Et surtout, prenez soin de vous !

Ce n’a pas été un coup de massue. Etant du genre stressée, forcément j’ai suivi tout ça avec une certaine appréhension. Comme beaucoup j’ai essayé de m’auto-rassurer (la grippette) et de ne pas (trop) focaliser sur la situation en Chine. Râtée.

Nous sommes le 18 mars. Depuis 2 jours nous sommes en confinement. Certains français font de la rébellion, ils restent dehors, ils se retrouvent, ils s’embrassent. On a l’impression d’être à l’école avec les provocateurs et les bons élèves.

Je ne sais même pas si je suis dans le « bon camps ». Sur les forums, les réseaux sociaux, et même à la télé, il y a encore des gens qui parlent d’un complot, qui parlent de manipulation, qui soutiennent que le virus n’existe pas.

Cette humanité m’épuise. Elle croit facilement en un dieu qu’elle n’a jamais vu mais il va falloir qu’on lui montre des milliers de morts pour intégrer la dimension réelle et grave de la situation.

Les enfants n’ont plus classe. Ce sont les parents qui font l’école à la maison. Les parents qui n’ont pas de métier indispensable restent chez eux, soit ils travaillent sur ordinateur, soit ils sont au chômage. Le corps enseignant s’adapte, fournit les supports par mail, il y a même des classes virtuelles avec la webcam et le micro. La société s’adapte.

Le monde change de regard sur ceux qui donnaient déjà leur vie hier et qui continuent de se sacrifier aujourd’hui : les soignants. Ils sont applaudis aux fenêtres le soir, ils sont encouragés, ils sont remerciés par des photos, des pizzas gratuites, des vidéos…

Des initiatives naissent de cet isolement physique. Nous parents, sommes plus souples avc les écrans pour faciliter des échanges sur skype ou autres système de communication à distance. Les astuces tournent plus vite que des toupies, la boite à je m’ennuie, les coloriages, les applications linguistiques, les podcast, des tutoriels de fabrication (jeux en carton, circuit de voiture…)

Il y a forcément quelque chose qui va ressortir de tout ça. Mais quoi ? Qu’on a si peu mis de moyens dans le monde médical qu’une pandémie causera note perte ? Que le président américain a tenté d’acheter le vaccin pour son propre compte personnel ? Que la France n’a pas écouté les mises en gardes de ses voisins et que ce pays a un stock infini de voleurs de masques, de revendeur de gel hydro-alcoolique et de rebelles du confinement ?

Peut être qu’on retiendra la leçon, ou peut être pas.

Partagée entre la profonde tristesse de voir que cette humanité part en couilles et la colère face à tout ce qui se passe, doucement je commence à prendre conscience que c’est là l’enjeu de notre civilisation : la liberté.

Avons nous pris goût à cette liberté ? je ne sais pas. Mais aujourd’hui quand on nous demande d’y renoncer quelques semaines, le peuple se crispe, le peuple rage, le peuple descend dans la rue. Pourquoi ? Par peur d’en être privé plus longtemps ? Par peur d’un tyran qui garderait pour lui les pouvoirs donnés en temps de crise ? Par peur que ce soit la dernière fois ?

Se pose t-il la question suivante : Pourquoi vivre si c’est pour être enfermé ?

L’incompréhension résonne. Pour chaque humain sur les quais de Seine, une mère va pleurer un parent, un fils ou un mari. Pour chaque homme ou femme qui achètera ses 4 paquets de 24 rouleaux de papier toilette, un enfant croisera les doigts que sa maman, caissière, ne ramène pas le Covid19 à la maison. Pour chaque couple qui s’invitera pour « le dernier apéro », les soignants crieront à l’aide pour choisir entre une femme de 38 ans et un homme de 42 ans. Qui aura le dernier respirateur ?

Nous ne pouvons pas résonner l’humain. Il a peur, son système ne répond plus qu’aux besoins primaires (faire du stock, fuir) et les émotions sont plus fortes que le reste. Ce besoin d’être ensemble, de se réunir, habituel en cas de fête, en cas de victoire sportive avait déjà été étendu dans de dramatiques circonstances (les attentats) mais aujourd’hui, avons nous une raison de se retrouver et de faire la fête ? Avons nous ce besoin de cohésion sociale physique, alors que c’est tout l’enjeu de ce confinement que de nous éloigner les uns des autres pour permettre de sauver des vies ?

Le monde va changer. Il y aura ceux qui auront suivi les règles, appliqué les consignes, et il y aura les autres : les rebelles, les anti-, les Saint Thomas, les complotismes, les nihilistes. Il y aura le monde de demain qui saura tirer les leçons. Il y aura les humains d’hier et leurs stocks de pâtes pour 8 générations. Il y aura des morts, et ceux qui continuerons de répéter que tout va bien, que les chiffres sont truqués et qu’on nous a menti.

Nous sommes le Bruce Willis d’Armageddon. Nous sommes la clé.

Il est de notre responsabilité de transmettre, d’éduquer, de montrer aux générations futures ce qui se passe aujourd’hui : laissez une trace, pour que demain on se souvienne.

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