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Énurésie : on fait quoi ? on dit quoi ? on gère comment ?

ÉNURÉSIE

Moi, le mot il me fait flipper. Déjà en tant qu’enfant ayant été confrontée très tôt au phénomène puisque ma soeur en a souffert jusqu’au collège… En tant que femme ensuite quand mon neveu l’était … Et j’avais bien sur des tas d’avis, des tas d’idées préconçues dûes à ces deux exemples très proches … Jusqu’au jour où ça nous est tombé sur la gueule. Dans notre maison. Au sein de notre progéniture.

Quand je dis que ça nous ai tombé dessus, techniquement, ça ne tombe en rien sur untel ou untel, c’est juste que l’énurésie normale du petit enfant décide de squatter plus longtemps que prévu.

A partir de quand peut on parler d’énurésie ?

Je ne sais pas. Je sais qu’à l’âge de 3 ans ça ne me pose aucun problème d’enfiler une couche à un enfant. A 4 ans, l’enfant le fait même seul depuis un moment sans qu’on s’en offusque. A 5 ans ça m’ennuyait mais sans etre perturbant. A 6 ans franchement c’etait difficile de faire comme si tout etait normal et que tout allait rentrer dans l’ordre tout seul. Et à 7 ans ? Franchement, c’était insupportable.

D’un point de vue de parent, j’en souffrais. Je cherchais des explications, physiologiques, psychologiques. Je cherchais tantôt à réconforter, tantôt à faire comprendre que c’était grave (ou du moins anormal). Non je n’ai pas toujours été bienveillante. La situation me pesait bien trop pour que je puisse en parler sereinement avec qui que ce soit.

Je me suis même fais violence pour écrire un article il y a un petit moment : 5 ans et demi, toujours une couche la nuit

C’était très difficile de continuer dans l’optique du « c’est pas grave, ça arrive, ça passera bien un jour » parce que franchement même mon gamin il ne savait plus comment réagir. Un matin « trempé » il était honteux et retirait tout le linge seul et se changeait… et le suivant il se pointait la bouche en coeur « holala je suis encore mouillé dis donc » … et de temps en temps il venait nous dire « pourquoi j’arrive pas à arrêter de faire pipi au lit » et là on se sentait très mal et très con de ne pas avoir de remède miracle.

Le temps qui passait n’a pas apporté de réponses à nos pourquoi. Il a même apporté de nouvelles complications.

A 5 ans tout le monde nous dit que c’est pas grave. A 5 ans et 6 mois, les proches nous rassurent. A 6 ans on s’étonne. A 6 ans et demi on commence à reprocher à l’enfant de faire exprès. La veille de ses 7 ans c’était la faute des parents, sûrement.

Le monde médical n’a pas été plus attentif à 5 ans et demi qu’à 6 ans et demi. Fallait attendre et on a attendu. En lavant des draps, en changeant des matelas et en achetant des couches.

Un soir mon fils a décrété qu’il ne voulait pas de couche. J’ai essayé de le convaincre. J’ai expliqué et réexpliqué … Et puis an matin c’était sec. Bien sûr qu’on a ouvert la bouteille du champagne. L’enfant sec au matin : 1ere fois en presque 7 ans !!!

Le second matin le fils jurait qu’il était sec. Et même si le pyjama témoignait en sa faveur, le matelas disait le contraire.

3 ème. 4 ème. 5 ème. 6 ème jour … Toujours un lit propre et sec et un enfant super fier qui se lève heureux et apaisé. Et qui court aux toilettes.

7 ème jour : un accident. Je le mets sur le dos de la fatigue. Des enfants épuisés qui n’en pouvaient plus.

8 ème. Neuvième. Dixième…

Mon fils a soufflé sa septième bougie en traversant ce cap. Quelle fierté pour lui, mêlée d’un soulagement familial.

A quoi bon continuer de compter ? Aujourd’hui nous allons de l’avant, persuadée que le plus difficile est derrière nous et que notre fils à fait le plus dur : grandir ! Alors bien sur je garde en tête qu’il peut faillir occasionnellement comme quelques gouttes dans le pyjama lors de notre #YoumiFairyWeekEnd mais je sais que la tempête est derrière nous.

Je ne me permettrais aucun conseil. Nous avons tout tenté  (de non médical et de non invasif) sans succès. Si vous atterrissez là en désespoir de cause, sachez que je vous comprends et qu’on s’en sort. Courage.

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5 ans et demi, toujours une couche la nuit

Parti se planquer à l'arrivée des autres enfants #ltpediatrie

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Je sais que j’ai une tendance à m’inquiéter parfois pour rien mais aussi souvent pour pas grand chose.

Mon fils de 5 ans (et demi) fait pipi au lit.

S’il me lit dans 10 ans par les hasard de l’internet, il me détestera. Et je lui rappellerai le nombre de boxers imbibés que j’ai dû laver, ça le calmera.

Bref.

R, mon fils, est un garçon plein de vie qui est hyper mûr pour son âge. Il parle très bien (même si il a parlé tardivement) et il est avide de connaissance. Il tient des conversations incroyables avec les adultes.

Sauf qu’il fait pipi au lit. Comme un bébé.

Comme un bébé, c’est moi, c’est lui, c’est tout le monde qui le dit, lui dit, me le dit, nous le dit.

Oui, moi ça m’emmerde, même si lui ça n’a pas l’air de le gêner. Pourquoi ça m’emmerde ? Parce que non je ne trouve pas ça normal (même si c’est courant) et parce que ça me renvoi au passé, une frangine pré ado qui a dû être hospi un an (et à qui ça n’a pas servi) et un neveu qui avait ses couches jusqu’à 12 ans…

J’ai demandé l’avis d’un premier généraliste, qui m’a dit que fallait pas se prendre la tête et le responsabiliser.

J’ai persisté.

J’ai vu un second généraliste qui m’a dit que JE m’inquiétais pour rien et qu’il fallait que je laisse mon fils grandir à son rythme.

J’ai insisté.

J’ai vu un troisième généraliste qui a balayé mes doutes d’un revers de main, j’étais juste une mère parano qui voyait des maladies partout.

J’ai pleuré.

J’ai regardé une émission des Maternelles Pourquoi fait il encore pipi au lit ? diffusé en mai 2015 . Je mets le replay (les paroles tirées du replay sont en italiques) et je te commente ça en presque live mais différé de quelques mois.

L’énurésie est un dysfonctionnement.

Pour mon fils, ce dysfonctionnement est sévère, on est à 7 nuits sur 7 avec de superbes débordements.

On est dans un dysfonctionnement primaire, c’est à dire qu’il n’a jamais été sec le matin.

Les malformations urologiques sont débusquées à la naissance, il n’a pas lieu de le découvrir à l’âge de 5 ans.

Depuis le début je responsabilise mon fils, il met sa couche seul, il la retire seul le matin, il se change seul si besoin et retire ses draps mouillés.

La journée il a été sec (je refuse volontairement le mot PROPRE qui n’a rien à voir) tardivement. Il avait des accidents réguliers à l’école, et à la maison, selon les évènements, si l’ambiance était plus ou moins tendue, les accidents devenaient le lot quotidien (jusqu’à 6 ou 7 fois dans la journée) jusqu’aux vacances.

Un mois et demi sans accidents, je te le dis on est à deux doigts de sortir une Veuve Clicquot.

Autant R a toujours réussi a retenir ses selles et ce très tôt, autour des 15 mois, autant l’urine, bondiou !!!

Mon fils aurait (aurait parce que je ne suis pas médecin hein) une vessie immature, c’est à dire qui se vide pendant le sommeil paradoxal alors qu’une vessie mature reste tranquille à ce moment là de la nuit.

Il y a d’autres dysfonctionnements possibles.

Une vessie polyurique est une vessie qui produit de l’urine la nuit, beaucoup d’urine, alors que normalement la nuit, on ne produit presque pas d’urine. Les enfants qui ont une vessie polyurique ne peuvent donc pas contenir toute cette urine et la vessie déborde au moment du sommeil paradoxal. Une vessie polyurique est d’ailleurs remarquée quand un enfant se change plusieurs fois la nuit car la vessie continue de se remplir abondamment au cours du sommeil.

Les vessies polyuriques sont plus faciles à « soigner » parce qu’il existe un médicament qui limite la production d’urine.

Les petites vessies sont des vessies aux capacités réduites. Là encore on peut donner des médicaments pour diminuer la sensibilité de la vessie et faire en sorte qu’elle contienne un peu plus.

Les enfants qui ont des envies urgentes dans la journée sont souvent des petites envies MAIS un enfant qui joue et qui n’a pas envie de s’interrompre et qui donc est prit d’envie impérieuse d’uriner (presque à la limite du trop tard) n’a pas forcément une petite vessie.

Mon fils n’a jamais aimé s’interrompre pour aller faire pipi. Depuis maintenant plusieurs semaines il n’y a pas eu d’accident de jour et ça fait du bien. Mais il reste la nuit, ces nuits qui sont toujours entachées d’urine.

Les médecins me renvoient en plein visage que mon fils n’a QUE 5 ans (et demi) et que de toutes façons ça finira par passer Peut importe le temps. C’est un contrôle neurologique, une maturité qui arrivera à un moment, même si on ne sait pas quand.

Mon fils est le deuxième, tu sais, LA place pas facile, il est le seul garçon, il a souffert de plusieurs choses qu’on aurait voulu lui épargner, mais la cause de l’énurésie n’est pas psychologique, ça aussi ça a été balayée d’un revers de main en 20 minutes par les médecins.

Mon fils n’est pas constipé, il n’a pas non plus de problème de dos, l’ensemble de ses deux choses pourraient être une indication d’un problème médical. Son foie, ses intestins sont normaux et ses reins vont bien. Enfin c’est ce que disent les médecins après une palpation de 5 minutes.

Il n’y a rien d’urgent à donner un traitement médicamenteux à un enfant. On commence souvent par des astuces.

L’enfant ne doit pas se retenir la journée. Il faut faire pipi 6 fois par jour. La vider complètement mais tranquillement. Une vessie qui est correctement régulée la journée sera déjà moins stimulée la nuit. 

Pas d’aliments salés le soir, un petit verre d’eau seulement entre 18h et le coucher, si l’enfant se couche en ayant soif il sera dans la retenue de l’urine et non dans la production.

(Viens, on va assoiffer notre fils …) Alors cette astuce est hyper discutée, chacun voit midi à sa porte, je la donne parce que certains médecins comme l’urologue le docteur Oro (du replay des Maternelles) la donne et que des fois quand on n’en peut plus, on a envie de tout tenter)

Il y a un détecteur de pipi (un truc qui bip dès qu’il y a une goutte de pipi) on créé un réflexe chez l’enfant, au fur à mesure le cerveau se programme pour réveiller l’enfant avant que la goutte de pipi sorte.

Pour moi c’est barbare mais encore une fois, pourquoi pas …

L’aspect psychologique est très discuté. Il faut, bien sur, que le terrain pour arriver à la maturité soit favorable, que l’enfant se sente en sécurité, qu’il soit prêt à grandir mais c’est d’abord physiologique.

Aujourd’hui j’ai vu un énième médecin. Et il m’a jugé en moins de 5 minutes. Forcément. Mon fils avait POUR UNE FOIS sa mère pour lui tout seul. Il était évident qu’il allait se comporter comme un bébé.

Et c’est ce qu’il a fait.

Il s’est agrippé à ma cuisse, a voulu que je le porte, n’a pas lâché son doudou, m’a tenu la main, a voulu s’allonger sur moi. Un vrai bébé !!!

Le médecin m’a naturellement dit (et j’en aurais fait autant si les rôles avaient été inversés) après m’avoir écouté 3 minutes sur l’énurésie « en même temps ça n’a pas l’air de vous déplaire d’avoir un autre bébé ». BAM ! Dans ta face la Gwen !

C’est vrai qu’il a pris une voix de bébé, qu’il a régressé instantanément quand il a vu le stéthoscope mais ça aurait pu aussi être un signe de peur non ?

Bon, bah non alors.

Donc cette fois, parfaitement résignée, j’ai compris la leçon. Je fiche la paix aux médecins, j’arrête de dramatiser, je répète à mon fils que ce n’est pas grave, que ça arrivera quand il sera prêt et je brule un cierge à l’occasion.

Mais bordel, si t’as vécu ça et que tu as réussit d’un coup de baguette magique, je veux bien savoir où tu l’as acheté ! Merci !

*photo du fiston dans la salle d’attente, planqué au bout de pièce des jeux à l’arrivée des autres enfants.