L’art de la prise de risque : rompre avec ses beaux-parents !

Les BP, c’est quand même un concept assez fascinant ! On aurait de quoi en parler pendant au moins 100 ans. Les bons, les généreux, les gentils, les méchants, les graveleux, les violents, les emmerdeurs, les hypocrites, les menteurs …

Bref, on est pas là du tout pour parler des BP, mais plutôt des dommages collatéraux que rompre avec eux peut occasionner. Mais si vous voulez rompre avec eux, ou du moins essayer, je vous conseille ce livre :

Donc le dégât numéro 1 c’est le jour du clash, là où vous décidez de rompre. Le lieu n’est jamais choisi, on décide rarement de rompre avec ses parents, on le vit, on peut le subir aussi parfois et on l’impose à l’instant x souvent non prémédité ! Donc oui certains objets volent, on crie beaucoup, ça peut réveiller les enfants (les voisins aussi) et parfois, des gens totalement hors de toute l’histoire assistent bêtement et impuissants à la scène !

Le dégât 2 c’est le sentiment d’être le roi du monde (plus fort que Dicaprio) quand la phrase « je vous emmerde, on ne se reverra plus jamais » est sortie. Ce sentiment d’euphorie, de fierté, de toute puissance qui vous étreint. L’adrénaline y est pour quelque chose, les nerfs sont à fleur de peau, on tremble et on pourrait traverser la Manche à la nage. Nous on a juste traversé la France en voiture grâce à l’adrénaline ressentie (et un peu grâce au café qui nous a tenu éveillé – ha oui, nous on a rompu à 23h, donc il a fallu partir de suite hein…). Le dégât que peut occasionner l’adrénaline c’est donc cette prise de risque sur laquelle on va jouer, ce sentiment d’être intouchable et imprenable, l’envie de se retrouver un cocon et de s’enfermer dedans ad vitam eternam.

Le dégât 3 c’est les autres. La famille. Qui ne comprend pas, qui comprend un peu mais pas tout, qui t’en veut, qui te trouve irrespectueux, qui trouve la situation ridicule, qui trouve ça dommage, qui trouve ça con, qui te dit que t’es bête, que tu regretteras et qui tente une fois par mois de te faire changer d’avis pour que le prochain repas de famille soit éclairé de ta présence.

Alors là, au choix, nous on a commencé gentiment « j’ai pas du tout envie d’en parler, si tu viens pour ça tu peux partir » puis, échelon 1, « non je ne veux pas leur parler, ça sert à rien ». Échelon 2 « je n’ai pas envie que tu me parles d’eux ». Échelon 3 « je fais comme si ils étaient morts alors ça fait bizarre quand t’en parles » Et le stade 4, celui que nous découvrons en ce moment « continues de t’immiscer dans cette histoire et on ne se verra plus non plus ».

La sœur, le frère, ça tente souvent de rabibocher tout le monde au nom de la sacrosainte « fête de famille ». Et ça craint. NON, tu n’as pas envie d’y aller, t’as rompu, t’as rompu. Et puis ça fait 1 an déjà que le zéro nouvelle, zéro visite, zéro coups de fil tu le savoures pleinement, t’as pas vraiment envie de retomber dans ce qui a été un enfer pendant toutes ces années où tu en avais des beaux-parents…

Et puis la fête de « famille » c’est pour la … FAMILLE ! On a passé l’âge de supporter des gens qu’on n’aime pas pour la « famille », alors MERDE ! On ne va pas se forcer à sourire à des « gens » sous prétexte de respect familial. c’est nul ce truc du respect, c’est comme cette histoire d’amour éternel. Mais qui est l’humain qui peut dire « je suis ta mère tu dois m’aimer, je suis ton père tu dois me respecter » ??? Le deuxième se négocie (j’apprends à mes enfants à respecter tout le monde) mais alors AIMER sous principe de parentalité je trouve ça d’un absurde !

Faire l’effort de parler, d’expliquer, de raconter 20 fois pourquoi tu as rompu c’est chiant ! Chiant parce que personne ne comprend du premier coup, et qu’il faut détailler, pourquoi, comment, et « c’etait quel mot exactement que tu as utilisé là pour lui dire que tu saturais ?  » …

Non, nous n’avons plus d’énergie pour nous réconcilier, car on sait qu’en face il y a un mur qui a toujours raison, et qu’il y a des rancœurs qui date de la petite enfance, et que le pardon c’est un joli mot mais qu’on ne peut pas faire table rase puisque les pics de la belle doche et autres insinuations mesquines feront que ça reviendra encore et encore sur le tapis, à la prochaine fête de famille justement. Donc ça re-clashera. Encore.

Et à ceux qui m’accusent de priver mes enfants de leurs grands parents, je répondrais que justement, je les prive de clash, parce que c’est destructeur les conflits familiaux et les non dits, c’est destructeur de voir des adultes se foutrent sur la gueule et se réconcilier 3 semaines après comme si de rien était, pour mieux se refoutrent sur la gueule le mois suivant … C’est juste horrible à vivre.

Je les prive d’une violence morale et psychologique qui s’exerce là bas, je les prive des sourires malsains et des mains indélicates capables de faire mal. Je les prive de leurs grands parents, oui et alors ? C’est quoi un grand parent ? Parce que ma voisine ferait un très bon grand parent et pourtant il manque un lien sanguin, qui à priori, pour certaines personnes est MEGA SUPRA important … Pas pour nous, pas pour moi !

Alors non, ce n’est pas tout les jours faciles à vivre d’avoir rompu, surtout quand on essaie d’expliquer le choix de son mari, qu’on les soutient aussi (le choix ET le mari) et qu’on nous prend pour Mère Térésa qui pourrait essayer de faire l’effort de tout arranger. Je ne suis pas Hermione Granger, j’ai foiré mon BAC baguette magique.

On vit sainement, justement, on a gagné en maturité, en vie sereine. Mon homme va bien, il est émancipé, il est heureux et apaisé d’avoir éloigné les tempêtes de notre vie. J’ai le sentiment d’avoir mis mes enfants en sécurité, de les protéger d’une certaine façon de ce qui pourrait être effrayant et les rendre malheureux à terme. Et moi je me sens fière de mon mari, qui aura attendu sa trentaine pour dire ce qu’il ressent et ce qu’il pense à ses parents.

Alors oui, dégât 4 s’il en est, c’est le désarroi des autres. Ceux qui ne jurent que par une réconciliation. Ceux qui te répètent que tu regretteras « s’il arrive quelque chose » et ceux qui te menace à coup de culpabilité « mauvais fils, fils indigne ». Souvent c’est les mêmes qui te disent que tu es un mauvais parents puisque tu prive tes enfants de la présence des GP… Mais ils souffrent les autres justement. La sœur, le frère, les impuissants devant le gouffre qui sépare l’unité « parents » et l’unité « enfant émancipé ».

Ils ont mal de ne plus avoir ses fêtes de famille, te demande de faire l’effort alors qu’ils savent, au fond (des fois très très au fond) que ça ne servirai à rien de te forcer puisque tu as raison de fuir le clash qui pend à ton nez ce jour là… Ils ont la souffrance des enfants qui ne se voient plus, se réclament et se manquent. Ils ont mal de cette distance. Tu peux préserver ce lien jusqu’à un certain point, mais sache que rien ne sera plus jamais comme avant …

Même si, honnêtement, c’est bien mieux qu’avant…

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13 réponses à “L’art de la prise de risque : rompre avec ses beaux-parents !

  1. Rhoooo c est pas ce livre la haut que tu présente que je vais lire mais c est ton article que je vais lire et re re lire !!!!
    Il fait du bien 🙂 je vais enfin me sentir moins coupable !! Aujourd’hui je dis STOP !! Aujourd’hui je ne suis plus coupable de leurs sonneries !
    Milles merci pour ce merveilleux partage 🙂

    • De rien !!!! Surtout tu sais, ne culpabilise JAMAIS, vraiment. Regarde toi dans un miroir et sois fière de l’avenir que tu choisis pour toi et tes enfants. Ce sont eux ta famille.

  2. La continuité de mon billet 😉 en effet la pression extérieure est super lourde. Mais elle est toujours moins pénible que la présence des bp …. Super que ton chéri se sente mieux !!!

  3. c’était le cri du jour à part ça ça va lol

  4. Ben tu vois moi je suis dans une autre situation c’est celle où la rupture te pourri la vie, la rupture te fait tout faire à double et là où t’en peux plus de la rupture elle te fout les boules te fait détester au final plus qu’aimer te met en colère te fait même des fois prendre du poids, te prends le choux, t’énerve, te complique la vie. J’en suis là où la rupture laisse une amertume une incompréhension, de la colère et je crois qu’au fond ça me restera en travers toujours! **laisse tomber on arrive au mois de mars, le mois où la rupture complique tout et où je sature parce qu’au fond je suis le sujet de la rupture et que donc ça me rabaisse plus bas que terre je me sens pire que de la m***donc la rupture c’est le sujet qui fâche parce que moi j’ai décidé de pardonner et pas eux

  5. J’ai foutu ma mère et ma soeur hors de chez moi y a 2 semaines…
    C’est recurrent, je laisse la porte entrouvert et elles s’y faufilent… Mais a mon avis, vu le clash et le virage de la maison, je crois qu’elles ont compris!

    Bref, je comprends aisément et j’avoue que je m’en bats complet le coquillard des « liens du sang »!

  6. Merci à Hellocoton de m’avoir fait atterrir ici !
    Rompre ou ne pas rompre, telle est la question. Je m’en vais trouver ce bouquin !!

  7. Avec l’option « cape d’invisibilité », le BAC, c’est dans la poche ^^

    Bon courage !

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