De l’importance de la peur dans les histoires et les dessins animés

Journée ordinaire, des enfants chez moi, je lance Raiponce.

La maman des enfants me fait remarquer que c’est ultra violent. Le vieille bique qui poignarde le jeune amoureux, qui tombe de la tour, les méchants brigands qui font peur …

Moi ça ne m’a pas marqué, ni ma fille. Mais ça m’a donné envie d’y réfléchir.

Parce que même dans les bisounours y a des méchants !

Dans les contes de notre enfance, genre Charles Perrault, on en trouve des trucs assez horripilants:

Le petit poucet c’est quand même des gamins abandonnés qui se retrouvent face à un orgre (ogre qui égorge ses filles)…

Le petit chaperon rouge : un méchant loup qui bouffe mamie, enfant et pot de beurre. Youpi.

Peau d’ane : le père incestueux, hum, trop cool.

La peur, c’est mega important. De tout temps, on raconte des histoires aux enfants. pas pour leur faire peur gratuitement, mais pour préparer les intentions à la vie d’adulte. On prépare nos enfants aux dangers :

Tu sors du bois alors que c’est interdit : le loup te mangera !

Une métaphore pour expliquer que les marginaux ne gagnent rien, au contraire. A sortir du rang, du moule, on est perdant. Si tu désobéis (ne met pas tes doigts dans la prise, n’escalade pas le toit de la maison, ne mets pas de clou en bouche) tu risques ta vie !

Pinocchio t’aide à expliquer à ton enfant qu’il ne faut pas mentir etc …

La peur est un instinct de protection. Elle est nécessaire pour développer l’instinct de survie, de préservation.

Alors non, ne me fais pas dire ce que je ne t’ai pas dit, il ne faut pas faire peur à ton enfant gratuitement, elle ne doit pas être la FIN mais le MOYEN !

L’utilisation de la peur, dans ces formes métaphoriques, dans les contes ou les dessins animés, est utile au développement de la nuance du Bien et du Mal, du développement manichéen de l’enfant.

On veillera à adapter les méchants à l’âge de l’enfant, et à expliquer ensuite le message caché. Un debriefing est important pour tout remettre dans le contexte (on ne se marie pas avec son papa, personne ne peut te forcer à te marier, à faire des bisous et à instaurer le dialogue etc etc)

Tiens et tu peux aussi regarder ce qu’on peut dire des comptines pour enfant, c’est chez Devine Qui vient bloguer !

18 réponses à “De l’importance de la peur dans les histoires et les dessins animés

  1. je hais freud. Désolée.

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  2. C’est marrant, j’ai un peu étudié ça en cours la semaine dernière.
    La différence entre mythe, et conte, comme quoi les contes de fées permettent l’intégration du « moi » freudien… L’aide à la construction personnelle, à la prise de conscience des valeurs, etc …
    Super intéressant !

    Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim. Si ça t’interesse =)

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  3. Moi non plus je suis pas fan de la pub pour les produits laitiers, et comme tu dis, on n’est même pas sûr que ça nous fasse tant de bien que ça !

    Pour Raiponce, j’ai juste vu l’angoisse dans les yeux de ma fille quand Raiponce se retrouve dans la gargotte avec les bandits, sinon, nickel. La maman qui trouve cela ultra-violent, je pense qu’elle n’ouvre jamais la télé devant ses enfants, alors…car on ne peut malheureusement plus y échapper, malgré une grande vigilance. Même notre amie Martine (pas Aubry LOL, Martine de Marcel Marlier) dévoile son côté obscur dans les albums récents : colère, bouderie, etc…Bouh la méchante ! Je le dis, Martine c’est ultra violent, surtout quand ses parents la laissent toute seule s’occuper de Bébé Alain (ça aussi, c’est violent, les prénoms LOL) Re-LOL

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    • ho putain mais carrément, Martine fait le ménage ça c’est la violence urbaine madame !
      et sinon apparté, la maman en question privilégie d’autre DA, les enfants sont + jeunes que ma grande habituée aussi 😉

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  4. Nan mais z’avez rien compris, cette pub aussi c’est un conte: elle répond à la question profonde de la vengeance et illustre la maxime « La vengeance est un plat qui se mange froid ». Il l’a bien cherché ce gros relou de loup, depuis le temps qu’il bouffe des cochons et des mères-grand!

    Poussez pas –>

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  5. Je pense que la violence et les méchants dans les contes sont importants car ils structurent l’enfant (bien/pas bien) mais servent aussi d’exutoire.

    La pub pour les produits laitiers m’insupporte ! Le loup ne leur a rien fait et se fait tabasser par 3 vandales au corps flippant !

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  6. Tout à fait d’accord avec toi Cambroussienne! Effectivement leur notion de ce qui est effrayant ou non est très différente de la nôtre: tout simplement parce que nous, adultes, avons des « référents » de la peur, nous avons traversé des peurs à plusieurs reprises et avons identifié que telle chose est effrayante et l’autre pas, alors que les enfants partent vierges de tout a priori. Et du coup, leur réaction peut être très différente, voire être incomprise des adultes. J’ai vu une fois ma tante dire à son fils qui avait eu peur d’un bruit « bah pourquoi tu as peur? Ca fait pas peur ça normalement! ». ben la preuve que si!

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    • l’environnement, le conditionnement, la culture aussi.
      rien que le nombre d’adultes qui ont la flippe des requins alors que concretement à paris, tu risques pas grand chose ^^ les enfants les voit comme un poisson lambda 😉

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  7. Dans Émilie Jolie, il est dit que « dans tous les livres où il y a une sorcière, il y a un prince : pour l’équilibre » (je sais, j’ai des références culturelles top-niveau 😉 ).
    Plus sérieusement, j’ai remarqué que parfois, ce qui peut paraître effrayant pour un enfant comme une scène où les méchants rient de leurs prochains méfaits peut, à leurs yeux, ne pas l’être. A contrario, une scène où un simple mendiant au faciès indélicat fait l’aumône peut effrayer… Peut-être serait-il également l’heure pour les dessins-animés & contes de ne pas systématiquement mettre sur un piédestal la beauté comme critère du bien…

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  8. Hello!

    Il est très bien cet article, c’est important de remettre ça en place parce que beaucoup de monde voudrait supprimer la peur de la vie des enfants, or, ce serait une grosse erreur tant elle est constructrice effectivement!

    Mais pour ma part j’aurais tendance à dire qu’il ne faut pas spécialement expliquer le message caché: le plus souvent ce n’est pas nécessaire, sauf à la demande expresse de l’enfant par exemple. Je me suis beaucoup intéressée aux contes et aux berceuses pendant mes études, et je me suis notamment penchée sur la psychologie des contes de fées, ce que les contes engagent chez les enfants etc.

    On remarque, notamment, que selon les âges les enfants réclament toujours la même histoire, 10, 20, 50, 100 fois. Non pas qu’ils aiment l’histoire en elle-même, mais les questions auxquelles elle répond, sans qu’on leur explique (ils peuvent avoir un an, deux ans, 10 ans). En fait et comme tu le soulignes dans l’article, l’inconscient collectif est pavé d’angoisses intérieures, telles que la peur de l’abandon, l’inceste, la mort, l’oedipe etc. C’est moins vrai aujourd’hui car les histoires tendent justement trop à être « non-violentes », mais les enfants trouvent dans les contes traditionnels et les berceuses (exemple en Afrique où certains berceuses sont presque gores!) des réponses « silencieuses » à leurs questions profondes. Une fois que la réponse est assimilée, ils passent à une autre histoire favorite, et ainsi de suite. Il est même bon de les laisser intégrer la réponse seul, sans verbaliser le sens du message: ainsi ils distinguent les grands concepts (le bien, le mal, la solitude, l’abandon, la jalousie etc) par leur propre intellect, sans recevoir un message d’explication qu’ils intégreraient ensuite sans l’avoir créé eux-même.

    Si l’approfondissement de ce sujet t’intéresse, je te conseille vivement la lecture de deux livres:

    – Femme qui court avec les loups, de Clarissa Pinkola Estès, qui traite du mythe féminin à travers les âges et notamment de la place de la femme dans le conte.

    – Psychologie des contes de fées, de Bruno Bettelheim, qui parle, comme son nom l’indique, de la dimension profondément psy des contes (et notamment des contes traditionnels, donc).

    Bon week-end!

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  9. Bah, contre le méchant loup, y a plus qu’à bouffer trois produits laitiers et les mômes pourront lui latter la gueule sans problème.
    Plus sérieusement, cette pub me hérisse le poil, je n’y vois qu’une apologie de la violence gratuite, et j’avoue que j’aimerais assez avoir l’avis d’une maman-qui-réfléchit dessus. Comme ça va je pense dans la continuité de ta réflexion du jour, tu pourrais me donner le tien ?

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    • cette pub m’horripile parce que

      – je suis très très mefiante de la propagande « produits laitiers » 😉
      – les trois cochons en os me foutent les petoches (on dirait des squelettes bordel!)
      – le loup c’est mon ami, et il est ridiculisé !

      🙂

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