presque s’arrêter là. Mais non…

On remet un peu de ridicule avec Rénée qui se prend une porte en voulant la défoncer, Rénée qui se rend compte en plein discours qu’elle est est la même, avant, après le coup sur la tête.

Son discours est beau, poignant, émouvant et on y croit. Et sa requonquête d’Ethan est très mignone.

« je te vois depuis toujours »

Je crois que c’est une phrase vraiment magique et elle résume vraiment bien l’idée de cette confiance, qu’on gagne ou qu’on retrouve grâce aux personnes qui nous aiment.

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Par contre, Ethan aurait il craquer, draguer Renée si elle n’avait pas eu cette confiance ? Le frère d’Avery aurait il tenter sa chance avec la Renée fade du début ou du supermarché ?

Non, non et non.

C’est ça qui peut être me rend mal à l’aise au générique de fin. Que cette sempiternelle morale « soyez vous même » et « aimez vous comme vous êtes » ne rime pas à grand chose puisque malheureusement il faut compenser quelque part et essayer d’attirer l’humain par un autre moyen que le physique. Soyez drôle, soyez gentil, soyez sympa, soyez généreux. C’est une injonction désespérante à l’acceptation de l’autre différent.

Je suis d’accord, quelqu’un qui chouine, qui se sent mal, qui le vit mal, qui se plaint, qui est triste en continu ne donne ABSOLUMENT pas envie de s’y intéresser !!! Mais il ne faut pour autant pas surjouer, ni tricher. Il ne faut pas faire semblant de s’accepter avec ses défauts (ça ne sert à rien à part craquer un jour et tout lâcher). Il faut les accepter vraiment.

Les gens autour de vous sont le meilleur miroir que vous pourrez trouver. Les mains que l’on vous tend, les baisers qu’on vous donne, les textos qu’on vous envoie sont les plus belles déclarations d’amour et d’amitié. Il n’y a aucune raison que votre regard soit moins bienveillant que leurs regards.

Aimez vous comme on vous aime.

(bordel, ça serait top sur un tee shirt ça !)

 

 

 

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L’histoire de la table basse

On a mis plusieurs jours à trouver une table basse qui plaisait à la fois à mon Dragon et à moi même. Nous avons des goûts tellement différents …

Je voulais du noir ou du blanc laqué avec des leds. Il voulait du sobre, du classique, du bois. Je ne voulais pas de rangement. Il voulait des casiers.

Résultat après plusieurs heures, nous tombions presque d’accord. Pour être honnête, j’avais choisis le salon alors il pouvait bien choisir la table basse.

Table basse fabricant SYMBIOSIS

Au moment de passer la commande, ce modèle n’était plus dispo nulle part (amazon, cdiscount, conforama etc….) et je l’ai commandé chez DeLaMaison. Ne cherchez pas le lien, inutile de leur faire de la pub.

Commande passée le 6 juin, en relay. Paiement 85€ via Paypal.

Elle est arrivée le 12 ou le 13 juin. Comme nous sommes en plein déménagement, que le carton était intact, on a préféré la poser dans la pièce en attendant d’avoir le temps et l’espace de la monter (inutile qu’elle prenne la poussière pendant les travaux)

Le colis a donc été ouvert le 22 juin.

Et j’ai prevenu le service client le lendemain par téléphone que ce n’était pas utilisable en l’état. je suis bien sure informée que j’avais 72h à réception pour faire savoir le problème. j’ai indiqué que j’en étais bien consciente, mais que j’attendais d’eux une proposition et un geste commercial compte tenu du prix de la table. On me donne une adresse mail.

Je fais un premier mail le 23 juin, sans réponse, je relance du même mail le 26 juin. Le 2 juillet on me demande les numéros des plaques concernées. Je réponds immédiatement avec les références.

Le 5 juillet, je reçois ce mail.

Donc moi, je demande l’avis de mes proches, que comprennent-ils ?

Et bien, comme moi, ils comprennent qu’ils font la demande au fabricant, mais que ça ne sert à rien de discuter avec eux, c’est mort.

Je renvoie un mail, je demande des précisions et confirmation qu’on me renvoie les morceaux. Je reçois donc un nouveau mail le 6 juillet.

Selon à notre précédent échange, nous sommes sincèrement navrés car le délai de votre réclamation est largement dépassé.
Donc, nous ne pouvons pas vous envoyer les pièces.

Je renvoie un mail pour connaître  les modalités de renvois dans le cadre légal des 14 jours. On m’explique que les 14 jours c’est valable si la marchandise est en bon état. Et du coup non, je ne peux pas renvoyer.

J’ai poussé quelques coups de gueule sur les réseaux sociaux, instagram, twitter. Bien sur que nous aurions dû ouvrir le colis, mais le carton ne présentait AUCUN défaut, et vraiment encore une fois, en plein déménagement, je le sentais moyen et ne voulait pas risquer d’abîmer ou de perdre des pièces.

Je ne demandais pas forcément l’échange de la table, ni le remboursement, je voulais qu’on m’écoute, me comprenne, me propose un geste commercial pour une table à 85€et en l’état, inutilisable.

J’ai ouvert par dépit un litige paypal le 8 juillet, au titre de la protection des achats. J’ai transformé ce litige en réclamation deux jours plus tard, sans réponse du vendeur. J’ai également laissé un avis déplorable sur Truspilot, via les avis du site du vendeur.

Le 16 juillet j’ai reçu 3 plaques, directement en provenance du fabricant, sans un mot (sans un bruit). Des plaques parfaitement emballée, avec polystyrène et carton renforcé.

Je n’ai pas demandé mon reste. Mon mari a monté la table, et j’ai cloturé le litige paypal. J’ai corrigé mon avis sur Truspilot en indiquant que j’avais reçu les plaques du fabricant mais que ça ne changeait rien à la façon de faire de Delamaison. J’ai remis un petit post sur les réseaux sociaux pour clore le sujet.

La table est monté, le salon est maintenant complet. Cette table a intérêt de tenir des années vu le souci qu’elle m’a donné !

Un heureux événement [ merci #netflix ] quand la maternité n’est pas aussi belle qu’on nous l’a dit

A l’heure des réseaux sociaux et des blogs, il faut vraiment fermer les yeux et se boucher les oreilles pour ne pas savoir comment se passe un accouchement médicalisé, de la première contraction, au crochet pour percer la poche des eaux, à l’épisio, au forceps, en passant par le monito et la péridurale. Vous accoucherez sur le dos, ça ne sera pas un bon moment, oui ça fait mal.

Malgré ça, je ne connais pas une femme qui se répète ça pendant les rapports sexuels à but procréatif. Il semble donc que le jeu en vaille la chandelle. Sinon l’humanité serait en voix d’extinction.

Le film Un Heureux Événement de Rémi Besançon (2011) interprété avec justesse par la délicieuse Louise Bourgoin, vaut bien qu’on s’y arrête. Il faut s’avoir qu’il s’agit de l’adaptation du roman de Eliette Abécassis (sorti en 2005)

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Ce qui est surprenant c’est que ce film est juste. Il n’est pas dans le trop. Il n’invente rien, ne rajoute rien, il n’oublie rien. Il dit tout. Tout, même ce qui ne se dit pas, même ce qui ne se voit pas.

Non, ce film ne dépeint pas une grossesse compliquée, ni un accouchement difficile, ni un bébé avec de gros besoins. C’est une maternité et une parentalité normale, courante, que connaissent d’ailleurs la plus part des parents.

La violence obstétricale m’a sauté aux yeux, parce que je l’ai vécu, parce que mes sœurs l’ont vécu, ma mère l’a vécu, mes amies l’ont vécu, les parents des amis de mes enfants l’ont vécu. La toute puissance du gynécologue, la malveillance du corps médical, le non consentement et la non explication des gestes médicaux, invasifs, parfois violents et traumatisants n’est pas là pour faire jaser. C’est la réalité, qu’on ose s’y attaquer, s’en prémunir ou qu’on choisisse l’abnégation. Que penser du moment où la praticienne qui fait l’échographie dévoile le sexe en toute impunité, et avec l’assurance et le sourire de celle qui balaie le secret demandé par la mère. La mère n’est qu’un utérus, seul l’être qui y vit et grandit a l’intérêt des autres.

La maternité est une violence naturelle. Cela ne peut être que douloureux de donner la vie. Je ne parle pas de l’accouchement. Je parle de ce pouvoir de faire un enfant, de l’élever, de l’aider à se construire. Je parle de la responsabilité d’en faire quelqu’un de bien sans traumatismes, sans douleurs et avec toute la bienveillance possible. C’est bien ça le plus douloureux, dédier sa vie à quelqu’un d’autre qui ne sera pas parfait et qui sera sans doute décevant (parce que justement, il ne sera pas parfait)

Ce film raconte l’histoire d’une femme qui veut un enfant, tombe enceinte, découvre les joies relatives de la grossesse et des fluctuations hormonales qui vont avec. Cette perte de contrôle et de maîtrise de son propre corps a de quoi désarçonner plus d’une femme. Il faut en être consciente, il faut s’y préparer, il faut comprendre que nous ne seront plus jamais un, nous serons deux. Même après la naissance nous ne retrouvons plus jamais la conscience de l’être unique. Nous penserons toujours pour deux, chimiquement nous seront dévouées au bien être du petit humain mis au monde.

J’ai beaucoup aimé ce moment où Barbara fait face à ses envies de sexe et malheureusement pour elle son mari lui, est un peu en dessous… Toute les femmes enceintes ont ressenti ses pulsions sauvages et irrépressibles. Rien n’est alors plus frustrant que le mec qui s’y refuse. Nous pourrions essayer de comprendre, de rassurer, d’expliquer, mais à ce moment là, précisément à cet instant, nous voudrions seulement jouir. Les mots et explications n’ont pas leur place. Grand bien face à Barbara de combler son besoin avec son chien (cette phrase sortie de son contexte est très effrayante, mais il s’agit seulement d’un sex toy qui y ressemble)

Je ne reviendrais pas sur l’accouchement, la sage femme est absolument méprisante et méprisable, le gynéco se prend pour Dieu et même le père est complètement à coté du bien être de sa compagne. Malheureusement, c’est exactement ce qui attend la plus part des femmes qui vont suivre une grossesse et un accouchement médicalisé : on va décider pour vous, à votre place et vous infantiliser.

Un bébé pleure : OUI

Vous devez lui être dévoué, nuit et jour : OUI

Vous n’allez pas avoir le temps d’une douche certains jours : OUI

Vous n’aurez plus de libido : OUI

Vous allez avoir mal (aux seins, au vagin, à l’anus…) : OUI

Vous ne parviendrez pas à avoir une conversation sans que vos hormones viennent vous faire chialer en plein milieu : OUI

Vous aurez peur d’avoir fait une grosse connerie : OUI

Vous aurez envie de planter votre mec qui se dit fatigué après sa journée de boulot : OUI

Vous voudrez sauter à la gorge de chaque personne qui prendra votre progéniture dans les bras : OUI

Vous voudrez faire votre valise et partir seule : OUI

Combien de femmes le font vraiment ? Je ne sais pas. Nous réagissons chacune avec notre vécu et le soutient que nous avons au quotidien.

Je me suis « enfuie » quelques soirées et quelques week end après la naissance de ma première fille. J’avais ce besoin de souffler loin des responsabilités. J’ai eu la chance que non pas toutes les femmes de ne jamais être jugée par mon mari qui a assumé plus que sa part à chaque fois que j’étais défaillante.

Bizarrement, même si mes enfants suivants ont été beaucoup beaucoup BEAUCOUP plus difficiles au quotidien, je n’ai pas ressenti cette peur de ne pas être à la hauteur, je n’ai pas eu envie de partir. J’étais mal, je pleurais, mais je savais que je serais comprise et entendue (par mon mari). Et surtout, je savais que ça passerait, je savais qu’un jour le ciel serait moins orageux.

Le film dépeint un couple qui communique par cris, par larmes, par accusations et ordres. Le couple se perd dans les méandres de l’apprentissage de la parentalité et dans le quotidien d’une vie qui déroule trop vite pour prendre le temps de s’arrêter pour régler les problèmes.

Le bébé ne lui manque pas. Quand Barbara se réfugie chez sa mère (Josiane Balasko, formidable!) elle soigne les plaies de son enfance, elle se guérit en tant qu’enfant et pardonne à la mère imparfaite qu’elle a eu. Elle en fait le deuil. Cela lui permet ensuite de se pardonner à elle même d’être imparfaite et de retrouver sa fille. On ne sait pas ce qu’il advient du couple, si la réconciliation sera facile ou la séparation inéluctable, mais ce n’est pas pertinent : c’est la réconciliation entre la mère et l’enfant qui l’est.

C’est un de ses rares films où j’ai l’impression que l’auteur a compris la vie d’une femme qui devient mère et le chemin mental qui faut parcourir pour l’accepter.

 

 

Vacances dans les Hauts de France

J’ai toujours beaucoup aimé le Nord, la convivialité et l’accueil qu’on m’y a fait n’a jamais été égalé ailleurs (et pourtant j’ai bien bourlingué !)

Cette année, entre l’achat de la maison, les travaux qui se sont éternisés et les finances un peu compliqué avec le déménagement, il a fallu revoir notre planning et nos ambitions estivales. Nous avons fait le choix d’aller passer une vraie grosse semaine (du lundi au lundi) dans les Hauts de France, dans le 62, quelque part entre Lens, Le Tréport et le Touquet !

Côté hébergement, vous n’aurez pas de review de grand hôtel, cette année nous avons été adorablement (je vous l’ai dit!) accueilli par une amie-collègue-patronne-associée-créatrice que j’aime tendrement. Nous n’avions pas à nous soucier d’emmener des oreillers, des draps et de savoir si nous aurons une belle vue. Nous allions avoir la plus belle qui soit, celle de nos amis au petit dej !

Nous avions prévu l’itinéraire via mappy, avec l’autoroute des anglais pour éviter Paris. L’ordi annonçait 6h, le GPS 12. Bon, quelques réglages plus tard tout le monde était raccord : OUF ! La route de nuit est agréable pour tout le monde, les enfants dorment, je dors, le Dragon roule. Il avait la route pour lui seul (1h du mat’, une nuit de dimanche à lundi) et il en avait l’habitude (faut bien que travailler de nuit serve à quelque chose, en plus d’aller chercher les enfants à l’école je veux dire) Nous n’avons même pas eu un seul vomi à déplorer. Je ne veux pas relancer le débat mais même si c’est l’effet placebo des granules de Cocculine, bah croyez moi, je prends !!!

Nous sommes arrivés au petit matin, après une ballade dans le village voisin (j’avais rentré la mauvaise adresse dans le GPS) et avons pris un petit déjeuner bien copieux avec nos amis. L’accueil du Nord, vous savez !

Les enfants ont pris leur marque, ma grande a décidé de jouer les babysitter avec le bébé de nos amis, ma mini a squatté le parc et les jouets du bébé, et j’ai été faire les courses pour notre séjour. L’après midi a été rythmé par la plage et un américain savoyard (oui, je sais, mais c’était bon). Je n’avais pas mon maillot, j’ai quand même accompagné mes bébés dans l’eau, et forcément, j’etais trempée. Pire que les gosses à ne pas s’avoir s’arrêter… Autant vous dire qu’on a plutôt bien dormi !!!

La première nuit a donc été reposante et douce! On a presque eu des grasse matinées. Je dis presque, parce que moi mon cerveau il n’est pas paramétré pour dormir. Donc c’est un peu chiant et beaucoup fatiguant.

Le mardi, second jour, mon cheri est allé rendre visite à son frère avec les enfants. J’en ai profité pour travailler, car oui, allier vacances et travail c’est aussi travailler ! Nous avons fait une pause WELSH dans un joli resto de St Pol sur Ternoise et j’ai bu un jus vert qui n’était pas degueu !!!

Du pains de mie trempé dans la bière brune, du jambon, du cheddar trempé de la bière brune, et un oeuf. Et des frites maison. Et une bière. Et c’est Mium.

Le troisième jour : PLAGE ! Et là, je peux vous dire que j’avais le maillot de bain sur les hanches et j’ai fini avec du sable dans le cul ! Mais c’était bon. On a passé une superbe après midi. Une très très très longue ballade nous a emmené voir les phoques, et on a fini par une glace extra dans un petit resto sympa !

Parfum Oréo, Tiramisu, citron meringué avec chantilly et chocolat chaud.

Le jeudi, quatrième jour, c’était le jour dédié aux copains. Cuisine (muffins, tarte aux maroilles) et mojitos dans un chouette pub à Bruay la Buissière LE CARBET qui sont aussi les patrons de l’entreprise artisanale MYLITTLEDECOR que vous pouvez découvrir ici ! On était avec la créatrice de Entre Fil et Terre (et son mari) et toujours la délicieuse Mila de MILAWITHYOU (avec homme et enfant). Une journée bien sympa qu’on a terminé avec Mojitos et Fricadelles !

Vendredi, 5ème jour, nous avons passé la journée à Nausicaa à Boulogne sur Mer. Ici le lien vers l’ article dédié tellement il y a à en dire ! Mais c’était juste ENORME pour une fan de requins comme moi !

Samedi, mon mari a profité de la seconde journée « all work » pour rendre visite à sa sœur. Les enfants ont profité des cousins et moi j’ai avancé dans le travail. Le travail n’a pas empêché la pause moules-frites du midi, le jus brocolis poire du matin, ni le vin l’après midi… On s’est retrouvé juste à temps pour un feu d’artifice et une ballade sous la pluie (damned ! il y avait une fête forraine)

Dimanche c’est en Belgique que nous avons passé la journée. Il s’agissait pour moi de rencontrer une amie de longue date des abysses de l’internet et en profiter pour sortir nos enfants de France pour la première fois !

Les enfants ont « fait » de la batterie avec un merveilleux professeur et on a beaucoup bu, surtout moi. Le retour c’est fait dans les ronflements. On a diné avec la famille de notre hotesse, lasagnes maison et gâteau au chocolat. A 21h30 j’étais couchée !

Lundi, dernier jour. Le réveil après presque 12h de sommeil était quand même difficile.

C’est le dernier jour, on se disait qu’on irait bien à la plage mais comme tout bon dernier jour qui se respecte, la fatigue nous a assommé. J’aurai voulu faire 10 mètres, m’allonger sur le sable et dormir. Mais je n’en n’étais pas capable.

Je sais qu’il me reste 15 jours avant ma reprise, et que je pourrai dormir dans mon lit tout bientôt. Il est temps que cette parenthèse se referme, les enfants commençant à être pénibles et je voudrai que nos hôtes gardent une bonne impression de notre famille.

Nous avons pris la route après le dîner, très rapidement, trop sans doute pour que ça semble normal et naturel, mais il fallait bien. Les adieux ne sont pas mon fort. La route a été à la fois longue et courte, entre-coupée de mots doux, de baisers passionnés et de sommeil entrecoupé. Le LOL du retour c’est le silencieux qui s’est décroché de la voiture à 1h de la maison, il a fini dans le coffre. Nous avons couché nos enfants à notre arrivée et c’est tout imbibé d’amour et d’air iodé que nous avons rejoint notre lit pour une nuit sans rêve, une nuit du repos du juste, de celui et de celle qui n’ont que l’Amour pour bouclier.

C’était une belle semaine, pleine de surprise, de bons moments, de rencontres heureuses et de jolies découvertes. Il en restera de très bons souvenirs.

[immo] Cuisine, avant/pendant/après (création complète)

15/06/2018

Quand on a visité la maison la première fois, je n’ai pas honte d’avouer que même si OUI elle serait FANTASTIQUE, il y avait des travaux à y faire, et franchement, moi les travaux, je n’en voulais pas.

On a fait des devis dès la première visite. On a fait venir des artisans.

On nous a conseillé, recommandé, on a fixé des dates, on a mis des artisans en relation entre eux. On y allait en confiance.

On a eu les clés le 30 mai. On savait qu’il fallait déjà casser les murs de la cuisine avant d’y faire quoi que ce soit. Il a fallu insister pour que l’artisan concerné vienne. Maintenant il faut reprendre les murs et le plafond. L’artisan concerné n’a pas de dispo, donc il va falloir faire autrement, et sans lui. Le poseur de cuisine n’est pas dispo avant septembre.

Coup de grâce.

Franchement, j’ai du mal à croire que le gars ne peut pas trouver un créneau pour des clients à 10000€ avec un devis qui date de janvier et des relances semaines après semaines pour affiner les plans. S’il maintient cette date, nous irons voir ailleurs.

On rend les clés de l’appartement mi août et je n’aurai peut être pas de quoi cuisiner avant septembre, sérieusement ? c’est une blague. putain le gars il a nos dates et dispo depuis janvier !!!!!!

Bref.

22/06/18

Il y a le mur cassé et il y a donc des sortes de tranchées dans le sol. On a passé une semaine à se demander comment on allait reprendre ça, mais un des artisan est venu couler une sorte de chape légère, histoire de.

Et du coup, moi, j’avais envie que ce soit propre. Alors j’ai pris une sorte de raclette à enduit, et j’ai raclé ce qui débordait

C’est moi qui l’est fait !

Mon mari a profité de cette journée pour commander la cuisine. Elle pourrait être livrée le 16 juillet.

6/07/2018

Les derniers morceaux de carrelage ont  été viré par le Dragon. Nous sommes maintenant dans l’attente du plâtrier, du peintre, du plaquiste… dans 10 jours la cuisine arrive. seront-ils dans les temps ?

Le 16/07/2018

Nous avons enfin eu l’honneur de la présence de l’électricien. Il a commencé par la cuisine, ça devrait lui prendre 2 jours. Le plaquiste est en embuscade, il devrait rapidement faire le plafond puis ce sera le Dragon qui devra faire tomber la chemise pour la reprise du plâtre.

19/07/2018

La cuisine a été livrée dans un magnifique 19 tonnes avec grue ! Et la cuisine a maintenant un plafond et des cables pour l’electricité.

25/07/2018

Nous devons retirer la tapisserie le plus vite possible pour faire l’enduit avant de poser la cuisine.

A l’ancienne pour moi (éponge et eau savonneuse, raclette) et pour mon mari, un truc électrique acheté une quarantaine d’euros qui a rendu l’âme après une après midi de pratique intensive…

29/07/18

Un artisan-collègue-ami est venu pour reprendre le mur. Malheureusement il estime que la cuisine va demander encore du temps, beaucoup plus que prévu et malgré que le déménagement soit prévu, nous n’aurons pas de cuisine fonctionnelle avant plusieurs semaines. A ce stade, croyez moi, je désespère.

5/08/18

Il y a un radiateur de moins, des trous rebouchés et poncés. Je me suis collée au nettoyage des zones noires qui ont donc ensuite pu être couvertes par une protection spéciale.

Nous avons emménagé, nous avons donc mis le frigo dans le salon.

Ho, un frigo dans le salon

6/08/18

La peinture nous a pris une bonne soirée, mais c’est fait !

C’est moi qui l’ait fait !

7/08/18

Nous avons enfin revu nos artisans. Il ne reste que les 3 passages pour les bandes à joints du plafond et nous pourrons enfin faire l’enduit. Premier passage fait hier. Nous espérons que le ponçage se fera cette semaine pour que nous puissions faire l’enduit ce week end. Au moment où j’écris, j’ai foi en l’humanité et j’espère avoir une cuisine fonctionnelle la semaine prochaine!

11/08/18

Le plafond a été sous couché, puis peint. Mais cela laisse encore des différences, nous passerons donc une seconde couche de peinture monocouche. Haha.

Et nous avons vidé une bombe de peinture pour laqué le radiateur, mais sans avoir assez pour finir . La suite lundi quand le magasin sera ouvert !

13/08/18

Le radiateur est bombé et l’enduit a été commencé !!!

14/08/18

L’enduit continue de sécher (à la fin il devrait être gris clair!) J’ai hate de voir le résultat !

16/08/18

La mauvaise nouvelle c’est casto qui n’a pas honoré la date de livraison… On a du courir dans une autre enseigne chercher une autre teinte en catastrophe…

A CE STADE : J’EN AI RAS LE CUL !

17/08/18

Notre ami-collègue est venu finir l’enduit de la cuisine. Le résultat est top ! On a hate de voir la couleur définitive après séchage mais ce gris foncé qui devait être clair nous plait beaucoup, y compris les zones avec des ombrages .

19/08/18

Les murs éclaircissent. J’aime bien l’aspect bicolore, voir tricolore, même si c’est loin de mon idée de départ ! La pièce a été nettoyée et j’ai peint la chape. Au retour de vacances, il faudra monter la cuisine !

28/08/18

A peine rentrés de notre semaine dans les Hauts de France, mon homme s’est jeté sur les cartons de meubles ! Résultat impressionnant après une journée de montage même s’il en reste encore pas mal.

29/08/18

ET LA LUMIÈRE FUT !

Et le Dragon et son acolyte avancent bien, très bien même !

Le 30/08/18

Le 31/08/18

Points positifs : j’ai un four, un évier et une plaque

Points négatifs : l’évier n’a pas l’eau chaude, la plaque n’a pas l’électricité, et la hotte est trop longue pour être utilisable

J’en ai maaaaaaaaaaaaaaare. Finalement cette pièce qui devait être parfaite, va finir par être « presque » sur tout les plans tellement y en a marre d’enchaîner les petites merdes qui ralentissent tout le monde.

Mon homme se donne du mal, je le vois 20 min pour déjeuner, 20 min pour dîner et le reste de la journée il est enfermé dans la cuisine à monter et démonter et remonter et visser et clouer etc… Et moi quand enfin il daigne ouvrir la porte, en bonne petite connasse que je suis je trouve que c’est pas assez rapide, que c’est pas comme ça que je voulais, que ça ne va pas et que « pfff c’est quand que ce sera fini ? » … Je déteste vraiment cette impression d’impuissance !

1/09/2018

NOUS AVONS UNE CUISINE FONCTIONNELLE mais qui doit encore être nettoyée et remplie de tout ce qui est en carton partout ailleurs que dans la cuisine !!!! Il reste des finitions (bas des meubles par exemple) et nous avons hâte de recevoir notre table et nos chaises ! Il faut aussi qu’on s’atèle à la déco !

Et OUI ! On garde le carrelage !

La hotte ronde a donc été découpée pour la raccourcir au maximum, la plaque est raccordée et jointée !

A gauche l’évier, fonctionnel eau chaude et eau froide. A droite le plan de travail pour la découpe des aliments, et le mur qui viendra accueil la Bretagne (je ne vous en dis pas plus)

Plan de travail pour le petit Electroménager (blender, micro onde, futur robot patissier etc…)

Je suis TRÈS fière de mon mari, et très très honnêtement je pense que je ne referai plus jamais de travaux de cette importance ! Rappelez vous comment elle était avant cette cuisine !!!

Vu le boulot abbattu par mon homme, je pense qui dresser une statue quelque part devant la maison. Ou alors je lui ferai une plaque pour le mur de la cuisine, genre « MADE BY THE DRAGON »

2/09/18 

Nous avons passé la journée à vider des cartons, à faire des vaisselles, à ranger, trier, classer, tout ça dans une cuisine SUPER CANON !

Il reste des détails, qui viendront en temps utiles !

6/09/18

Nous commençons la décoration de cette jolie pièce bien fonctionnelle. Je vous montre ça très vite ! Oui, ok, TEASING !

Au secours, elle va au collège toute seule !

Assez grande pour peindre elle même les meubles de sa chambre – meuble qui accueille aujourd’hui télé et lecteur dvd (pas de raccord télé ni internet, seulement dvd – faut pas déconner)

Tout a commencé quand j’ai pris conscience que ma fille allait rentrer en 6ème. Je n’ai pas pris de claque, j’étais prête pour cette étape car elle était prête pour cette étape ! Je la sentais autonome et j’avais confiance en elle.

MAIS.

J’appréhendais le trajet. De notre maison, il y a moins de 300m jusqu’au collège. Il y a deux trajets possibles tout en restant sur le même trottoir. L’un des trajets est à découvert tout du long, il n’y a pas d’éclairage et pas de maison. Nous l’avons donc déconseillé à notre fille, même si ça lui permettait de récupérer une copine sur le chemin. L’autre trajet consiste à se rendre jusqu’à l’école primaire (point de rassemblement des élèves du collège qui arrivent en car) puis de traverser un petit lotissement déserté par la circulation pour arriver à son établissement. Bien sur, c’est ce trajet que nous avons plébiscité.

J’ai grande confiance en ma fille. Elle respecte les consignes, elle respecte les horaires et la plus part du temps elle est très concentrée sur ce qu’on attend d’elle.

MAIS.

Mais j’ai peur des mauvaises rencontres. Personne n’est à l’abri. C’est aussi pour ça que les « check point » (école primaire, lotissement) sont importants, on va voir ma fille. Elle sait crier, elle sait courir, elle sait qu’au moindre signe de bizarrerie, au moindre doute, elle doit émettre un signal suffisamment fort pour qu’un adulte puisse intervenir.

J’avais peur qu’elle n’arrive pas à l’école, j’avais peur qu’elle ne rentre pas à la maison.

Elle est parfois tête en l’air. Un peu comme le second jour d’école où au moment de partir elle s’est retrouvé face à moi en mini short => retour illico presto dans son dressing pour un changement de fringues impératif ! Et cela lui a valu de partir au collège en courant…

Exceptionnellement pour ses  premiers jours de collège, je pars suffisamment tard au travail pour être là et lui dire le « top départ » mais j’ai pleinement conscience que cela va être un gros enjeu pour elle de savoir quand partir (et surtout de ne pas OUBLIER de partir)? Elle sait lire l’heure, encore faut-il qu’elle pense à la regarder ! J’avais envie d’une alarme.

Au départ, j’ai pensé à un téléphone portable. Pour qu’elle m’envoie un texto en arrivant au collège et un quand elle en part. Pour mettre une alarme qui lui permettrait de savoir quand partir au collège (enfin techniquement DES alarmes, une qui sonne quand elle doit être prête, et une 5 min après pour qu’elle puisse partir).

MAIS.

Le collège interdit les téléphones, même éteints, même dans le sac. Donc on oublie. Et puis Mon Dragon était fermement opposé à cette idée.

Pour l’alarme, je réfléchis à mettre un réveil en plus d’une grosse horloge façon compte à rebours ( bah quoi ? c’est rigolo non ?) !

Pour remplacer les textos je me suis penchée assez sérieusement sur les balises GPS. J’ai fait des comparaisons, j’ai regardé les prix, les abonnements et le fonctionnement. Et puis un jour, je suis tombée sur une campagne publicitaire où une marque cherchait justement à faire tester leur balise GPS (qui fait aussi alarme et permet de communiquer à distance avec l’enfant). J’ai postulé.

Rien qu’à la lecture du mail me prévenant que j’allais avoir la chance de tester 3 mois le traceur gratuitement j’étais ravie ! Et surtout : RASSURÉE ! Aujourd’hui, quand j’écris ces lignes, ma plus grande peut est que ma fille ne soit pas là où elle doit être à l’heure où c’est prévu, j’ai hâte de recevoir le produit à tester pour ne pas rester en apnée toute la journée et aussi pour vous parler de l’autonomie de ma fille et de son ressenti !

[test produit à venir]

17 filles [ merci #netflix ] et le questionnement d’une mère face à la fécondité de sa fille

 

Source google image

J’ai découvert ce film cet été, pendant ma semaine d’arrêt de travail, en mode lit-canapé-repos.

Je connaissais déjà le téléfilm de 2010, américain, Le Pacte de Grossesse, que j’avais vu et plutôt aimé. Aimer, c’est un mot trop fort qui n’est pas adapté à une situation. Je ne connais personne qui aime l’idée de 17 gamines décident de tomber enceinte en même temps.

Le film français (tourné en Bretagne) est servi par un super casting, les filles sont parfaites, mention coup de cœur à Clémentine (Yara Pilartz).

Il faut quand même savoir que le film est tiré d’une histoire vraie, arrivée en 2008 aux Etats Unis. C’est de cette histoire que sont tirés les deux longs métrages.

Le film français, peut être parce qu’il est adapté à un décors que je connais, sans doublage, avec une situation économique que j’ai vécue, me parait tellement plus réel, tellement plus concret et réaliste que la version US, pourtant tout est bien vrai. Je ne me souviens plus si j’avais conscience en 2010 que c’était une histoire vraie.

Le pitch vite fait : une jeune femme tombe enceinte par accident, et une de ses copines également. Ces deux jeunes filles font des projets de vie en communauté, et lancent l’idée que leur groupe les suivent dans ce projet. C’est là qu’est convenu ce pacte, celui de tomber enceinte pour quitter leur vie actuelle, trouver quelqu’un à aimer qui les aimera (l’enfant) et s’émanciper de leurs parents.

Elles sont quasi toutes enceintes dans le même timing, ce qui ne surprend pas vu la fertilité à cet âge, sans compter que l’émotion d’un premier rapport sexuel peut déclencher une ovulation spontanée chez des fillettes encore irrégulières dans leur cycle.

On est surpris dans un premier temps par le fait qu’à aucun moment elles ne recherchent l’attachement d’un garçon ni un père pour élever leur enfant. Elles ont besoin d’un géniteur et la relation s’arrête au coït.

Une des jeunes filles est rejetée parce qu’elle n’est pas enceinte. C’est dire à quel point ce pacte influençait leur comportement social et l’instinct de groupe.

Ce film a été l’occasion de me confronter encore une fois à mes ressentis.

En tant qu’ado, jeune femme que j’ai été, est ce que j’aurai pu faire ce pacte ? La réponse est OUI ! J’aurai pu en être l’instigatrice d’ailleurs, tant l’idée d’une communauté matriarcale pour élever des enfants me semble cohérente. J’aurai pu aussi être Clémentine, celle que personne ne veut baiser et me sentir rejeter.

En tant que mère, je pense que je serai passée par toutes les émotions dépeintes par les parents concernés dans le film. A savoir d’abord une profonde tristesse et une grande colère de me sentir quelque part trahie par l’éducation que j’aurai donnée. Et j’aurai surement fait preuve de compassion ensuite, pour cet enfant qui aurait choisi une telle échappatoire (paradoxal de faire un enfant pour échapper aux contraintes familiales).

Je réfléchis aussi à cette levée de bouclier face à l’école, premier environnement en dehors du cadre familial, qui favorise ou non cette constitution de pacte. En effet, pour les plus fervents défenseurs de la virginité, la mise à disposition de préservatif et de contraception est impensable car elle pousserait à la consommation. Pour ceux qui sont ouverts à la sexualité des ados, ce matériel est indispensable. Pourtant là encore, l’école n’a pas compris que ces enfants là, qui choisissaient de faire un enfant, n’avaient pas besoin de leur consentement d’adulte pour posséder leur corps jusqu’au fond de leur intimité.

Il ne s’agissait pas de filles faciles, il ne s’agissait pas de sexualité à outrance ni d’ado qui n’avait pas eu d’éducation sexuelle. Les filles savaient exactement ce qu’elles faisaient. Elles ont consommé les garçons pour se faire engrosser, pour la plus part c’était leur première relation sexuelle. Pas de préliminaires, pas de drague. On va à l’essentiel, quitte à proposer de l’argent.

Il faut les voir d’ailleurs, elles ont déjà cette impatience qu’on connu les femmes au désir d’enfant, celui des 15 jours à attendre pour le test. Elles ont la joie de porter la vie. Elles ont la peur du problème (une des jeunes filles a passé des examens complémentaires suite à une mauvaise échographie). Elles n’ont pas des peurs différentes de la plus part des femmes qui sont en âge d’avoir des enfants dans la pleine possession de leur moyen, sans influence. Elles assument sans assumer (alcool, cigarettes…)

La fin du film n’est pas extraordinaire. L’instigatrice du pacte perd son bébé à quelques semaines de la grossesse dans un accident de voiture. Les autres accouchent (ellipse totale dans le film) et on voit plus tard les poussettes (toutes le même modèle, effet de groupe) réunies. La voix off confirme qu’il n’y a jamais eu de vie en communauté et que chacune se démerde comme elle peut.

Je ne sais pas, en tant que moi adulte de 34 ans, passée par la maternité à 4 reprises, pourraient bien faire face à une telle situation. Je suppose que je commencerais comme les autres parents à rappeler que faire un enfant c’est un acte bouleversant pour la vie entière et que la responsabilité d’une vie est un pouvoir précieux qui engage tellement de choses que s’en est effrayant. Mais qui suis-je pour juger d’une telle décision. Il y a des tas de raisons pour faire (ou ne pas faire) un enfant, aucune n’est meilleure ou moins bonne que les autres. Chaque femme a son propre désir de grossesse et le vit, l’étouffe, l’explore dans son être intime de la façon qu’elle le souhaite.

Je suis pour l’appropriation du corps dans son intégralité, dans la libre décision de la femme, jeune femme, à l’utiliser comme elle l’entend sans influence extérieure, sans contraintes et dans le respect de ses propres convictions.

Mais cet environnement de « bien pensant » c’est quelque part ce qui va conditionner ma fille a ne pas concevoir d’enfant. Je l’élève dans l’objectif qu’elle puisse se prémunir d’une grossesse inopinée. Elle a presque l’âge des jeunes filles du film. Comment lui faire comprendre que ce passage à l’acte, même s’il lui semble être son choix, ne le serait pas (influencer par les autres, par un environnement ou un entourage). Comment lui dire que le choix de ne pas en avoir, de ne pas coucher, ou de coucher et se protéger contre une grossesse n’en n’est peut être pas un non plus, il pourrait être le mien, transmis par l’éducation et nos échanges honnêtes et sincères.

En lui répétant qu’elle a le choix d’utiliser son corps de la façon qu’elle l’entendra, en respectant son être, son âme et ses sentiments, est ce que je fais le bon choix ? Est ce une façon de la mettre sur une mauvaise voix ou de la protéger ? Ce sont toutes ces questions qui aujourd’hui me hantent, ne sachant pas si je suis dans le vrai, dans le bien et n’ayant malheureusement, aucun droit à l’erreur.