2014, l’année qui fait flipper avant d’y être

Cela devait être une super année.
Celle de la naissance de notre troisième enfant.
Celle de mon congé parental.
Celle des démarches d’expatriation.
Celle d’un meilleur confort matériel et financier.
Celle de la promotion professionnelle du Dragon.

Je n’arrive plus à penser positivement à mon bébé.  Parce que je n’arrive plus à penser sans pleurer.  Parce que la décision de cette nouvelle grossesse a peut être été un premier symptôme de la dépression de mon mari. Parce que je ne me sens pas capable d’assurer sur tout les fronts. Parce que je ne sais plus si mon mari sera capable d’assumer son rôle de père.  Parce que j’ai peur d’être seule face à un homme que j’ai cru connaître et qui était sans doute déjà malade. Parce que j’ai peur de le perdre s’il ne se soigne pas. Parce que j’ai peur qu’il s’en aille s’il se soigne. Parce que je dors 3h par nuits depuis 3 jours. Parce que je pleure à chaque fois que je suis seule dans une pièce.  Parce que j’ai peur d’affronter le regard de mon mari. Parce que je me sens responsable de cet état.  Parce que je me sens incapable de l’aider.  Parce que je ne sais pas quoi dire aux enfants.  Parce que j’ai peur que ça leur nuise. Parce que je ne sais pas comment faire face. Parce que j’aimerais croire que les medecins se trompent. Parce que je préfère dire à mon homme qu’il est normal de deprimer après son algodystrophie qui l’a cloué à la maison près de 12 mois. Parce que même si cette fois son genou le laissait tranquille, il a peu de chance de retrouver son emploi dans les semaines à venir.  Parce qu’il va falloir assumer financièrement notre famille.  Parce que les pertes de repères sont traumatisantes pour un dépressif.  Parce que j’ai peur que ce diagnostic l’enfonce encore plus. Parce que j’ai peur que sa dépression entraîne la mienne.  Parce que j’ai peur que notre bébé ne réussisse pas à faire notre bonheur.  Parce que j’ai peur de ne pas arriver à la dissocier de la dépression de son papa. Parce qu’elle doit ressentir tout ce que cette famille ressent depuis quelques jours. Parce que je ne sais pas si on verra le bout. Parce que j’arrive pas à arrêter de pleurer. Parce que j’ai envie que tout redevienne comme avant.

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4 réponses à “2014, l’année qui fait flipper avant d’y être

  1. j’écoute ton désarroi, et je le comprends, continue de parler
    Fais-toi aider pour mieux dormir aussi, en étant enceinte pas facile les somnifères je sais mais pour une fois… (il y a des cas où la maladie d’une future mère fait qu’on donne des médocs qui ne sont pas super pour le bébé….)
    laisse le temps faire, dur quand on est dedans…
    sois optimiste, tu l’es toujours !!!continue ça !!!!
    je t’embrasse et t’écoute, et je pense à toi, je prie pour toi à ma façon

  2. La dépression, je connais. Elle est traitre, tu l’as sens pas venir. Tu ne t’en rends même pas compte toi même avant que des signes apparaissent pour toi même et les autres. J’ai su que j’avais un problème, le jour où je suis resté sur ce quai de métro pendant des heures a regarder les trains passés et à me demander ce que ça ferait si je n’étais plus là. La vie serait tellement plus simple pour tous le monde, mes parents arrêteraient de s’inquiéter pour moi, mon mec pourrait avoir des enfants et être surement plus heureux et moi j’arrêterais surement de me poser des questions et de faire travailler mon cerveau.
    Je fais semblant que tout vas bien, alors que non tout va pas bien. J’ai trainé ce poids du chômage sur mon dos pendant 3 ans et demi, en attendant des tas de conneries débitées par une conseillère PE plus dépressive que moi, j’ai un travail sympa dans un quartier tout pourri, je lutte tous les matins en cherchant une idée positive à laquelle me raccrocher  » je devrais pas me plaindre j’ai été 3 ans au chômage, ce boulot c’est une chance » .
    Je suis angoissée, stressée et anxieuse. Je déménage dans un endroit bien, c’est la campagne, loin de la ville, prés des champs et de ma famille surtout mais rien me dit que tout sera parfait parce que ce ne sera pas parfait, on va être a 1h10 du taff Je n’ai aucune idée de ce qui m’attends la bas, ça peut rapprocher mon couple comme ça peut notamment le détruire et en ce moment mon couple au niveau solidité c’est pas ça, parce qu’il veut des enfants et que j’en aurai jamais.
    Alors tous les jeudis soir, je vois quelqu’un, je lui parle, elle m’écoute, elle écrit, mais je m’en fous car quand je sors de ce rendez-vous, je me sens bien, apaisée, sereine, jusqu’à la prochaine pensée que j’aurai. Je me cache, je dis a tout le monde que je vais bien, ma vie est géniale, c’est plus facile, les gens ne te posent pas de questions quand tout va bien, tout le monde a son poids à porter sur les épaules.
    Tu vas être pour la 3e fois, maman, tu es une maman géniale. Profite de cette chance que tu as, de pouvoir avoir des enfants car malheureusement nous n’avons pas toute cette chance. Tu es une maman formidable, je le vois tout ce que tu fais pour tes enfants, quand je te vois, je pense a ma maman qui nous a donné tellement de choses et apporté tellement de joie par tout ce qu’elle a fait pour nous. Tu es exactement comme elle. Moi, je suis fière de ma maman et je pense que tes enfants aussi.
    Pour l’instant, occupe toi, de toi, de tes enfants et de cette grossesse. C’est normal de se poser des questions, 3 enfants c’est dur mais ma mère en a eu 4, elle a souffert mais elle y est arrivée même avec un père quasi absent (j’ai un papa mais il ne s’est jamais occupé de nous quand on était gamin). A tes enfants, tu peux très bien leur dire que Papa est fatigué, il a des soucis de santé et t’es enceinte. Il doit être affecté par cela, T’es enceinte et il est malade, il doit se sentir impuissant, il ne peut pas t’aider, ni t’épauler.
    Fais toi des sorties avec les copines de temps en temps en laissant homme et enfants. C’est une mauvaise période, les fêtes de fin d’années surtout le jour de l’an, déprime tout le monde. En ce moment, c’est stress + boulot + Fêtes et déménagement, je n’arrive même pas a me reconnaître tellement je suis fatiguée, blasée, énervée et agressive. Je peux être contente et deux min après te rentrer dans le lard et me mettre à pleurer
    Bisous ma jolie Fée. Quand ce bébé sera née, tu seras bien contente car c’est un bébé que vous avez désiré tous les deux, ne l’oubliez pas 😉

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