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J’ai mal d’oublier (putain, 20 ans!)

1997-2017

C’est un anniversaire dont je me serai bien passé. Si mes 33 arrivent à grands pas, je les vis bien mieux que ce coup de canif sur le bras, piqûre de rappel (comme si j’en avais besoin) qui vient sonner ton absence depuis 20 ans.

20 ans que je vis sans toi, sans ta voix que j’ai complètement oubliée, sans tes yeux bleus tantôt rieurs et tantôt plissés, sans la 3 dimensions pour me rappeler si tu étais grand…

J’ai oublié.

Je pensais qu’en oubliant, c’était le signe que j’allais bien, que j’allais mieux, que j’avais fait le deuil comme on dit. Et ça me fait d’autant plus mal que je n’ai jamais voulu oublier. J’aurai voulu emprisonner ta voix pour toujours.

J’ai mal d’oublier.

J’ai mal au ventre quand mes enfants me posent des questions sur toi et que je n’ai pas la réponse. J’ai les larmes qui montent car c’est un autre qu’ils appellent grand-père et qu’à chaque fois ça me fait comme une brûlure à l’âme.

J’ai le vertige quand je pense aux années sans toi, à tout ce qui est allé si vite, à ce trou dans ma vie quand tu es mort.

Je voudrai aller au cimetière, te parler, te raconter ma vie, te montrer mes enfants. Mais je suis loin, et je te parle depuis mon clavier alors … Je ne suis pas convaincue que tu entendes mieux depuis là bas.

J’ai toujours quelques photos de toi dans mon portefeuille. Ce survet’ militaire que tu ne quittais pas, à l’étang où on allait pêcher, tu souriais. Tu avais une moustache. C’est drôle, je ne m’en souviens pas. Je trouvais que ça piquais, mais j’ai oublié comment ça faisait.

Ton image s’efface au fil des années, c’est bien ça le plus douloureux… Je m’étais jurée de ne jamais oublier, de toujours me souvenir … Et puis voilà, 20 ans après, je te vois flou, à travers un rideau de larmes.

Mais je n’oublie pas tout cet amour là qui a laissé un vide énorme, un trou béant dans mon cœur et une douleur ineffable.

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