Mulan, mon préféré

Croupi n’a pas aimé ce DA. Il a fallu arretter la bande après 12 minutes.

Tristesse et désarroi pour moi qui suis une méga fan raide amoureuse de ce DA.

L’histoire est inspirée d’une ancienne légende chinoise, relatant les exploits d’une femme guerrière ayant pris la place d’un homme dans l’armée. Si le thème général reste le même entre la légende et l’adaptation cinématographique, il y a tout de même de nombreux événements qui changent. Ainsi, dans le conte chinois,  Mulan part à la guerre avec l’accord de ses parents, alors que l’héroïne Walt Disney part à leur insu. La légende d’origine peut être consultée sur ce site.

Résumé :

Tandis que les Huns envahissent la Chine, dans un petit village, Mulan, une jeune chinoise, se présente auprès de la marieuse, qui va décider si elle est prête à être mariée ou non. Grand déshonneur pour sa famille, Mulan est déclarée inapte au mariage. Au même moment, des envoyés de l’empereur viennent au village chercher un homme de chaque famille pour servir dans l’armée. Mulan décide alors de prendre la place de son père, qui a été blessé lors d’une bataille ultérieure. Elle se coupe les cheveux, vole l’armure et l’épée de son père, et part au camp d’entraînement. Après un début difficile avec ses compagnons d’arme, elle finit par se faire apprécier et respecter pour son courage et sa force. Elle est aidée dans sa tâche par Mushu, un petit dragon, et un criquet.



Lors de la bataille contre les Huns, Mulan défait toute l’armée ennemie en déclenchant une avalanche. Elle est blessée, et son secret dévoilé. Son capitaine, Shang, lui laisse cependant la vie sauve, car elle vient de le sauver. Abandonnée dans la montagne, elle surprend quelques survivants huns qui complotent contre l’empereur. Elle rejoint alors la cité impériale, et avec l’aide de ses compagnons d’arme, elle sauve l’empereur et tue le chef des Huns.

Mulan rentre ensuite chez elle
Elle est rejointe par Shang, le beau capitaine, qui vient lui demander sa main.

Analyse

Ce film joue beaucoup sur les clichés féminins et masculins. Ces rôles sont très clairement définis, et Mulan transgresse tous ces stéréotypes. En découle le thème du travestissement et du déguisement, très exploité dans Mulan. La notion d’honneur est également très présente dans ce dessin animé, ainsi que l’intelligence.

Clichés

La différence entre la place de l’homme et de la femme dans la société est très explicitement exprimée dès la première chanson, Honneur à tous, où Mulan se prépare pour aller voir la marieuse. Les paroles de la chanson, démontrent très clairement les qualités requises chez une jeune fille parfaite. Le caractère et l’intelligence de la demoiselle ne sont même pas évoqués, alors que l’aspect physique et la passivité apparaissent. Je cite les phrases les plus significatives: « En te coiffant avec tant de goût/ Tu nous combleras d’honneur […], Les garçons aiment les filles/ Calmes et dociles, l’esprit agile/ fines et subtiles/ la taille gracile ». La femme est complètement écrasée par rapport à l’homme, son seul objectif est d’ épouser un homme convenable : « Quand une fille se marie/ Trouvant un bon parti/ Elle gagne la partie ». La femme parfaite est donc décrite comme une beauté (suffit de voir l’acharnement de sa famille pour rendre Mulan magnifique), une parfaite ménagère (l’épreuve de la marieuse consiste à servir le thé convenablement), et une mère au foyer (« Nous devons servir l’empereur/ Qui nous garde des Huns/ Les hommes en se battant/ Les femmes en enfantant »). En un mot, une femme-objet.

Mais ce cliché proposé est directement renié par la grand-mère ayant un caractère bien trempé, et Mulan, qui arrive à cheval de façon cavalière (c’est le cas de le dire), qui a plein de paille dans les cheveux, qui rechigne à se faire coiffer, qui semble plus intéressée au jeu joué par les vieillard sur la place que par sa préparation, qui défend la petite fille contre les garçons qui lui volent sa poupée et qui n’arrive pas à être identique aux autres femmes à marier. Dès le début, Mulan n’appartient pas au rôle de femme auquel elle est prédestinée, son échec auprès de la marieuse illustrant parfaitement ce propos.

Le cliché de l’homme apparaît un peu plus tard dans le film, quand Mulan arrive au camp d’entraînement. Les soldats sont des êtres brutaux et dégoûtants : ils se battent sous n’importe quel prétexte, se mettent les doigts dans le nez, se grattent les orteils avec leurs baguettes, reniflent bruyamment et exhibent leurs muscles. Nous sommes bien loin de l’univers raffiné auquel appartient Mulan. En voyant ces hommes, la jeune fille dit : « Ils sont dégoûtants », ce à quoi répond Mushu, le petit dragon : « Mais non, ce sont des hommes, tu devras te conduire comme eux ».

Ces soldats ont une idée très arrêtée du rôle de la femme, comme ils le démontrent dans la chanson Une Belle fille à aimer. Rien que le titre indique que l’apparence est l’un des critères dominants. Ils veulent également une femme qui les admire : « Moi je veux qu’elle admire ma force, […] Elles préfèrent l’allure d’un dur de dur en armure, […]Mon air viril me donne un style qui séduit leur cœur, […], Quand nous reviendrons dans des années, Tout couverts de lauriers, Nous trouverons, Une belle fille à aimer ». L’image de la femme au foyer apparaît également « Du moment qu’elle fait bien la cuisine ». Les soldats se moquent ouvertement de Mulan lorsque celle-ci leur propose une image de la femme plus proche d’elle, en valorisant le caractère de la femme. « Que diriez-vous d’une fille qui pense ? D’une grande clairvoyance ? ». Les soldats répondent spontanément « Noooooooon ! ». Ils ne sont donc pas encore prêts à apprécier une femme pour sa valeur intérieure. Cela va changer quand, plus tard, ils suivront le plan de Mulan qui consiste à tous se déguiser en femme.

Comme auparavant, où Mulan ne suivait pas les clichés qu’elle aurait dû adopter, elle ne se comporte pas non plus comme le reste des hommes. « Ce n’est pas parce que j’ai l’air d’un homme que je dois sentir le bouc », dit-elle. Nous verrons plus en détail cette non-appartenance au monde des hommes dans le thème du déguisement.


Finalement, Shang, le beau capitaine, acceptera Mulan, quoiqu’elle ne suive pas les clichés attendus des femmes, en disant « C’est un héros ». Propos repris par le conseiller de l’empereur qui garde son point de vue très stéréotype sur les femmes : « C’est une femelle, jamais elle ne vaudra quoi que ce soit ! ». C’est l’avis innovateur de Shang qui va prendre le dessus, puisque l’empereur renvoie son conseiller, pour offrir cette place alors exclusivement masculine à Mulan.

Le travestissement

Ce terme est à prendre dans le sens de déguisement. En effet, en plus de se transformer en homme, Mulan se « déguise » également en jeune fille à marier au début du film.


Dès sa première apparition, la demoiselle tente de se faire passer pour ce qu’elle n’est pas. Elle apprend par cœur les enseignements de la marieuse en essayant de s’attribuer des traits de caractère qui ne sont pas les siens. Fait illustrant bien cela, elle écrit sur son poignet les aptitudes requises par la dame marieuse « calme et réservée, avenante, polie, raffinée, posée et ponctuelle ». De même l’apparence physique dont elle est affublée ne lui correspond pas. Lorsqu’elle arrive à cheval, elle est naturelle, habillée simplement, pas maquillée, souriante, vive. Lors de sa préparation pour son entretien avec la marieuse, elle est lavée (symboliquement lavée de ses habitudes, de son caractère affirmé), habillée (on lui attribue une tenue qui n’est pas la sienne, tout comme les qualités requises par la marieuse ne lui correspondent pas), et finalement maquillée (symbole suprême du déguisement et du masque). À fur et à mesure qu’elle est transformée, elle perd sa spontanéité, son audace, son caractère trempé, et son sourire. La métamorphose est rythmée par la chanson « Honneur à tous », déjà mentionnée dans le paragraphe précédent. Mulan est donc changée en jeune fille parfaite, selon les critères de la marieuse, mais en échouant à l’épreuve, elle montre qu’elle n’arrive pas à se travestir, elle reste elle-même malgré le déguisement.

Plus tard, Mulan se déguise en homme pour partir à la guerre à la place de son père. La scène de transformation où elle prend la décision de partir et revêt l’armure de son père est l’une des plus belles scènes du film. Sans la moindre parole, tout est traduit dans le regard déterminé de la jeune fille, et dans la musique de Jerry Goldsmith. Mulan change de vêtement, c’est à présent une armure qu’elle porte, et elle se coupe les cheveux avec l’épée de son père.

Si elle parvient à duper tout le monde quant à son apparence, même son cheval, elle n’en garde pas moins son propre caractère. Elle n’arrive pas à prendre complètement la place d’un homme. Elle ne réussit pas à s’intégrer dans le groupe de soldats, Mushu doit toujours voler à son secours pour la sortir de situations compliquées. Elle finit par se lier d’amitié avec ses compagnons d’arme, mais reste toutefois fidèle à elle-même. Lors de la chanson Une belle Fille à aimer, elle est marginalisée par ses compagnons, qui ont une vision de la femme très différente de la sienne. Elle reste sensible sous son armure, comme l’atteste sa compassion envers Shang, qui vient d’apprendre la mort de son père.

Quand la supercherie est découverte, le châtiment décrété par le conseiller de l’empereur est la mort. Shang décide pourtant de laisser la vie sauve à la jeune chinoise, car celle-ci lui a sauvé la vie peu avant. Le comportement des compagnons de Mulan change radicalement, bien qu’ils soient toujours face à la même personne. Devant l’attitude dédaigneuse de Shang, la guerrière décrète : « Tu as fait confiance à Ping (son pseudonyme lorsqu’elle est déguisée en homme), pourquoi Mulan serait-elle différente ? »

Notons également que Mulan n’est pas la seule à avoir usurpé l’identité d’un autre : Mushu s’est fait passer pour le gardien de la famille envoyé par les ancêtres, alors qu’il n’en est rien, et Criquet, réputé être un criquet porte-bonheur, porte la déveine.

Finalement, grand retournement de situation, les compagnons d’arme de la jeune héroïne se déguisent en femmes pour s’infiltrer dans le palais et sauver l’empereur. Ils (ou elles, c’est selon), jouent de leurs charmes pour amadouer les gardes huns.

Si Mulan a dû se transformer en homme pour accomplir des exploits guerriers, ce n’est pas moins habillée en femme qu’elle sauve l’empereur et tue le chef des Huns. Elle apparaît enfin sous son vrai visage : elle est vêtue comme une femme, tout en gardant sa fougue, son courage, sa détermination, et sa force, morale comme physique. C’est avec son éventail, symbole suprême de féminité, qu’elle désarme Shan Yu, le chef de Huns. Après sa victoire au palais, Mulan est finalement acceptée telle qu’elle est, sans le moindre déguisement.

L’honneur

La notion d’honneur occupe une place centrale dans cette histoire. Dès le début, le but de Mulan est d’apporter honneur à son père et à sa famille. Comme mentionné plus haut, pour apporter de l’estime à sa famille, Mulan doit passer le test de la marieuse, et épouser un homme ayant un bon parti, selon les conventions de la société. Ayant échoué à l’examen, Mulan se sent mise à l’écart, et pense avoir raté sa vie. À partir de ce moment, elle ne sait pas vraiment qui elle est, elle « se cherche ». La chanson Réflexions exprime le doute qui ronge la jeune fille, à travers les paroles : « Quel est donc ce mirage, cette image sans visage ? Pourquoi miroir réfléchis-tu sans me voir ? Je cherche dans ma mémoire, Qui je suis pour savoir, […] dans mon miroir d’illusions, Quelle fille je vais voir ».

Cette incertitude est symbolisée par la fleur désignée par son père au tout début du film. En effet, la fleur n’a pas encore fleuri, elle n’est pas encore prête. « Pourtant, quand elle s’épanouira,[…] elle sera la plus belle de toutes », dit le père de Mulan. Cela montre que la demoiselle n’est pas encore prête à honorer sa famille, qu’elle devra trouver un autre moyen que par le mariage. Cette scène montre également l’attachement de Mulan pour son père, qui influencera sa décision, quelques minutes plus tard…


Lors de la dispute entre Mulan et son père, celui-ci lui dit « C’est un grand honneur de protéger mon pays ainsi que ma famille. […] Je mourrai en faisant ce qui est juste, car c’est ma place, et il est temps que tu trouves la tienne ! » Suite à ces paroles, la demoiselle se rend compte que son père est inapte à combattre, et décide donc de prendre sa place en partant à la guerre. Le fait de revêtir son armure et de brandir son épée montre bien que Mulan se substitue à son père. De plus, les mouvements qu’elle effectue avec la lame sont exactement identiques à ceux qu’elle a vu son père exécuter.

L’honneur que Mulan veut apporter à sa famille est alors mêlé à son désir de trouver sa place. Elle part donc à la guerre, non seulement pour sauver son père, mais également pour trouver qui elle est vraiment. Elle se l’avoue quand, découverte, elle se retrouve seule dans la neige avec ses amis d’infortune : « Peut-être que je n’ai pas fait cela pour mon père au fond, peut-être que ce que je voulais c’était la preuve que je vaux quelque chose. »

Lors de la bataille contre les Huns, Shang justifie leur sacrifice par l’honneur de leur patrie, tout comme le père justifiait son propre sacrifice : « Si nous mourrons, ce sera dans l’honneur », dit Shang.

À la fin, Mulan a enfin trouvé sa place, comme dit précédemment, lorsqu’elle apparaît sous son vrai visage, vêtue en femme, mais combattant pour ses convictions. L’empereur, qu’elle a sauvé, l’honore au plus haut point en lui disant  « tu nous as tous sauvés », et en s’agenouillant devant elle, suivi par tous les spectateurs de la scène. Mais l’honneur est encore plus grand lorsqu’il lui offre le poste de conseillère, et lui donne un médaillon attestant ses exploits.

L’image de la fleur revient, quand l’empereur ajoute, en regardant Shang : « La fleur qui s’épanouit dans l’adversité est la plus rare et la plus belle de toutes. On ne rencontre pas une fille comme ça à chaque dynastie ». En plus d’inciter Shang à rejoindre la jeune guerrière, il met en avant le fait que Mulan a trouvé sa place, et qu’elle a su apporter l’honneur à sa famille, quoique par un moyen détourné. En arrivant chez elle, Mulan trouve son père dans le jardin, sous l’arbre à fleurs, et le gros plan sur une fleur à présent parfaitement épanouie montre la maturité et le statut nouveau dont jouit à présent la jeune fille.

Contrairement aux héroïnes précédentes, Mulan ne rêve pas de trouver l’amour, mais d’honorer sa famille. De plus, elle n’agit pas pour son propre compte, pour ses propres intérêts, comme le souligne Christian Renaut : « Des belles princesses en quête de prince charmant aux rebelles plus récentes en mal de liberté, c’était quand même pour leur compte qu’elles étaient prêtes à braver dangers et interdits […] Mulan ne cherche pas l’amour, et même quand elle l’a peut-être rencontré en la personne de Shang, il faut que sa grand-mère insiste pour lui faire voir les choses ! » Et si c’est bel et bien Shang qui prend l’initiative de revenir auprès de Mulan, c’est elle qui lui propose de rester à dîner, propos repris par la grand-mère qui l’invite à rester pour toujours.

L’incertitude où se trouve Mulan est également représentée par le motif du reflet et du miroir. Mulan ne sait pas vraiment qui elle est, elle « se cherche », et lors de ces moments de doute, elle se contemple dans un miroir. Ainsi, au tout début, avant d’aller chez la marieuse, elle regarde en grimaçant son visage tout maquillé dans un miroir. Sa moue réticente montre que ce rôle ne lui convient pas.

Plus tard, après avoir échoué au test de la marieuse, Mulan se contemple dans l’abreuvoir de son cheval, puis dans les pierres polies de la chapelle. Les paroles de la chanson accompagnant ce moment appuient plus encore le motif du miroir : « Quel est donc ce mirage, cette image sans visage, Pourquoi miroir réfléchis-tu sans me voir ? » Mulan se sent transparente, elle ne se voit pas, ne se reconnaît pas dans son reflet.

Lorsqu’elle décide de partir à la place de son père, elle voit son image se réfléchir dans la lame de l’épée, et son regard déterminé nous fait comprendre qu’elle a enfin trouvé sa place, qu’elle sait ce qu’elle doit faire. Finalement, alors qu’elle est seule abandonnée dans la montagne, elle regarde son reflet dans son casque, et est à nouveau emprise d’un doute concernant son identité.

Ce n’est qu’à la toute fin, quand son père lui dit que le plus grand de tous les honneurs est de l’avoir pour fille, que Mulan a enfin trouvé sa place. Cela est symbolisé par le reflet dans l’étang de Mulan et son père enlacés.

L’intelligence

Tout au long de l’histoire, Mulan compense sa faiblesse physique par des ruses, et se montre très inventive et maligne. Dès sa première apparition, alors qu’elle est en retard pour aller chez la marieuse, elle trouve un moyen rapide et guère fatiguant de distribuer les grains aux poules, en attachant le sac au petit chien. Cela n’est qu’un détail anecdotique, mais cette manière de fonctionner de Mulan, de contourner les difficultés en rusant se retrouve dans tout le film. Ainsi, dans le camp d’entraînement, elle parvient à grimper en haut du tronc en attachant ensemble les deux disques, au lieu de se les passer autour des poignets. C’est comme cela qu’elle parvient à se faire respecter par les autres soldats sur la chanson Comme un homme, sublime d’ailleurs



Lors de la grande bataille, alors que tout semble perdu, Mulan met en déroute des milliers de Huns toute seule, en lançant sa fusée dans la montagne, déclenchant une immense avalanche. N’étant pas de taille face aux milliers de Huns déferlant de la montagne, Mulan réfléchit pour trouver une solution. Finalement, lors du duel final contre Shan Yu sur le toit du palais, elle n’est physiquement pas de taille à le battre en combat singulier, et le vainc donc par la ruse, en l’immobilisant et en envoyant un pétard sur lui.

Ce trait de caractère de Mulan fait indéniablement partie du personnage, mais notons que ce n’est pas une qualité attendue chez une femme, selon les critères des soldats, si l’on s’en réfère à la chanson Une belle Fille à aimer. « Que diriez-vous d’une fille qui pense ? D’une grande clairvoyance ? » Propose la jeune fille, ce à quoi les autres soldats répondent « Nooooooooon ! ». C’est finalement cette fille qui pense qui les sauvera tous, et qui leur proposera une vision nouvelle de la femme.

Conclusion

Mulan a été un immense succès dès sa sortie sur les grands écrans. Si le public l’a tant aimé, c’est qu’il a su s’identifier à cette jeune fille à la recherche d’elle-même. Contrairement aux héroïnes précédentes, elle n’est pas parfaite. Chris Sanders la définit ainsi : « Les gens s’identifient tout de suite à elle parce qu’elle fait des erreurs et ne fait rien parfaitement. Elle est toute ordinaire et essaye d’affronter la complexité de la vie. » Christian Renaut ajoute : « C’est cette combinaison de vulnérabilité et de naturel qui la rendent plus « humaine ». On aime Mulan parce qu’elle semble nous donner le droit à l’erreur. Soudain l’héroïsme est ailleurs que dans l’exploit. » Mulan se détache également des héroïnes précédentes par son physique, qui n’est guère avantageux. Sa poitrine presque inexistante n’est jamais mise en valeur, tout comme les courbes de son corps. De plus, même lorsqu’elle est découverte, et n’a donc plus rien à cacher de sa féminité, elle ne cherche pas à aguicher qui que ce soit, elle n’a pas conscience de ses charmes.

Après plusieurs générations de princesses auxquelles le public avait de la peine à s’identifier, à cause de la perfection des héroïnes, Mulan paraît plus proche et plus accessible par son naturel et sa spontanéité. Je finirai par cette citation de Christian Renaut : « Après toutes ces erreurs passées sur les clichés, les stéréotypes, les discours un peu trop évidents ou la recherche d’une perfection refroidissante, après tant d’années d’évolution lente, Mulan retient les leçons. […] Elle a cet esprit rebelle têtu d’Ariel, cette intelligence de Belle, cette fierté de Pocahontas, cette espièglerie de plusieurs héroïnes passées. »

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2 réponses à “Mulan, mon préféré

  1. ha oui, j’avais vu les deux séparément mais ensemble c’est vraie que c’est aussi quelque chose. 🙂

  2. Très interessant. Mais je vois qu’un détail n’a pas été relevé :
    Le fait que: l’épée est un symbole « archétype » de la virilité, de la masculinité.
    La chevelure est un symbole « archétype » aussi de la féminité globale.
    Alors, se couper les cheveux avec une épée (qui plus est du père) , y a quand même un énorme gros symbole la dedans 😉

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