G comme Gwen

Gwen.

Gwendoline ? Gwenaëlle ?

Non, Gwenola.

Je vais vous dire, je crois que peu de gens savent vraiment comment je m’appelle. Pour la plupart c’est Gwen.

Quand j’étais enfant-ado je n’étais pas fan de mon prénom. Je ne sais pas pourquoi les profs l’écorchaient tout le temps, j’avais le droit à Guénola ou GwenDola (rien à voir donc). Franchement Gou-é-no-la c’est pas compliqué à prononcer hein ?

J’ai demandé plusieurs fois à ma maman l’origine de ce prénom (pourquoi ce choix complètement farfelue à la grande époque des Nathalie, Laetitia et Aurélie ?) et ma mémoire d’enfant a retenu – peut être à tort – deux éléments.

  1. Il semble qu’une de mes arrières tantes du côté de ma grand mère paternelle (bretonne de surcroît) portait ce prénom ce qui aurait fait plaisir à ce côté de la famille.
  2. Ma mère lisait un livre où l’héroïne portait ce prénom

Maman, si tu me lis, note qu’il faudra éclaircir ce pan de ma vie.

J’assume mon prénom depuis plusieurs années maintenant, mais avoir un prénom qui sortait de l’ordinaire m’a poussé, je crois, à donner des prénoms « hors normes » à mes enfants. Je n’aurai pas appelé mes enfants Léa, Paul ou Louise par exemple. J’ai rien contre le prénom Camille mais j’avais envie d’un prénom qui se démarque, un prénom qui sort des habitudes, peut être pour donner à mes enfants, dès le départ, l’élan pour être différent.

Ils n’ont pas des prénoms farfelus (comprendre qu’ils ne s’appellent pas Lucifer, Pouette ou Pitchoune), mais il y a très peu de chances qu’ils soient un jour dans la même classe que quelqu’un qui porte le même prénom qu’eux.

Et moi ? Pas de bol, avec mon prénom breton, installée dans un village de Haute Saône, à 800m de la maison il y avait une famille locale dont l’ainée s’appellait… Gwenola.

Truc de dingue. C’est suffisamment étonnant, voire dérangeant. Et ça nous a valu d’être confondu (malgré 2 ou 3 ans d’écart) et parfois de façon malheureuse (un ex à Elle, me harcelait moi, croyant que j’étais Elle. Plainte et compagnie. Menaces au téléphones etc…)

Quand j’avais 14, 15 ans, j’écrivais sous un nom de plume. Bon, j’allais pas chercher loin. je signais Zoé, j’adorais ce prénom, si j’avais dû choisir mon prénom j’aurai pris celui là. Zoé est devenue Cyrielle 3 ans plus tard, puis Tanguy (le prénom que j’aurai dû porter si j’étais née garçon) puis je suis revenue à Zoé et maintenant, je signe Gwen la plus part du temps. Je ne sais pas si un jour il y aura un livre, un recueil ou un roman ou je ne sais quoi, mais je pense pouvoir assumer mon prénom dans son entièreté maintenant.

Vous avez dejà tapé votre prénom dans la barre de recherche Google ?

Ce que j’ai appris (il y a longtemps) c’est que je porte un prénom celtique (comme mes deux premiers enfants) et que la moyenne d’âge des Gwenola était de 42 ans (Houlalala je me sens très jeune d’un coup !)

Ce que Prénoms.com en dit : Les Gwenola des passionnées qui cherchent toujours à comprendre le pourquoi des choses (OUI OK on est chiantes) Très ouvertes sur le monde, elles s’intéressent à tout (OUI OK on est curieuses) Volontaires, dynamiques, rien ne les arrête (sauf la raclette et le chocolat). Elles sont ambitieuses et ne laisseraient pas leur place (ABSOLUMENT PAS, je suis tout sauf ambitieuse, et je ne comprends pas les ambitieux, j’ai beaucoup de mal à cerner comment on en arrive là et comment on peut vivre avec ça, c’est un univers que je ne comprends pas) Un peu distantes et rêveuses (MAIS LEGER HEIN – hahahaha) ce sont des êtres positifs que l’échec stimule (ça reste à voir, je ne suis pas convaincue) Elles sont assez conformistes (OU PAS) et ont une grande conscience professionnelle (ouais, grave, c’est même chiant d’ailleurs) Leur discrétion fait tout leur charme (JE SUIS DISCRETE MOUAHAHAHAHAHA)

Tout ça c’est finalement comme l’horoscope hein, c’est un peu mais pas toujours et puis des fois ça tombe juste. Mon prénom ne me définit pas, il m’a été donné sans me connaître. Je suis d’ailleurs fascinée de ses peuples qui donnent le prénom bien après la naissance. En France nous avons 3 jours. C’est court pour connaître un enfant et être sur de son choix. J’étais soulagée d’avoir choisi bien avant la naissance, j’avais besoin d’un prénom pour me projeter sur l’enfant à naître. Le prénom projette des idées, des idéaux.

Par exemple les Amandine, j’en connais, je peux vous dire qu’elles sont toutes complètement barrées (et j’adore ma soeur) et très attachantes mais bordel c’est des fofolles ! Je n’aime pas les Marie-Charlotte (un différent avec l’une d’elles) et jusqu’à rencontrer une femme formidable j’avais en horreur les Fabienne.

Le prénom de ma fille aînée m’évoque de la douceur, et c’est exactement comme ça que j’ai vécu ma grossesse, et sa petite enfance, puis son enfance. Une fille calme. Aujourd’hui comme ado, elle est plutôt cool.

Le prénom de mon fils évoque le guerrier, un battant, un aventurier. Un prénom qui a un héritage, un prénom du passé. Et du fait, on sent qu’il est imprégné de tout un tas de choses qui ne le concernent pas (ou de très loin)

Le prénom de ma petite dernière est inventé, taillé sur mesure pour elle. Mi fée, mi diablesse. Le soleil de ma vie, le tsunami de ma vie. Elle est exactement comme je l’imaginais, en plus fort, en plus intense, en plus incroyable.

Gwen, Gwenola.

Parfois on dérape, les enfants surtout. Granola par mon neveu. Ricola quand ils sont tout petit. Volontairement méchant par les ados Gwendelard, Couenne de Lard, Gouinola … Franchement à qui ça fait plaisir de se faire retoucher le prénom ?

Aujourd’hui, à 36 ans bientôt, je suis tranquille. On ne s’étonne plus, on ne se moque pas. Mais ayons une pensée pour les nouveaux prénoms, ceux qui arrivent en maternelle, ceux qui seront dans 15 ans dans les entreprises ….

Coucou Alyssone, Tayronne, Alkapone, Charlolivier, Jenifaël, Meibelyne, Djustyne…

Best Gwen Ever

Celle qui a fait le test

Le 31 mars, presque près d’une semaine de mal de gorge tenace, de nez qui coule le matin, est bouché l’après midi, j’ai eu de la fièvre. Légère, certes, mais là. J’ai pris la décision d’appeler mon médecin.

Il m’explique qu’il ne consulte pas, qu’il est en quarantaine actuellement. Il prend le temps de me questionner sur mon état, se montre très rassurant, souhaite attendre l’évolution. Et puis au travers des questions, il me demande ma taille et mon poids. L’IMC clignotte de partout, supérieur à 43. Je sens que le ton change au téléphone.

Il va prendre contact avec le laboratoire, organiser un prélèvement. Il me recommande un isolement total dans une pièce de la maison, coupée des enfants, chambre à part du conjoint. Il m’invite à porter un masque, peut importe lequel, ce que j’ai. Il me rappellera le lendemain, il m’invite à ne pas paniquer mais à surveiller mes symptômes.

Mon mari décide de prévenir son chef. Il ne retourne pas travailler tant qu’on n’a pas les résultats. Si je suis infectée, il est le vecteur presque certain de la maladie.

Le 1er avril, j’aurai preferé un autre poisson, le médecin m’appelle à 9h30. Il m’explique que je vais devoir me rendre au labo, passer par une rue adjacente pour me garer sur le parking des livraisons, et appeler le labo par téléphone. Lui va envoyer l’ordonnance. Le prélèvement sera fait depuis ma voiture (le mode drive est lancé depuis quelques jours). Il se veut rassurant, c’est pour prendre les mesures adéquates et organiser une surveillance accrue si le test est positif. Aujourd’hui rien ne dit que ce n’est pas une (putain d’) angine.

Je rédige l’attestation dérogatoire en précisant où je me rends et pourquoi. Je glisse l’attestation sous plastique avec ma carte vitale, ma carte mutuelle et ma pièce d’identité.

10h40 je suis garée derrière le laboratoire. J’appelle. Il faut plus de 5min pour qu’une secrétaire décroche. Il lui faut encore 5 min pour chercher le dossier. Qu’elle ne trouve pas. Elle m’invite à revoir avec le médecin. Je rappelle le médecin qui me donne le nom du médecin qui a validé la réception. Je rappelle le labo. La secrétaire s’agace et me passe le médecin. Il ne comprend pas plus que moi le souci. Ha si, il ne trouve pas l’ordonnance mais on s’en fiche, il va lui même appeler mon médecin. La secrétaire veut me fixer un RDV. Je l’informe que je suis sur le parking depuis 20 min. Elle soupire. Elle m’agace mais je reste courtoise, oui, la situation est difficile pour tout le monde. Ok. Elle me passe une collègue pour créer le dossier, la collègue s’aperçoit que le dossier est créé et l’ordonnance rangée dedans… On m’envoie la personne pour le prélèvement.

11h05 Un medecin (?) sort par la porte arrière du batiment. Il a un masque + une visière plastique + une combi façon cosmonaute et des gants fluo genre anti nucléaire. Franchement, là je flippe. Le gars frappe sur la vitre de la portière opposée. J’ouvre la portière et lui donne la pochette plastique. Il repart avec. Il revient 2 min après.

Il s’approche de ma portière, j’ouvre la portière.

Symptômes ? une semaine de mal de gorge, une semaine avec le nez bouché/qui coule, un jour de fièvre, légères courbatures en haut du dos depuis le matin.

Soignant ? Infirmière ? Non, IMC supérieur à 40.

Il me demande de basculer la tête en arrière.

Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain.Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain.

Et il faut faire la seconde narine.

Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain.Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain.Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain. Putain.

C’est très douloureux. Ce n’est pas désagréable, ce n’est pas sensible ou juste inconfortable. c’est très très douloureux. C’est une sorte de frottis au fond de votre cerveau. 15 cm de tige qui passe dans le nez jusqu’à gratter je ne sais quoi. J’ai eu l’impression qu’on me grattait le cerveau. J’ai chialé. Oui, j’ai pleuré, pendant et plus de 30 min après je pleurais encore.

Le médecin a pris congé. Une jeune fille masquée m’a rendu mes papiers, m’a prévenu que les résultats seraient communiqués vendredi (sous 48h) à mon généraliste. Je suis rentrée chez moi. En pleurant. J’ai eu mal pendant 2h.

Jeudi 2 avril. Ce matin j’ai toujours mal à la gorge mais surtout la trachée en feu. Et ça ne passe pas de la journée. Du coup quand j’inspire c’est très désagréable. Je peux faire des inspirations profondes. Je peux compter encore rapidement jusqu’à 20. J’arrive encore à reconnaître l’odeur de la moutarde, je suppose que c’est bon signe. L’agnosie me fait très peur. Mon mari tousse moins, ou alors c’est parce qu’il bricole dans le garage et que je ne l’entends pas. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’attends avec impatience la réponse au prélèvement, mais je n’ai jamais bien vécu l’attente d’un résultat.

Vendredi 3 avril. A 14h, ne voyant toujours pas mon téléphone sonner, je décide d’appeler le médecin. Il n’a rien reçu, me dit que le laboratoire le préviendra par téléphone du résultat, il promet de me recontacter ensuite. Nous sommes plus de 48h après le test. Je prends conscience que c’est sans doute pour cela qu’aujourd’hui le gouvernement ne peut pas envoyer les soignants se faire dépister, ils ne sont pas en mesure de garantir (comme le dit cet arrêté ) le résultat sous 24h. Il est là le putain de problème. Pour être en mesure de prévenir les formes graves, il faut que les patients puissent être testés dès les premiers symptômes pour que les mesures de surveillance soient prises ! Malheureusement en faisant attendre les patients (et leur médecin) on va franchir la barrière et arriver en zone critique. Franchement toute la journée je me suis dit que j’aurai l’air bien con de partir avec le samu dans la nuit en sachant que j’avais pris toutes mes précautions d’autosurveillance et d’alerte au médecin traitant en temps et en heure. Lui aussi aura fait son travail, il a prescrit le test, il m’a envoyé moins de 24h après le premier appel vers le laboratoire. Bon, faudra juste qu’on m’explique comment font les stars pour avoir un résultat sous 12h, alors que je n’avais toujours pas de résultat à +54h.

Comment je me sens ? J’ai cette putain de trachée en feu, j’ai mal entre les seins et sous les côtes, j’ai comme des coups d’aiguilles dans la poitrine 3 à 10x par jour et ma gorge est très douloureuse. J’ai l’impression qu’elle est gonflée. Quand bien même j’aurais une angine, bordel de merde, je voudrai bien le savoir et être soignée.

Samedi 4 avril. J’ai mal à la gorge et la trachée. J’ai des sortes de points de côté sous les côtes et j’en ai marre de surveiller mon téléphone. J’ai donc appelé le labo juste avant la fermeture. Aujourd’hui ils ont reçu les résultats des prélèvements de mardi. Donc mes résultats seront dispo lundi. Mon médecin sera avisé par téléphone, il me contactera.

Quand même, France 2020, je me pose une question. Comment c’est possible ? Comment un test qui donne un résultat fiable en 6h, pour lequel un arrété exige un rendu au patient sous 24h, comment on peut à ce point laisser les gens en attente d’une réponse, s’un verdict, d’une surveillance. Car c’est bien là le souci.

Les personnes à risques sont indiquées pour le test. Ils le font quand ils ont les symptômes. On n’appelle pas son médecin après 3 jours de rhume. On attend une petite semaine. J6, J7. Le test est organisé. On sait que la période critique est installée entre J9 et J10 ou J12. Si le résultat est connu à J8, on peut prendre les devant, on peut suivre le patient, l’hospitaliser en amont pour prendre les constantes et être là au cas où, même l’appeler au téléphone régulièrement etc… Cette surveillance est mise en place quand un patient à risque est reconnu Covid+. Si le résultat arrive à J10, la surveillance est tardive, l’aggravation peut déjà être installée. Si le résultat arrive à J12 il est possible que le patient soit décédé.

Bien sur je suis en colère. Que ce soit une angine ou un Covid19 d’ailleurs. Aujourd’hui il est impensable qu’un prélèvement effectué un mercredi avant midi, ne puisse pas être analysé et rendu au patient avant le lundi.

Cela signifie que les chiffres avancés par le gouvernement sont tronqués. Parce que quand on lit « aujourd’hui mardi X : + 1600 covid + » bah en fait, les prélèvements étaient peut etre ceux de la semaine avant, que peut etre ce sont ceux qui ont pu être analysés la veille, que finallement on ne sait pas à quoi ça correspond, ni où ! Il y a des disparités évidentes. Je lis la presse, j’écoute la radio, je vois des politiques annoncer leur résultat sous 12h, je vois des chanteurs qui ont un accès aux résultats plus vite qu’une cuisson de Cheesecake. Certaines zones de France tiennent-elles le délai de 24h ?

La mienne non. Je suis en Auvergne-Rhones-Alpes. Je suis dans le 01. Je suis à 1h de Lyon. Et mon test Covid aura mis plus de 5 jours à m’être rendu.

Dimanche 5 avril. Aujourd’hui je me suis levée sans douleurs dans la trachée. J’ai donc décidé de parler avec ma maman via slype. Mais après 20 min de conversation, j’ai bien sentie que ce n’était pas ma meilleure idée. J’ai commencé à me sentir mal. Il a fallu donner le change encore quelques minutes. Puis de nouveau, je suis allée me murer dans le silence, au repos. J’ai refait le test l’après midi, de nouveau, après 15 min de blabla, le souffle court, je me sentais pas très fraîche. J’économise donc mes mots et je tape frénétiquement sur mon clavier pour compenser.

Lundi 6 avril. Il est 13h40. Non, le téléphone n’a pas sonné. J’ai toujours mal à la gorge, j’ai toujours la trachée en feu et j’ai des épisodes assez désagréables dans la poitrine. Je suis fatiguée. Hier j’ai tardé à m’endormir. Aux épisodes de souffle court succédaient les épisodes de panique et les crises d’angoisse. Pratique.

Toujours lundi 6 avril. Il est 17h22 quand je décide d’appeler le laboratoire. Les résultats ont été transmis au médecin. Mais on m’annonce un NÉGATIF en direct au téléphone. Ouf. Et Merci. Bon, ça ne dit pas ce que j’ai, ni comment je vais me soigner, mais je n’ai pas cette merde de COVID19. C’est déjà ça. Notez qu’à 18h45, le médecin ne m’avait toujours pas recontacté… Mais il l’a fait à 19h30. Pour me dire qu’il ne croyait pas aux résultats et qu’il fallait que je continue de me surveiller. Il m’a rassuré sur la forme à priori bénigne et m’a parlé des faux négatifs. Après un nouveau diagnostic différentiel, il revient toujours à cette idée de Covid19 mais comme il ne peut pas m’examiner, la situation reste inédite et il ne peut rien pour moi. Attendre.

Mardi 7 avril. 14h49. Toujours cette trachée en feu. Toujours ses pics douloureux dans la poitrine. Mais je peux boire, manger et si je ne parle pas trop longtemps je peux même aller au bout de ma phrase sans faire de pause. Mon homme a repris le travail, comme je ne suis pas positive il n’a pas d’arrêt, il n’a donc aucune excuse officiellement pour rester avec moi. Bon, la bonne nouvelle c’est qu’il a reçu des masques chirurgicaux (même si avec ses lunettes et le boulot dans le froid, il apprend à vivre dans la buée).

Vendredi 10 avril. Dans la boîte aux lettres, mes résultats. Et un peu l’impression d’un foutage de gueule à l’heure du numérique et des échanges mail et compagnie. Donc mon test a été prélevé le 1er avril, le résultat était connu le 3 avril avant midi. Et j’ai du attendre jusqu’au 6. Bravo. Non, non vraiment… Pffff. 2020 l’aire numérique hein…

Regardez les dates en haut à gauche de la seconde page.

Samedi 11 avril. 5h46. Toujours la trachée en feu, toujours les coups d’aiguilles dans la poitrine (une mini seconde mais qui fait mal) par contre j’ai retrouvé toute ma capacité à parler, à enchaîner les monologues et que j’ai toujours la pèche et une belle énergie à revendre.

Samedi 18 avril 8h39. Ma tranchée est toujours douloureuse, peut etre un peu moins aujourd’hui (ou alors je m’habitue ?) J’ai de nouveau ce rhume de merde et mal à la tête. Quoi que ce soit, j’aimerai bien que ça passe. Enfin.

Jeudi 23 avril 13h43. Pour la première fois depuis un mois je n’ai plus AUCUNE douleur dans la trachée ni dans la gorge.

Ciao Bella

Disponible partout, ce petit bijou français est un roman féminin, écrit par une femme pour les femmes. Y a pas de mystère : Serena Giuliano sait écrire !

Le roman nous parle, me parle, il interpelle sur la psychologie féminine, maternelle et conjugale. Il fait réfléchir à cette place qu’on donne à la peur, qu’on donne au regarde des autres, qu’on donne à l’autre, au passé, au futur, aux rêves aussi et au pardon.

Je me suis reconnue dans beaucoup de descriptions, je me suis vue dans des moments de colères. Je me suis sentie troublée dans certaines envies, dans certaines idées.

J’ai aimé ce livre d’une façon particulière, et pour la première fois, je n’ai pas réussi à m’en séparer. Je l’ai prêté (et non offert) à ma maman. Je pense que ce livre doit rester près de moi, il se relira facilement. Je l’ai lu en une journée.

Merci Serena.

Darwin, l’école et les histoires de choix

Et si on n’avait jamais tout sacrifié pour acheter la maison ? On aurait vécu le confinement dans un appartement de 3 chambres pour 5, en dessous d’une hystérique qui mettait la musique à fond nuit et jour et au dessus d’une harpie hurleuse et de ses chiens qui aboyaient en continu

Et si je n’avais pas démissionné ? J’aurai vécu le confinement en télétravail, à recevoir des appels quotidiens tout en gérant les enfants. Et la reprise de l’école aurait sonné la fin du télétravail.

Pourquoi ? Parce que les parents n’ont pas le choix. Si l’école n’est pas officiellement fermée (par l’état, par la mairie ou par la direction de l’établissement) les parents ne pourront pas avoir de dédommagement en cas d’arrêt ou d’aménagement du temps de travail. Vous en connaissez beaucoup des parents qui peuvent faire un « sans solde » et peut être risquer leur poste ?

La France de l’inégalité des chances

On le savait, on l’a remarqué, dejà pendant la période de « classe à la maison » la fameuse « continuité des apprentissages » était assez hétéroclite d’un établissement à l’autre et d’un foyer à l’autre.

Entre ceux qui ont eu des classes virtuelles 7h par jour, des exercices à renvoyer par mail, des photos d’eux à prendre avec un gâteau, ceux qui ont un ordinateur par famille et qui ont dû n’organiser pour que chacun puisse travailler convenablement, ceux qui n’étaient pas en mesure d’aider leurs enfants, ceux qui n’ont pas internet, ceux pour qui le français est une langue étrangère et ceux qui ont juste complètement lâché prise par manque de soutien…

Et puis le télétravail là dedans ? Quand ton patron te demande le même résultat qu’après 8h de bureau, alors que tu as été dérangée 14 fois pour « qu’est ce qu’on mange » et « maman il m’a touché » et aussi « le chat a vomi sur mon lit » et encore, ça c’est les jours calmes. Alors va trouver 3h pour les fractions et va filer ton ordi pour que ton ado regarde les effets de la Lune sur la mer, merci Youtube.

Aucun enfant n’a pris de retard, et à mon avis, aucun enfant n’a pris d’avance non plus. Il y a des compensations et il y a des créations de souvenirs. Il y en a qui auront mieux vécu le confinement que d’autres.

La face cachée de l’iceberg

Il y a forcément des différences dans la capacité d’appréhender le confinement pour peu que la vie « d’avant » soit déjà (de base) différente. Nous avons tous un parcours, une vie, une facilité (ou non) à nous adapter et à faire en sorte de trouver du positif pour nous dépasser. C’est humain, c’est le principe du poisson qui est sorti de l’eau et donc voilà, il a gagné des pattes. Darwin. (merci) C’est le même qui nous a sorti le principe de la sélection naturelle d’ailleurs.

Qui survivra ?

On aurait tendance à croire que les plus forts, les plus intelligents, les plus riches ont une longueur d’avance. Mais est-ce vrai ?

Bah oui. Malheureusement, c’est vrai. Ce n’est plus de la sélection naturelle mais une sorte de course à la vie, avec des critères bien définis qui vont augmenter ou baisser vos chances de survies.

Vous êtes en bonne santé ? Bravo. Vous avez une maladie rare qui impacte déjà quotidiennement votre vie ? Pas de bol. Vous avez un emploi de dirigeant qui vous permet de déléguer et d’envoyer vos instructions à distance ? Génial ! Vous êtes caissières, aides soignants, vous êtes agents d’entretien ? c’est balot. Vous vivez en maison avec jardin, piscine et vous avez la télévision dans chaque chambre ? FORMIDABLE ! Vous êtes en HLM avec vos 4 enfants ? Aïe Aïe.

Et pourtant, pourtant, ceux qui semblent le moins souffrir de la situation ne sont peut être pas ceux qu’on croit.

Habitués à partager, à respecter leurs espaces vitaux et à s’entendre sur la place de chacun, les enfants qui vivent dans des milieux exigûs s’en sortent à priori mieux que ceux qui n’ont pas l’habitude de se retrouver ensemble aussi souvent et aussi longtemps.

Il en va de même pour les couples. Si Monsieur passe son temps avec ses copains à la sortie du travail, ou à la salle de sport, la vie avec sa conjointe va vite devenir étouffante. Le confinement n’est pas le problème, il est le déclencheur, il est le révélateur.

Une révélation, parfois positive

Quand les premiers sondages de l’école sont arrivés, le Dragon et moi avions déjà réfléchis à la question du retour en classe. Pour nous, c’était inadmissible de renvoyer les enfants là bas.

Je mesure, non seulement ma chance de pouvoir CHOISIR, mais aussi ma force.

Il n’était pas tout les jours facile de me plier aux devoirs, au rythme scolaire et à la lecture. Mais je l’ai fait, à mon rythme, à ma façon, avec autant de patience et de bienveillance que j’en avais sous le coude à ce moment là.

J’ai découvert en moi des choses que je ne soupçonnais pas, j’ai découvert que je pouvais transmettre les savoirs, et être une liaison entre l’instit’ (dont c’est le métier) et mes enfants. Je suis le messager de la connaissance. je suis là pour les aider à comprendre, à apprendre et vérifier leurs acquis. Je répète, j’explique, je dessine et je lis.

Je suis éduquée, j’ai des bases scolaires fiables, je suis en couple avec un homme qui a fait des études, qui sait parler un français correct et nous avons construit un environnement stable et sain pour nos enfants.

Oui, l’idée de l’IEF m’a traversé l’esprit.

Ais-je de la chance ?

Je n’aime pas parler de chance (et pourtant je l’ai fait) parce que longtemps j’ai attendu (ou espéré) avoir de la chance et j’ai compris (sur le tard) que c’était à moi de créer ma chance (même si la vie ne m’aidait pas du tout pour ça)

Je travaille chez moi parce que je l’ai décidé, parce que j’ai créé mon entreprise, que j’y mets de l’énergie et beaucoup de temps et que ça me permet aujourd’hui de pouvoir CHOISIR.

Je ne dis pas que c’est facile, je ne dis pas que les facteurs environnementaux, exterieurs ou sociaux ne jouent pas, mais je sais qu’il y a une partie de votre vie qui peut etre ce que vous deciderez.

Vous pouvez choisir d’être heureux. Vous pouvez choisir d’être en accord avec vous même, avec vos valeurs, vos idées, vos principes. Vous pouvez choisir d’être qui vous voulez être.

Vous ne pouvez pas toujours choisir d’être en bonne santé, ni d’avoir du temps à vous accorder, mais vous pouvez choisir de voir le verre à moitié plein.

Non, vous ne pourrez pas tous envoyer chier votre boss quand il vous demandera de mettre vos enfants à l’école pour revenir au bureau. Mais vous pourrez prendre le temps d’expliquer à votre enfant les gestes barrières, les distances sociales, la difficulté de la situation et la gravité de cette crise.

Et si votre patron est un gros con, et qu’il a fallu attendre une crise d’une telle ampleur pour que vous vous en rendiez compte, il va peut être falloir envisager de changer de patron.

La double activité [salarié et entrepreneur]

J’ai toujours eu envie d’être « ma propre patronne »

Pour moi, l’incarnation de THE BIG BOSS : Meryl Streep dans le Diable s’habille en Prada

Quand j’avais 16, 17 ans, je cherchais par tout les moyens comment gagner de l’argent. Oui, c’était une motivation importante à l’époque, n’ayant pas baigné dans un environnement « aisé » j’ai eu pas mal de manque de ce côté…

Quand j’ai rencontré mon homme, je n’avais pas de bagages, j’avais laché la fac sans réel diplôme alors je me suis levée un matin en lui disant « hé ! on a qu’à acheter un camion et faire food truck sur le parking de la fac » Et il m’a suivi. On a eu un camion d’ailleurs (mais genre, un vieux jumpy, il aurait fallu tout aménager) On a fait une enquête de marché, auprès de la concurrence aussi, on a distribué des centaines de questionnaires. Je ne me souviens pas de ce qu’on a fait des 1000 exemplaires imprimés… Et puis bon, la vie quoi, quand tu n’as pas de sous, tu ne trouves pas forcément les moyens à mettre en place pour en gagner. L’investissement, le nerf de la guerre.

J’ai grandi, les années ont passé, ma vie a changé. J’ai atteint une stabilité financière dans le monde du salariat en 2017. J’étais affiliée à la CPAM (régime général de la sécurité sociale) c’est là que mon projet avec FAIRY a commencé à germer. J’avais déjà la matière première, la machine, et avec l’achat de la maison, j’avais un atelier. Je vendais par l’intermédiaire des plateformes depuis 2015 grâce à la tolérance de ces sites pour les vendeurs particuliers. J’étais déjà devenue une marque connue et fiable.

Alors j’ai sauté le pas du double statut. J’ai créé FAIRYDESFOLIES en MICRO ENTREPRISE et j’ai gardé mon emploi de téléconseillère au sein d’une mutuelle. J’ai gardé mon affiliation au régime général de la sécurité sociale (CPAM). Ce double statut a permis de m’engager dans FAIRY sans risques puisque j’avais au moins un salaire tous les mois (un SMIC)

Par contre, niveau organisation, c’était parfois un peu compliqué. Je voulais développer FAIRY et FAIRY marchait bien, du coup je me suis retrouvée à travailler dans l’atelier tous les week ends, et tous les jours de RTT, et aussi le matin très tôt (parfois à partir de 3h) et le soir très tard (parfois jusqu’à 23h) Quand je rentrais à 18h30 du travail, j’enchaînais avec FAIRY, et je n’arrêtais que pour aller dormir. J’ai sauté bons nombres de repas, et d’histoires du soir. Bien sur je savais ce que je voulais, je voulais réussir, je voulais dynamiser mon entreprise. Alors j’ai rien lâché, et je suis passée à côté de beaucoup de chose.

Et puis il est devenu vital pour moi de repenser mon salariat. J’avais envie de plus, j’avais envie de dynamisme, de renouveau, j’avais envie de projets. Et l’entreprise pour qui je travaillais n’a pas été à la hauteur de mes ambitions. Alors, dans un élan de bonne volonté, j’ai décidé de réduire le côté salarié en demandant un 80%. Et je l’ai obtenu. Après 2 ans dans l’entreprise, après 1 an avec FAIRY, j’ai pu obtenir un aménagement de mon temps de travail, et ainsi tous mes jeudis j’ai pu les passer pour mon entreprise à moi.

Juillet, août, septembre, octobre. 4 mois à profiter de chaque jeudi pour vivre pleinement mon entreprise. J’ai fait le choix du jeudi pour dynamiser ma semaine, ainsi le vendredi je savais que je touchais le week end du bout des doigts. Et j’y retournais pour 3 jours la semaine suivante. J’ai pu formuler de nouveaux projets, et mettre sur le papier des envies impérieuses. J’avais de nouveau une motivation à toute épreuve et l’envie de faire encore plus. Mais côté organisation, même avec le JEUDI-FAIRY, je continuais de sacrifier mes week ends et mes nuits à mon entreprise.

Au bureau, je commençais à me lasser. J’étais toujours et exactement au même point que quand je suis arrivée il y a 2 ans et demi. Je n’avais obtenu aucun des postes plébiscités, ni vu la réalisation des idées que j’avais soumises. Rien de ce qui me faisait envie n’avait été mis en place et je m’ennuyais fermement. Je m’occupais l’esprit en pensant à FAIRY, en cherchant de nouvelles idées, en développant des nouveaux concepts. Et puis j’ai craqué. J’ai eu besoin de choisir très vite de lâcher cette pseudo sécurité pour vivre ma vie de créatrice. Et je l’ai fait.

Je me suis sentie libérée tout de suite en verbalisant mon choix de démissionner. Et je me suis sentie pleinement vivante quand j’ai reçu mon solde de tout compte. Bien sur avec une appréhension financière, mais les calculs ont été faits et refaits pour définir un seuil minimum. J’avais mis un peu de coté les mois très bons, et puis le fait de stopper toutes les gardes d’enfants soulagent aussi le budget familial. Nous faisons le choix de garder la cantine 4 jours par semaine, en sachant qu’on pourra aussi supprimer ce poste financier au besoin.

Mon agenda est toujours aussi rempli mais j’ai retrouvé le sommeil

Tasse création unique par Mili.D

Le mercredi est une journée compliquée, du coup je ne suis pas dans l’atelier mais sur l’ordi pour les devis et je fais de la pâtisserie, on revoit les devoirs… Les week end c’est un peu ça aussi…

Je sais que les enfants aiment beaucoup ma présence, tant pour les devoirs que pour les gouters et l’école. Je ne sais pas encore où est ma place entre celle d’une femme au foyer et celle d’une entrepreneuse qui travaille à la maison. Je tâtonne encore. Et j’avoue que c’est quelque chose que je n’avais pas envisagé : que ça chamboule la répartition des tâches à la maison.

Carpe Diem, si ça ne marche pas on fera autrement.

Rien n’est peut-être plus égoïste que le pardon

“Rien n’est peut-être plus égoïste que le pardon.” C’est vrai ça, il avait plutôt raison André Chamson dans On ne voit pas les coeurs : c’est celui qui pardonne qui en tire le bénéfice, pas vraiment celui qui est à pardonner. Qui tire avantage du pardon si ce n’est celui qui le détient comme un symbole de la toute puissance divine ?

Pourtant qu’est ce que le pardon si ce n’est cet acte de bienveillance qui doit faire oublier la douleur commise par l’Autre pour lui permettre de ne plus en avoir à porter le fardeau ?

Qu’est ce que le pardon ?

Il s’agit avant tout d’un acte de miséricorde accordé à l’autre, l’auteur de la faute. Il faut distinguer le pardon accordé par réflexe de celui qui demande une véritable absolution.

Si je bouscule quelqu’un au marché, je m’excuse, et je suis aussitôt excusée. D’ailleurs je n’attends pas réellement une approbation de l’autre. Ce que j’ai fait n’est pas grave, du moins, c’est ce que (moi) j’estime à ce moment là.

Si je bouscule quelqu’un au marché, une vieille femme qui en tombe à la renverse et semble se faire très mal. Je m’excuse toujours, je vais même l’aider à la relever. Je vais attendre de savoir qu’elle va bien pour m’éloigner. Je vais attendre un accord sur sa santé qui fera office de pardon. Si elle va bien, alors je n’ai pas à porter le fardeau de sa douleur. C’est encore une fois ce que (moi) j’estime à ce moment là.

Si je bouscule quelqu’un au marché, une vieille femme qui en tombe sur la route et sur laquelle une voiture passe. Je n’aurai plus personne auprès de qui m’excuser. Est ce que la faute m’incombera ou est ce que pour paraître moins coupable je pourrais la faire porter à cette voiture qui roulait peut être trop vite et n’a pas freiné à temps ? Est ce que le fardeau d’avoir causé la mort d’une femme va peser pendant des années sans que je puisse passer outre ? Est-ce que le fait de ne pas pouvoir demander pardon à la personne fera que je ne serai jamais pardonnée ?

L’erreur est humaine, le pardon divin.

Techniquement, seul Dieu pardonne. Rappelez-vous Alexander Pope . C’est le propre de la religion que de donner l’absolution. Chaque acte est pardonnable, il n’existe rien que Dieu ne pardonne pas. Voyez les prêtres pédophiles. Je ne dois pas demander à l’humain de me pardonner, je dois demander à Dieu. Mais alors me direz vous, les athées sont impardonnables par nature ?

L’humain est malin. Comment pardonner sur terre et permettre au monde de continuer de tourner sans pour autant faire la queue devant les confessionnaux ? Dès les prémices du monde (code d’Ur-Nammu rédigé vers 2 100 avant JC) l’être humain a déployé un arsenal visant à juger, punir et par la suite pardonner : la Justice.

Revenons au marché, la police arrive, je suis arrêtée. Le chauffeur de la voiture aussi. Nous serons auditionnés et jugés. La voiture a tué la vieille femme, je n’ai fait que la bousculer. Je suis à l’origine de l’action mais je ne suis pas la cause de la mort. L’autopsie dira qu’elle était en vie au moment d’arriver sur la route et que c’est la collision avec la voiture qui l’a tuée. Le chauffeur sera puni. Je serai blanchie. Pas besoin de pardon si pas de faute. Est ce que pour autant je ne me sentirai pas coupable ?

Version 2, même système de causalité mais avec une nuance de taille. Je suis dans la voiture. Je renverse une femme qui a été poussé par autrui. Je ne suis pas l’instigatrice de l’action, et pourtant je suis déclarée responsable de sa mort. La justice me déclare coupable. Je purgerai ma peine à l’issue de laquelle je reprendrai le cours de ma vie. Est ce que pour autant je ne me sentirai plus coupable ?

Version 3, Elisa joue au ballon au marché, le ballon roule sur la route, Elisa suit le ballon, Elisa se fait renverser par la voiture. Elisa a 3 ans. Sa mère lui a donné le ballon, elle est là à quelques pas, elle achetait des pommes sur le marché. L’étal est dos à la route. Sa mère se sentira surement coupable toute sa vie sans pour autant porter la responsabilité de la mort de sa fille.

Il n’y a personne d’autre que celle ou celui qui souffre qui détient le pardon. On ne pardonne pas l’excusable, on pardonne ce qui ne l’est pas et c’est ce qui fait le pardon difficile, rare et précieux.

Il faut se demander si le fardeau de celui qui n’est pas pardonné peut être comparable au fardeau de celui qui ne pardonne pas. Vivre avec l’idée que l’autre souffre est un poison et une forme de vengeance aussi qui peut créer de l’amertume et de la rancœur. Pour autant nul ne devrait se sentir obligé de pardonner. Pardonner n’est pas réparer. Demander pardon n’est pas effacer le passé.

Rien n’est peut-être plus égoïste que le pardon.

La personne qui demande pardon a fait l’effort de solliciter une absolution et cet effort mérite qu’on s’y attarde et qu’on le récompense. Bien cruel est celui qui ne peut pas l’accorder n’est ce pas ? Imaginez un instant, la personne est là, en face de vous, elle a fait quelque chose de grave, mais elle l’a avoué, elle a reconnu sa faute, cela lui a coûté, elle vous a demandé pardon. Que vous pardonniez ou non, cela ne changera pas l’histoire, cela n’effacera pas le passé, ne ramènera pas la vieille dame à la vie, ni Elisa. Cela ne coûte rien de pardonner.

Celui qui l’accorde, qui soulage t-il à par lui même ? Puisque pardonner n’est pas réparer et puisque accorder le pardon n’est pas effacer, à part soulager sa propre conscience et s’élever au rang de Dieu en accordant la miséricorde, le pardon n’apporte rien.

La culpabilité est un fardeau que les âmes portent jusqu’à leur mort. Le pardon n’est qu’un mot.

Renouvellement des vœux, cérémonie laïque (acte I)

Le Dragon et moi sommes mariés depuis le 30.10.2010.

Nous souhaitions un renouvellement de vœux pour nos 10 ans de mariage, et nous souhaitions célébrer ça à Quimper, dans la ville de nos premières échanges salivaires (bah quoi ?)

Le cheminement a été assez simple. Je voulais quelque chose d’organisé car je n’avais pas envie de réfléchir à tout. Je voulais quelque chose de simple. Je voulais quelque chose qui nous ressemble. Je voulais impliquer nos enfants et notre Ami Hervé dans une cérémonie émouvant et très symbolique.

Au départ je m’étais renseignée vers une cérémonie druidique, et puis j’ai vite vu que c’était trop compliqué, trop organisé, trop millimétré et donc pas du tout pour nous. Sans compter que la religion druidique, même si ça parle à mon Dragon Chéri, à moi pas vraiment…

Alors j’ai cherché un officiant en Bretagne, à Quimper. Sur internet j’ai vu plusieurs professionnels, des hommes et des femmes. Et puis il y en a une qui m’a tout de suite faire tilt ! Delphine de Fine-Events. Elle avait organisé des mariages simples mais efficaces (celui de Yorelle et Arty, wahouuu) et même si nous ne seront pas aussi nombreux, je sais que je veux voir mes yeux pétiller autant que celui des mariés.

Premier contact

C’est moi, toujours, qui fait le premier pas. Haha. J’ai envoyé un (très long) mail à Delphine, pour lui raconter qui nous étions, ce que nous voulions, ce qui était important et pourquoi nous avions besoin d’elle. Et nous avons, dans les jours qui ont suivi, fixé un RDV sur skype, avec mon homme, elle, et moi. Ce rdv était important, il a duré 1h, il a permis de se rendre très vite compte qu’on avait hate de commencer à préparer cette cérémonie laïque, même si on n’avait rien décidé

Delphine nous a posé les bonnes questions, comme le nombre d’invités (2 ou 3 couples, une dizaine d’enfants), le lieu (une cours intérieure de restaurant, idéalement une crêperie quimperoise), le décors (pas d’arche mais un arbre par exemple). Nous avons formulé l’implication nécessaire de nos enfants, et d’Hervé. Delphine a compris que ce serait très symbolique pour nous, et très fort. Nous avions organisé notre mariage civil en 3 mois, à petit budget, avec une robe achetée sur ebay et pas d’échanges d’alliance. Cette fois il y aura un échange d’alliance, il y aura l’écriture des voeux et l’échange des consentements.

A l’issu de cette échange, Delphine nous a présenté sa façon de travailler, et nous a proposé de lui confier certaines tâches (comme la recherche du lieu) sachant que nous sommes loin et elle, sur place, ça nous a bien soulagé. Nous avons évoqué la date, le jour, l’heure… mais rien n’est décidé, nous allons y réfléchir, sachant que nous n’aurons que 2 contraintes : que ce jour soit dispo pour Hervé et pour la crêperie. Delphine travaille tout les jours au besoin, donc on pourra se remarier un mercredi à 18h si on veut. Haha. Je déconne même pas 😉

L’engagement

En comptant la sono et l’écriture de la cérémonie de 45min, en comptant la recherche du lieu et le coaching pour nos vœux, en comptant l’implication de notre Hervé et les rituels choisis, le devis avoisine les 1000 €

Le lendemain, nous avons reçu par mail le devis, le contrat et les conditions générales de Fine-Events. Nous avons pris plusieurs jours pour … rien LOL, en toute honnêteté, j’ai imprimé les documents et les ai oublié sur le living. OUPS. Bref, on s’est réveillé à Noël, on a signé les papiers, envoyé le tout par courrier, fait le virement (30% d’acompte) pour qu’il parvienne à Delphine rapidement et fait un mail de confirmation.

Une grande inspiration, on y est, on est prêt, on y va :

On va se remarier.