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S’habiller comme on veut  [respect de soi, règlement et codes sociaux…]

J’ai toujours été une grande gueule côté liberté de la femme à disposer de son corps, en long en large et en travers. J’ai longtemps hurlé de colère quand je voyais des femmes demander l’avis de leur mec concernant leur tenue ou leur coupe de cheveux.

Je peux être conciliante parce que, quand on est en couple, qu’on s’aime et qu’on a envie d’être belle dans les yeux de l’autre, parfois, ça passe par aller chercher l’approbation de l’autre et des compliments.

Je peux le comprendre, je peux l’entendre.

Quand je me plante devant mon mari en robe noire et talons, je ne lui demande pas s’il me trouve jolie, ni si ça lui plait. Non. Je le fais car je n’ai pas de miroir de pied et qu’il est le seul disposé à me renvoyer objectivement mon image. Je vois à son visage, à son regard, à son sourire, ou à ses sourcils, si la robe est bien. Tant mieux s’il aime la femme qu’il a devant lui à ce moment là, dans cette robe là, mais le but n’est pas de venir chercher son approbation.

« cette robe n’est pas trop courte ? »

Combien de fois j’ai entendu cette phrase … Et comme elle me mets en colère ! Courte pour qui ? pour quoi ? c’est sur qu’en plein hiver, avec moins 25, la jupe qui couvre à peine le bas de la culotte en dentelle n’est pas la meilleure idée du siècle sauf si on veut attraper une pneumonie.

Celui qui le demande, le conjoint (la conjointe), pose une question rhétorique. A partir du moment où cette phrase sort, c’est un jugement qui est posé « je trouve que c’est très/trop court et je n’approuve pas ». Selon la personne ça peut devenir très virulent « on dirait une pute, tu vas attirer tous les regards, pourquoi tu fais ça » ou simplement « tu n’as plus l’age, tu n’as plus le corps, ça ne te va pas »

Je suis allée en boîte de nuit, avec mes soeurs et des copines. Cette année, le mois dernier, du haut de mes 32 ans et demi. Je portais une robe noire, non moulante, fluide, qui arrivait juste au genoux. Pour 4 des personnes présentes, aucun souci, cette robe n’avait même pas à faire parler d’elle. Mais pour la cinquième, un drame est né ! « c’est trop court, tu ne peux pas sortir comme ça, tu es mariée, tu as des enfants, tu vas te faire matter, tu cherches les problèmes, viens pas te plaindre si tu te prends une main au cul etc… »

Pour cette personne (que j’aime beaucoup) la robe était trop courte. Notons que la longueur de la robe ne posait pas reellement de problème puisqu’une autre des jeunes femmes présentes était en mini short cuissarde (et ça ne lui a pas fait lever un sourcil). A priori, donc, une fois mariée, on ne peut plus porter de vêtement court. (la jeune femme aux cuissardes n’était que fiancée).

Pourquoi ?

Dans la tête de certaines personnes, s’habiller court (et le court dépend de vous, et de eux) équivaut donc à porter une cible clignotante « baisez moi ».

Serieusement ?

J’ai du mal à croire qu’en 2017, quand une femme se fait toucher le cul, toucher l’épaule, toucher les cheveux, on en vienne à dire que c’est de la faute d’une longueur de jupe. Si les mecs ont des pulsions sexuelles déviantes (forcer une femme à avoir un contact non consenti : c’est déviant !) n’est pas la faute d’une longueur de jupe, de short ou même du port d’un rouge à lèvres ! C’est un problème psychologique, psychiatrique et qui ne concerne que le concerné !

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Quand une femme se fait violer, ce n’est pas la jupe qu’il faut mettre en prison.

Si vous vous balader à pied, Iphone24 en mains, coque dorée à paillettes, si quelqu’un passe, vous l’arrache des mains et se barre avec, vous allez porter plainte ou vous allez vous dire que c’est de votre faute ? Vous avez provoqué le voleur ? bah oui, vous avez exhibez ce qui est à vous, le problème c’est quoi alors ? le v(i)oleur qui a pris ce qui vous appartient ou vous qui avez juste existé de votre entièreté avec ce qui vous appartient (votre téléphone, votre jupe) ?

Une femme devrait être libre de porter ce qu’elle veut, d’avoir le corps qu’elle veut, d’en faire ce qu’elle veut. Au même titre que l’avortement ne concerne qu’elle, au même titre que la longueur de cheveux, que sa couleur de rouge à lèvres, de ce qu’elle a choisi de se faire à manger, de son compte en banque, la liberté d’exister entière et sans renoncement devrait être un acquis.

Ces putains de conventions sociales de merde

C’est là, là que je vais me prendre des tomates, me faire huer. Alors comme c’est mon blog, mon chez-moi, je fais ce que je veux  (avec mes cheveux) et je vais vous dire que j’ai été mise en face de mes (putain de) principes il n’y a pas longtemps.

Ma fille aînée a 10 ans. Elle aime les shorts. Elle porte aussi des robes et des jupes.

A l’apparition des (très) beaux jours, l’école  (privée si vous n’avez pas suivi) a fait passer un message demandant une tenue correcte.

C’est quoi « correcte » pour vous ?

Pour moi ça veut dire qu’on ne va pas à l’école en tong et qu’on le montre pas son nombril. Ça veut dire qu’on n’est pas à carnaval ni à un mariage.

Ma fille a mis une robe. Longueur aux genoux. Ça passe.

Ma fille a mis une robe dos nu. Liens à attacher derrière la nuque. Le drame. Elle a été contrainte de porter un gilet (prêté par une copine) pour la journée.

J’ai demandé naïvement une explication. La robe dos nu n’a pas accès à l’école. Tout comme les shorts courts  (le mi cuisse est toléré) et les débardeurs à fines bretelles.

J’ai eu deux réactions.

La première : me retenir de faire un scandale sur les droits des femmes à s’habiller comme elles le souhaitent.

La seconde : appréhender la dimension réglementaire et m’y plier. Car oui, j’ai signé et donc adhéré au règlement de l’école.

J’ai du aussi expliquer à ma fille que parfois, on était dans l’incapacité de faire valoir nos droits et nos convictions. De la même façon que l’école accepte que mes enfants ne reçoivent pas d’éducation religieuse, je dois accepter le règlement vestimentaire de l’école.

C’est un creve-coeur pour moi de l’envoyer se changer le matin en justifiant ça par « tu n’as pas le droit » car si elle a le droit de s’habiller comme elle le souhaite  (on passe volontairement sur la robe manche longue en laine par 35 degrés) elle doit prendre en compte la micro-société dans laquelle elle évolue et qui dispose de ses propres règles.

Le mercredi, le Weekend et les vacances c’est FREEEEE. Et forcément on sort le mini short et les bretelles spaghetti.

J’ai essayé de faire le parallèle avec le travail. Ainsi j’ai été commerciale et je ne pouvais pas être en jogging. J’ai été employée de la fonction publique en établissement scolaire et les tongs n’étaient pas les bienvenues au conseil d’administration.

J’ai la chance actuellement  (tout est relatif) d’avoir un emploi sans visibilité. Mes collègues sont parfois pieds nus. On est en total free dans l’apparence  (piercing tatouage et mini short bienvenus).

Je ne peux que me plier au règlement. J’ai  (en toute honnêteté) hésité à  (re) changer mes enfants d’école. Ce qui m’a retenu n’est pas l’ensemble de mes principes mais cette volonté de les laisser s’épanouir dans une structure qui (même avec un règlement contestable) leur apporte ce que les autres écoles n’ont pas su leur apporter.

Alors voilà. J’ai fermé ma gueule.