Ma fille joue au rugby

« Allez !  Va s’y !  Cours, cours ! Va au bout ! Va planter l’essai !  Allez ma chérie !  Lâche pas !!!!! »

Et les 30 sec qui ont suivies j’ai crié et pleuré. Parce qu’elle a mis l’essai de la gagne. Parce que ce tournoi là elle était le capitaine de l’équipe. Parce qu’elle n’a rien lâché et que c’était bon.

Ma fille a traversé son premier terrain à 3 ans.

Ma fille.

Ma fille. Ma princesse. Ma guerrière.

Quand on est parent d’une joueuse de rugby, c’est pas comme être parent d’un joueur de rugby, c’est un autre level.

On encaisse les étonnements et les remarques, on réagit. Ou pas. Selon les gens.

Quand mon fils a commencé le rugby, la fierté que j’arborais était la même.

Quand ma mini fille a à son tour pris son premier ballon sous son bras, j’ai aussi pleuré.

Il n’y a à nos yeux de parents, aucune différence entre nos filles et notre fils. Ils sont joueurs de rugby.

Ma fille n’a pas choisie ce sport pour nous faire plaisir, ni pour se faire pelotter par les garçons comme j’ai pu le lire ailleurs.

extrait de Parent de Rugbyman heureux de Jean-Michel Cormary / ne lisez pas ce livre, c’est inutile ! simpliste, caricaturale et tellement sexiste qu’on a envie de jetter sa Kindle 

Elle a mis du vernis avant son premier gros match. On tressait ses cheveux avec un chouchou rose. Elle quittait les vestiaires en robe et sandalettes.

Mais sur le terrain, je ne voyais pas ma petite précieuse. Sur le terrain c’était un joueur de rugby comme les autres (mais en mieux quand même) avec de la boue aux genoux et du rouge aux joues.

Pas plus de peurs et d’appréhension que les autres. Pas moins d’envie de plaquer, de contourner, de déblayer et de se jeter à plat ventre entre les poteaux que les autres.

On ne demande pas aux joueurs de laisser de côté leur personnalité, leurs motivations ni leurs cheveux longs.

Ma fille joue au rugby

Ma fille joue au rugby et en tant que joueur, elle joue mieux que d’autres joueurs.

Elle regarde le Xv de France, qu’il soit féminin ou masculin. Elle va au stade avec son père ou sa mère. Elle a des paillettes dans les yeux quand elle s’imagine un jour jouer au stade de France, comme son frère. Elle s’entraîne aussi dur que les autres. Elle s’entraîne aussi longtemps que les autres.

J’entends parfois des remarques sexistes au bord du terrain (non destinées à ma fille mais aux joueurs de l’autre sexe)

Morceaux choisis :

« Mais tu joues comme une fille ! »

« L’année prochaine oublies le rugby va faire de la danse avec les filles »

« Tu devrais lui foncer dessus. C’est une gonzesse. Il va se pousser »

Je n’ai jamais pensé qu’être une fille limitait le champs des possibles. Et je ne cesserai jamais de me battre pour que ma fille soit respectée en tant que joueur. Pour que MES ENFANTS soient respectés en tant que joueur.

Publicités

N'hésitez pas à donner votre avis !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s