Il y a presque 4 ans, la naissance de mon petit Prince

Le dimanche 4 avril, je me confiais (encore) à une amie sur le fait que je n’avais pas le moral, le terme approchait (le 7) et je ne comprenais pas que ce petit bout que j’invitais à nous rejoindre ne daigne pas pointer son nez alors que sa soeur avait débarqué 10 jours avant la date prévue !

Nous avions fait une grande ballade avec notre Aînée cet après midi là, près de 2h de marche au grand air, c’était très agréable, et pas une contractions à l’horizon le soir au coucher.

Lundi 5 avril, vers 3h, je me lève pour faire pipi et je sens que ça me tiraille un peu façon macdo mal digéré et gastro carabinée … je trouve quand même le moyen de me rendormir !

4h, aîe ! Et ça revient souvent. Je me dis que je vais attendre une bonne demi heure avant de réveiller mon homme.

Tu parles Charles, 10 min plus tard je me rends compte que ça travaille bien et fort. Allez, je réveille le Dragon avec un bisou, en lui disant qu’il a le temps pour un petit dej’.

4h15, non, pas de ptit dej’ chéri, finalement j’ai trop mal, je contracte sous les 5 minutes !!!

On réveille notre grande fille, qui nous dit de suite « ayé, maman elle va chercher tifrère ? » En 10 minutes, la puce est chez la voisine et moi dans la voiture.

Dans la bagnole je sens un truc couler, je textote une copine, je pense que c’est les eaux !

Je supplie mon homme de rouler vite (et dire que j’ai horreur de la vitesse), il fera la route à 160km/h, en prenant quand même le soin de m’aider à respirer (visualisation de la bougie toussa)

On arrive devant la maternité, mais porte fermée, merde, c’est la nuit, faut passer par les urgences, à l’autre bout. Et moi qui suis scotchée par les contractions je me demande si je vais pas le mettre au monde sur le parking

Arrivés aux urgences:
– c’est pourquoi ?
– ho bah c’est pour un oeuf de Pacques en retard …
– pardon ?
– bah là je vais accoucher

On nous conduit à la maternité, on bipe les SF, jour ferié, c’est le desert ici.
La SF m’envoie faire pipi, je m’en met partout (j’avais pas mon gobelet)

Elle m’examine, je suis à 5 et il est 5h (Paris, s’éveille) – waw le signe pour pas oublier !

Pas de perte de liquide, le col bouge, je saigne.

Elle me propose de profiter du ballon et là c’est une vraie bulle que l’on se créé avec mon chéri,  lumières baissées, il se place assis sur le lit, je pose mes bras sur ses cuisses, il me masse la nuque, je gère bien avec la respiration mais put*** je douille quand même !

D’un coup ça s’accélère, mon homme se place derrière moi, me masse le bas du dos, me chuchotte des mots d’encouragements, je repense aux recits de naissance à la maison, je visualise les vagues, pensez positif, chaque contraction me rapproche de mon fils. Je suis très concentrée, mais très sereine.

6h00, j’enchaine des vomissements, mon amoureux me tiens les cheveux. Punaise, je crois qu’on a échangé mon homme avec un autre. Je le reconnait pas. Je suis fière de lui. Je love la tête dans son cou, je le respire. Je l’aime. Je suis apaisée par son odeur.

La Sf reviens à ce moment là, elle me propose la péri.
On en discute entre nous, j’ai peur que ce soit encore long, et les contractions se font assez violentes. Je pense manquer de force. Mais j’ai bien géré jusque là, je suis contente.
J’accepte la péri.

En attendant je squatte encore le ballon, l’anesthésiste faut le réveiller donc ça attendra quand même un peu.

Je commence à accompagner mes contractions par des bruits sourds. Qui viennent du ventre. Je repense à tous ces recits sur les forums, je visualise le col, le bébé, je pense positif, surtout ne pas paniquer, ne pas se braquer, ne pas refuser la douleur, l’accepter, l’accompagner.

L’anesthésiste arrive à 6h45, je dois remonter sur la table, pieds dans le vide, faire le dos rond. Je m’appuie sur deux SF en hurlant à chaque contractions, je n’arrive plus à respirer, on me colle un masque qui me file la gerbe. Cela ne soulage en rien, mais put*** ça m’énerve de l’avoir contre moi de force.

L’anesthésiste n’arrive pas à piquer, ça me fait mal.
Et Plop, la poche des eaux se romps, le liquide est teinté, j’en fous partout par terre, balot pour les chaussures des SF …

L’anesthésiste arrive enfin à piquer sauf que je sens que ça pousse. Je le dis à la SF, pas le temps pour l’anesthésiste de finir,  il râle d’être réveillé pour « rien » un lundi de Pâques, pas le temps d’injecter le produit, on rappelle mon namoureux, on y va, je pousse, je crie, je me sens déchirée mais je plaque ma main contre mon sexe, et je sens les cheveux, mon homme me dit qu’ils sont noirs. Il m’encourage. Moi j’en peux plus, je gueule que j’y arrive pas, que c’est trop dur. Et la SF m’encourage, mon homme aussi. Je visualise ce bébé qui sort.

7h02 il glisse hors de moi, mon fils est là (waw, le choc, c’est exactement la même tête que sa soeur), je l’embrasse. Mais quelque chose ne va pas, je supplie mon homme de le suivre, de pas le laisser.

Il sera aspiré et un peu oxygéné. C’est qu’il a avalé du liquide et que l’atterrissage a été rapide pour lui aussi.

On s’occupe de moi pendant ce temps là, on me recoud, je sais pas de combien de points, (j’ai su a la visite des 6 semaines, 8 points !) je m’en foutais en fait, mon homme me rapporte le poids 3kg420 et la taille 51,5 cm et qu’il va bien. Je l’entends crier de l’autre coté.

Je n’arrête pas de pleurer, la Sf me console, j’ai accouché sans péri. Je l’ai fait. Enfin, on l’a fait. Mon homme, mon fils et moi on a accouché. Ensembles.

_____________________________

Presque 4 ans plus tard, à l’heure de remettre ça,  c’est ce recit que je relis, qui me permet de refaire face au combat qui se prépare,  à la tempête qui s’annonce.  Parce que c’était bon, c’était bien, et pour le coup la douleur je ne m’en souviens pas …

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2 réponses à “Il y a presque 4 ans, la naissance de mon petit Prince

  1. L’accouchement sans péri, j’ai connu, loin d’être aussi magique, mais comme toi, j’ai toujours considéré qu’ON avait accouché tous les 3 Papa, Maxi et moi.
    C’est fort, intense, riche, ton récit. Accouchement éclair, naissance dans une bulle, ça rattrape l’accouchement n°1 long et tumultueux. Traîne pas trop pour aller à la mat’, pour numéro 3 😉
    Est-ce bien utile de te dire que je te souhaite une naissance merveilleuse ??

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