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Adieu, Mirena !

Je n’irai pas (aujourd’hui) dans le sens de ces nombreux articles décriant le Dispositif intra-utérin Mirena (Diu, Stérilet). Si vous êtes arrivé(e)s là, pour ça, alors je vous invite à reformuler votre recherche sur Google.

En préambule, je vous invite à jeter un œil à un petit rappel sur la contraception en générale et le Mirena en particulier

Le DIU hormonal contient une hormone progestative (lévonorgestrel) délivrée en petite quantité pendant cinq ans. Cette hormone a plusieurs effets :
– un effet contraceptif : elle épaissit les sécrétions du col (« entrée » de l’utérus) et les rend infranchissables par les spermatozoïdes.
– un effet thérapeutique : le DIU hormonal diminue la durée et le volume des règles ainsi que les contractions douloureuses qui les accompagnent ; certaines utilisatrices n’ont d’ailleurs pas de règles pendant 5 ans, ce qui est sans danger pour la santé ou la fertilité.

Mon histoire avec le Mirena a commencé en 2008. Auparavant j’avais pris une pilule (trinordiol – daily Gé) (après un bébé en 2017) et je suis tombée enceinte sous cette contraception. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir oublié, j’ai juste le flou et les larmes quand j’ai senti les symptômes identiques surgir dans ma vie. Mon premier enfant n’avait même pas 1 an. J’ai fait une fausse couche autour des 10 sa. J’ai alors souhaité une contraception « esprit libre ».

J’ai essayé le patch mais j’ai fini aux urgences après 4h, J’étais en état de choc, mon coeur battait beaucoup beaucoup trop fort, j’ai fait une réaction allergique (possiblement au solvant de la colle). L’anneau ça ne me tentait pas trop, alors j’ai demandé à ma gynéco de banlieue parisienne à 90€ la consultation de me poser un stérilet.

J’ai pu choisir en toute connaissance de cause.

Le DIU en cuivre est plus naturel, respectueux du corps et préserve les cycles à l’état normal. Parfois ça augmente un peu le volume sanguin.

Le DIU Mirena est aux hormones, il imbibe le corps d’hormones de synthèse, il peut inhiber les cycles naturels et faire disparaître les règles.

Quand j’étais assise dans le bureau de la gynéco, moi et mes 24 ans, avec 10 ans de règles derrière moi, avec un bébé dans un cosy à mes pieds, je me suis revue :

  • au collège, au test de gym de 3ème, avec mon survet’ qui a viré au rouge, avec le sang qui coulait le long de mes cuisses, et pourtant oui, j’avais mis 1h avant une serviette maxi volume…
  • au lycée, à l’internat, à devoir me lever en pleurant pour me traîner à l’infirmerie pour supplier qu’on appelle la mère, j’avais le ventre en feu, je ne pouvais pas me redresser.
  • en fac, où j’ai dû traverser un amphi de 200 personnes avec un jean bleu clair imbibé de sang et la remarque du gros con de prof qui m’a demandé de revenir nettoyer ma chaise…
  • au travail, à devoir expliquer que je ne pouvais pas venir travailler tellement les crampes étaient violentes.
  • en soirée, à expliquer que je devais rentrer plus tôt que prévu car le tampon + la serviette n’ont tenu que 3h
  • en boule dans mon lit, à implorer qu’on m’arrache les tripes.
  • sous la douche à regarder le sang couler entre mes pieds
  • dans les toilettes à me demander jusqu’à combien de serviettes je pouvais superposer

Tout ça, et tellement plus encore m’a fait réaliser à quel point j’ai toujours vécu mes règles de manières traumatisantes

Le choix n’a donc pas été difficile, j’ai opté pour le Mirena.

Il a tenu ses promesses, posé en février 2018, retiré en juin 2019, je n’ai pas vu mes règles une seule fois. Je n’ai pas eu de symptômes de perte de cheveux, de douleurs, de migraine, ni de spotting, ni de maux de ventre. Pendant près d’un an et demi, j’ai vécu sans règles et sans maux associés.

J’ai fait retirer le Mirena pour fabriquer un bébé. Ce qu’il faut savoir c’est que les spermatozoïdes peuvent rester actif jusqu’à 7, 8 parfois 9 jours après un rapport sexuel. Et le fait est que retirer le Mirena juste après un rapport sexuel, à entraîné une grossesse. Je n’ai pas vu mes règles, je ne ‘inquiétais pas, je pensais qu’il faudrait du temps. Et puis j’ai commencé à manger du maquereau à la moutarde au petit dej. On était ravi.

Mon fils est né en 2010, j’ai refait posé un Mirena au rendez vous des 6 semaines. J’en étais ravie. Je n’ai pas attendu le retour de couches par sécurité, il est arrivé d’ailleurs autour des 8 mois, j’allaitais mon fils. J’ai eu de gros saignements ce mois là, je me mariais 15 jours après, j’angoissais que ça s’éternise !!! Et puis plus rien.

En 2013, je fais retirer le Mirena à nouveau pour faire un bébé. Après le retrait, j’ai saigné beaucoup, plusieurs jours, et j’avais mal, plusieurs jours. Puis un cycle, long, et les règles. Je ne sais plus si elles étaient fortes ou pas. Mais on était au camping, on avait passé quelques jours à Cap Coz avec les enfants pendant les vacances d’avril. Au second cycle j’étais enceinte.

6 semaines après la naissance de mon bébé fille, mai 2014, j’ai refait poser un Mirena. J’ai eu quelques cycles, d’après mon application, 13 fois mes règles en 5 ans. J’ai pu tester la cup. Je n’avais que 2 jours de saignements, et sans douleurs. Et en mettant la cup le matin et la vidant le soir, je n’ai jamais eu de mauvaise surprise. D’ailleurs, je ne portais rien la nuit, ça n’a jamais coulé la nuit en 5 ans.

Aujourd’hui, 2019, mon 3ème Mirena arrive à date de péremption. Mon mari ayant fait réaliser une vasectomie (de son propre choix, ça parait évident mais je précise au cas où) je suis libérée de cette pression contraceptive qui pouvait peser sur mes épaules (et dans mon utérus)

J’avais rendez vous avec une appréhension habituelle (levez la main celle qui vont détendue de la culotte chez le gynéco, qu’on vous demande comment vous faites ?). Mais je dois avouer que ça c’est mieux passé qu’avec l’espèce de gros con que j’avais vu en 2013 (pas le même hôpital, pas la même région, peut être une autre époque! J’avais gobé deux spafons en salle d’attente et 1 efferalgan avant de partir. Au cas où !

J’ai été accueillie par un vieux gynéco (du genre à te dire qu’il t’a vu naître, et ta mère aussi LOL) et une jeune étudiante. J’ai échangé quelque mots avec elle (5ème année, voulait faire sage femme mais ne connaissait pas la possibilité à la fac de médecine, s’est donc tourné vers le médical, a assisté à son premier accouchement hier et en étant encore très émue)

Le gynéco est arrivé, souriant, plaisantant. Me demande pourquoi je viens. Pour virer le Mirena. Il me demande si on en repose un, non merci, si je veux une autre contraception, je lui dit que le mari a eu une vasectomie. Il me sourit en me disant « ha vous avez bien fait de l’épouser, c’est un gars bien » Il me dit que mon dernier frottis a 2 ans et que c’est l’occasion de m’éviter de revenir l’année prochaine mais c’est moi qui décide. Vendu. L’étudiante demande mon autorisation de faire le prélèvement, c’est OK.

Je vais enlever mon pantalon, ma culotte. je garde chaussette, soutif et teeshirt. On ne m’a pas pas fait de remarque là dessus (suffisamment rare pour être souligné, c’est affligeant de devoir le préciser alors que ça devrait être si normal de ne pas avoir à se mettre entièrement nue pour un examen gynéco)

J’ai EVIDEMMENT du mal à me détendre, le gynéco s’excuse de l’inconfort de la table d’examen « ce sont des hommes qui ont inventé ça vous savez, ils ne comprennent pas ce dont les femmes ont besoin » J’essaie de me calmer mais je suis très crispée. Je ferme les yeux. Insertion du spéculum. AIE (sérieux, 2019 les gars, il est temps de trouver une autre façon de faire non ?). L’étudiante ne trouve pas le col, il est toujours si loin et si « de travers ». C’est très inconfortable. J’ai quelque pics douloureux quand le gynéco appuie et sur mon ventre et sur le spéculum pour voir le col. Et le coton tige c’est quand même pas le truc le plus sympa du monde (et dire qu’un jour je devrai dire à mes filles qu’elles vont vivre ça !!!!). Le frottis est fait. Quitte à faire, on enchaîne avec le Mirena. L’étudiante doit attraper les fils avec la pince et tirer. Premier essai raté, elle demande si j’accepte qu’elle refasse un essai. Oui ! Second essai ok. Je la remercie d’avoir été rapide et efficace (j’avais peur que mon Mirena ait migré je ne sais où !)

Pas de douleur particulière à ce moment là. Le retrait du spéculum m’a fait presque défaillir par contre. L’étudiante a donc appris ce qu’était un malaise vagal et que la sensibilité des femmes pouvaient varier. Et qu’il faut de la douceur et beaucoup de bienveillance pour ne pas faire mal. J’ai pu prendre mon temps pour me redresser.

Le gynéco me demande si je veux bien lui montrer mes seins, si je le laisse les examiner. Il attend mon consentement. Je lui donne. RAS.

J’ai pu me rhabiller, j’avais prévu un protège slip, je saignotte.

Le gynéco derrière la porte me dit que si j’ai besoin il y a des serviettes dans l’armoire. Il me prévient juste d’éviter les tampons aujourd’hui, car le col est sensible.

Je retourne m’asseoir dans le bureau. Le gynécologue me dit que je peux revenir dans 2 ou 3 ans, évidemment sous condition que les résultats du frottis soient bons. Il en profite pour me rappeler que je dois passer une coloscopie et que l’année prochaine on refait une mammographie si je le souhaite, que je peux voir ça avec ma généraliste si je veux éviter de revenir à l’hôpital. Il me raccompagne, je le salue, et salue l’étudiante.

Aucune remarque sur mon poids, aucune pesée, aucune remarque sur le suivi annuel, aucune remarque sur rien. Je me suis sentie respectée. A aucun moment il a été intrusif ou agressif comme j’ai pu le vivre par ailleurs ou le lire par endroits. Franchement, si tu es de Bourg En Bresse, que tu veux le nom du gynéco en question, demandes !

Bref.

4h plus tard, je vais bien. J’ai quelques tiraillements. Mon utérus va reprendre possession de toute sa muqueuse, mes hormones naturelles vont s’en donner à cœur joie et j’ai évidemment très peur de revivre les années 90/2000 et les inondations sanguines qui ont marquées mon esprit !

J’ai 15 ans de plus, il parait que le corps change, les hormones aussi. Non ?

J’ai une cup (deux en réalité, une offerte par ma chérie @Youminou et une bleue à paillettes. J’en garde une dans mon sac, l’autre est dans l’armoire à pharmacie de la maison). Je pense en acheter une autre pour la travail. Rose peut être ?

Bref (2)

J’ai dit Adieu à Mirena. Je vous dirai donc ce que ça fait de vivre sans hormones de synthèse ni contraceptif et peut être que je vais morfler ou au contraire vous dire que j’avais des milliers d’effets secondaires et que je suis liberée maintenant et totalement moi même ! Total Free Fairy !