F1, les toilettes sèches, la Porsche ou l’histoire des tomates en mai.

Tout est partie d’une vidéo de Nina Narre, encore une fois (je l’accuse publiquement d’éveiller les consciences, et j’assume. Bisous Sylvie !)

J’ai entendu cette histoire de graines F1, genre qui ne sont pas fécondes, qui sont « chimiquement castrées » pour obliger les gens à en racheter d’une année sur l’autre (sous couvert de contrôle des plantations, évidemment – c’est pour votre bien Madame Martin)

Le choc de la découverte

Je l’avoue, à 32 ans (bientôt – oui je recommence une petite fixette, vous aviez remarqué ?) je n’avais JAMAIS entendu parler de ça. Pourtant le Dragon est LE spécialiste des fruits et légumes, il aurait pu échanger à ce propos avec moi pendant des années, mais non, il m’a laissé dans l’ignorance (tu as vu comment je remets la faute sur lui, vile manipulatrice que je suis!)

Ma première réaction a été de me dire que c’était immoral d’empêcher les gens de créer un produit issu d’un produit qu’il avait acheté en base (principe du recyclage, du vintage, du relooking, du tunning, du remake, de la reprise et compagnie). C’est vrai quoi, personne n’a essayé de réussi à faire taire Tal quand elle a repris Goldman !

Ma seconde réaction a été de me dire que … OMFG je mets mes enfants en danger ! Ils consomment, je consomme, nous consommons des fruits et des légumes issus de la production F1, génétiquement modifiés pour être stériles (putain mais alors les OGM en fait, ils sont déjà dans nos assiettes ?!) et ce, sans savoir si les effets sur l’humain sont inoffensifs (on n’a pas vraiment 100 ans de recul hein, faut pas se leurrer… et on est dans un pays qui pense encore que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière … moi ça me fait toujours douter du côté scientifique des choses). Et là, d’un coup ça m’inquiète (oui, vraiment, je vous assure que j’ai eu une violente bouffée d’angoisse – et ce n’était pas dû uniquement au fait que mon portable était sous les 10% de batterie).

Ma troisième réaction a été de me dire que ce n’était plus comme ça que je voulais vivre, qu’il était temps de prendre des décisions pour le bien de mes enfants (parce que la planète, c’est pas elle qui me fait des câlins le soirs).

Le cheminement a été rapide, une fois lancé. 32 ans d’ignorance et de voilage de face, ça laisse des traces, d’un coup j’ai été comme le moustique libéré d’un tiroir, j’ai vu la lumière, j’ai découvert le monde. En 5h de temps j’étais passée de la caverne à la lumière (coucou Platon)

Les idées de génie

Mon cerveau a d’abord chauffé tout seul dans son coin. J’ai commencé par me demander comment avoir des fruits et des légumes autrement que issus de graines F1. Bon, deux possibilités me sont apparues :

1 : les faire pousser soi même à partir de graines qui ne sont pas F1. Et bah il n’y a pas beaucoup de monde hein, mais si vous avez des liens, je rajouterai

2 : acheter du fruit et du légume bio français. J’insiste sur le FRANÇAIS. Parce que les normes de bio ne sont pas les même partout en Europe/Monde, et que les contrôles ne sont pas du tout les même non plus. Là encore, je n’ai pas deviné ça toute seule, j’ai un mari dont c’est le job (de vérifier tout ça)

Alors, au départ, j’étais à fond sur la première idée. Je me voyais déjà en haut de l’affiche en train de chercher les meilleures graines, de prendre ma pelle pour retourner mon jardin, suivre les tuto youtube pour faire des semis … et puis bon, c’est du boulot, et surtout le Dragon m’a bien fait comprendre que le jardin c’était pas DU TOUT notre cam’ (je ré-essaie toujours tout les 2-3 ans, mais non, ma main verte reste bleu). Y a qu’à voir mes tulipes, toutes mortes, restent des tiges. Et on se souvient tous des Yuccas décédés en Bretagne …

C’est là que je me suis dit, okay, alors on va consommer bio. Mais du vrai bio français (parce que le bio étranger, tout ça…)

Les conséquences

Quand j’ai annoncé (en plein repas) qu’on allait arrêter de consommer des produits issus du F1 et qu’on ne choisirait QUE des fruits et des légumes bio, j’ai été absolument incomprise. Pas parce que mon homme s’en fou hein, mais parce que hier encore je faisais un caprice pour manger les fruits que je voulais quand je voulais. Ahem. (Ho hé, ça va, on évolue tous à notre rythme hein)

Une fois « le choc » passé, il m’a questionné sur le bien fondé de ma démarche, sur ce qu’il a surement considéré en première intention comme « ma nouvelle lubie ». Et puis, j’ai, tout d’un coup (l’art du teasing) expliqué que j’avais … UN PLAN !

NDLR : je voulais dire que I HAD A DREAM mais c’était déjà pris.

Je voudrais que nos enfants aient la connaissance des fruits et légumes, la culture des produits de la terre et qu’ils comprennent les enjeux politiques et économiques qu’il y a derrière le fait de choisir tel produit, plutôt qu’un autre.

Je voudrais qu’ils sachent que ce n’est pas normal de trouver de l’ananas au Super U à Noël, ni des oranges en aout. Je voudrais qu’ils sachent que la Noix de Coco, on n’en cultive pas en France. Mais leur dire ne suffit pas (pour moi, aujourd’hui) je veux qu’ils vivent les choses.

Je ne les emmène pas voir des orques à Marineland parce que je ne considère pas que ce soit la place des orques d’être à Antibes. Je ne vais pas au cirque parce que je ne crois pas que les Lions ont quoi que ce soit à voir avec ceux qui sautent dans un cerceau. Ces « principes » moraux, pèsent dans l’enjeu économique de ses deux entités. Je n’encourage pas leur action financièrement.

Je crois aujourd’hui (chacun son rythme, je n’ai pas toujours pensé comme ça, par exemple, j’ai longtemps cru que les zoos, les parcs aquatiques étaient le lieu idéal pour faire découvrir aux gens l’animal et préserver les espèces) que je dois, en tant que parent, transmettre la valeur de l’habitat naturel et du respect de celui ci. L’habitat naturel de la Banane n’est pas Carcassonne, vous l’aurez compris.

Les questionnements

Je ne sais pas si c’est réalisable. Aujourd’hui, je ne sais pas (demain, peut être?) si je peux du jour au lendemain changer mes habitudes, parfois mauvaises, et permettre à mes enfants de ne manquer de rien tout en leur transmettant le gout du bien fondé de ma démarche. Le but n’est pas de les frustrer ! Mon fils comprendra t -il qu’il n’y ait plus de bananes à table ?

Quand j’étais gosse on ne voyait de l’ananas que rôti au barbecue en juillet/aout. Le reste de l’année, ma mère l’achetait en boite, au sirop. Et c’était pas bon je n’aimais pas ça. L’ananas ne me manquait pas le reste de l’année.

J’ai décidé de commencer par apprendre. Je me suis donc mise en quête d’un tableau sur les fruits et légumes de saison, déjà pour aller voir par la lorgnette ce que nous proposent les magasins (y a peut être une étale « de saison », je cherche encore) et ensuite pour vérifier l’impact de la saison sur le prix (je trouverais logique que les oranges françaises soient moins cher en hiver qu’en été – est ce vraiment le cas ? Ne cherche t on justement pas à faire payer les « bons » consommateurs ? Je pose la question, je n’ai pas – encore – la réponse)

Voici un calendrier pdf – vous trouverez d’autres versions sur internet – mais j’aime bien celle là, elle est issue de Mes courses pour la planète

(PS : Enregistrez le pdf avant de l’imprimer depuis votre ordi, sinon il y a une partie mangée – ce que je n’explique pas)

Au mois de mai on ne mange pas d’agrumes !

Le calendrier est validé à 90% par le Dragon. Il s’oppose à la « récolte des pruneaux » (bah oui, si vous récoltez des pruneaux vous êtes super balaises hein…) et au fait qu’on trouve des citrons/oranges/pamplemousses en France en Hiver (trop peu de production française, même en comptant la Corse, 80% est issu de l’importation). Ha, et aussi, si vous cultivez vous même votre jardin, vous aurez vos asperges en mai seulement, ailleurs que chez vous elles sont récoltées précocement en France pour arroser les magasins en mars, avril et mai.

J’ai donc décidé de tenter l’expérience. (Gwen se réveille, volume 1) et je commence donc avec le mois de mai. J’ai bon sur les fraises (j’ai même un fraisier fait maison qui nous attend au gouter – bon, elles ne sont pas bio mais promis la prochaine fois, je fais attention – F1 j’aurais ta peau !) sur les carottes, sur les courgettes, les oignons et les pommes de terre. Je n’ai pas bon DU TOUT sur les tomates et les poivrons, que j’achète toute l’année – achetais donc – merde !

Les poivrons par exemple, j’envisage, parce que j’adore vraiment ça, d’en acheter l’été, les laver, les congeler et les utiliser toute l’année. Haha. La blague. Donc en fait, je vous fait un speech sur le consommer bio de saison et en fait je vais acheter et congeler pour continuer tranquillou de consommer du poivron en mars si je veux. Vachement de saison le poivron en mars. Oui mais s’il est acheté à la bonne saison ? Bio ? En France ?

Tout est là. Chacun sa conscience, son éveil et son rythme. Il n’y a pas de tout ou rien. On peut avoir son jardin, sa chèvre, son cochon, ses toilettes sèches et … prendre en photo ses tulipes avec son i phone nouvelle génération. On peut rouler en Porche et consommer bio et local.

Chacun fait, fait, fait … ce qu’il lui plait, plait plait …

Et ça tombe bien, on est en mai.

NDLR : je continue de penser que tant que chacun fera ce qu’il lui plait, la planète souffrira, et les générations futures aussi. Je suis de celles qui pensent qu’il faut revenir sur les plaisirs égoïstes personnels pour satisfaire un besoin de survie communautaire. J’ai dit qu’il faut, pas que c’est ce que je voulais. Tout est là.

Edit du soir (espoir) j’ai trouvé cette petite pépite vidéo qui explique bien les hybrides F1 et le problème de la souveraineté alimentaire (que je n’ai pas du tout abordé volontairement parce que je n’avais pas encore toutes les données)

Une réponse à “F1, les toilettes sèches, la Porsche ou l’histoire des tomates en mai.

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