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Dites 33 !

On y est. 33 ans. Les bougies sont soufflées.

Alors concrètement, cette année le cap a été facile. Comme celui des 32. Comme celui des 31.

La trentaine m’a apporté une sérénité incroyable. J’ai du recul sur ma vie. Je suis conciliante et bienveillante avec moi même sur des sujets qui étaient presque douloureux auparavant.

J’ai pris une claque la nuit de mes 30 ans. Sorte de burn out personnel. Une crise d’angoisse mêlée de paranoïa et de panique. J’ai été effroyablement transpercée par la douleur. J’avais mal d’être moi.

Je n’étais pas qui je voulais être. Ni professionnellement, ni physiquement, ni avec mes enfants ni avec mon mari. Je n’étais pas l’amie que je prétendais être. Je me sentais comme « en construction » alors que je m’étais toujours répétée qu’à 30 ans je serai quelqu’un.

Forcement la chute a été proportionnelle à mes illusions. Finir une soirée d’anniversaire allongée sur des graviers avec les pompiers sous les yeux de mes bébés et de mon mari n’a pas été ma plus belle réussite.

Et je passe volontairement sur les ignominies verbales lancées à celui qui avait choisi de partager ma vie.

Il a fallu rebondir. Il a fallu se relever et comprendre. Il a fallu se poser les bonnes questions. Et il a fallu réparer. Me réparer.

J’ai commencé lentement. J’ai fait la liste de mes priorités de vie. Sans donner de date. En laissant la porte ouverte à toutes modifications possibles ultérieures. L’idée n’était pas de m’enfermer à nouveau dans sous pression infernale.

Professionnellement ?

Bon. Je suis une « indefinie ». Si tu me demandes mon métier : je n’en n’ai pas. J’ai eu différents postes dans différents secteurs mais je n’ai pas eu de vocation. J’aime le théâtre mais en faire mon métier ne me tente pas plus que retourner dans la fonction publique. Je me vois bien animatrice radio mais autant que commerciale en immobilier ou community manager de la FFR. Je suis bien là où je suis. Aujourd’hui. Mais oui, peut être que demain j’aurai envie de voir ailleurs.  J’ai décidé d’en faire une force. Mon CV n’est pas linéaire et alors ? Je me cherche encore et alors ?  Je ne souhaite pas être enfermée dans un plan de carrière. Je me sens libre.

Et puis, j’ai ma Gisèle.

Matériellement ?

J’ai longtemps pensé qu’à 30 ans je devrais être sur le chemin de l’accession à la propriété. Et aujourd’hui on en est où ?  Je ne sais pas. Je ne vois pas notre minuscule appartement comme la fin de mes rêves mais comme une transition. C’est une étape que j’assume aujourd’hui. Bien sûr que j’ai hâte de retourner vivre en maison. Évidemment que je souhaite de l’espace et une piscine. Mais je n’ai pas envie d’aller trop vite. Aujourd’hui je ne veux pas rechanger mes enfants d’école. J’ai envie de rester dans le périmètre école / boulot / rugby. Mais dans 10 ans ? J’envie parfois ceux qui achètent et savent qu’ils ne quitteront plus un endroit. Moi j’aime bouger et j’aimerais ne jamais être installée ou prise au piège d’un achat immobilier.

Acheter aujourd’hui c’est compliqué pour moi. Dans 15 ans nous n’aurons sûrement plus nos 3 enfants à la maison. Alors acheté une grande maison n’est pas forcément le mieux à faire.

Je ne sais pas non plus si je pourrais acheter une maison. J’avoue que j’ai eu tellement de déconvenue sur nos locations que j’aurai la flippe de faire un mauvais investissement.

Faire construire me semble plus opportun mais j’ai aussi vu beaucoup de copains finir en caravane devant un chantier laissé en plan. Cela m’effraie.

Aujourd’hui je ne sais pas où j’en suis sûr ce domaine là mais au lieu de le vivre comme une frustration je le vis avec le sourire. On a le temps avant de décider. On a le temps de choisir. On a un toit au dessus de la tête et on vit bien.

Le tournant des 30 ans a été également la fin de l’aventure de la maternité. J’ai 3 enfants. Je n’en souhaite pas un de plus. Je suis une maman comblée. Ma Troiz grandit et on peut sortir de plus en plus. J’apprends à leur laisser de la liberté et à savourer ma place. Je n’ai plus envie de porter une vie  je n’ai plus envie d’allaiter. Je n’ai plus envie d’avoir des couches chez moi. Les petits body ne me manquent pas. Mais je ne me sentirai pas capable de dire plus jamais. Je n’ai pas l’âge de faire un trait sur tout ça. Je peux dire que je n’en veux plus maintenant mais je ne veux pas prendre position pour les 10 prochaines années.

Je n’ai jamais aimé le « définitif ». J’ai mis des années à accepter l’idée du mariage par exemple. Et aujourd’hui je suis comblée avec mon mari. Je ne souhaite pas que notre histoire prenne fin et je me projette facilement dans 15 ans avec lui. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Et je reste lucide sur le fait que rien n’est définitif et que l’amour se travaille jour après jour.

Aujourd’hui je suis une femme épanouie qui s’est prise en main. J’ai fait des choix pour aller mieux. J’ai assumé mes faiblesses et mes failles. Je n’en vis que mieux.

Physiquement je continue d’approcher l’image que je désire avoir. J’ai des projets et beaucoup de rêves. Et même si parfois je suis déçue d’échouer, je l’accepte comme une étape de ma vie. Rien n’est jamais définitif.

Tout peut encore changer.

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